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2014 : retour sur une année mouvementée

La Thaïlande termine donc l’année avec pas mal de questions en suspens pour son avenir : la première est sans doute le calendrier d’un retour à la démocratie et la date des prochaines élections.

C’est peu dire que l’année 2014 n’aura pas été un long fleuve tranquille pour la Thaïlande, qui a connu successivement de violentes manifestations pendant plusieurs mois, des élections boycottées, la proclamation de la loi martiale, et enfin un coup d’État au mois de mai, le deuxième en moins de 10 ans.

La Thaïlande termine donc l’année avec pas mal de questions en suspens pour son avenir : la première est sans doute le calendrier d’un retour à la démocratie et la date des prochaines élections.

Même si les manifestations et les attentats ont complètement cessé depuis la nomination d’un nouveau gouvernement soutenu par l’armée au mois de mai, l’économie et le tourisme continuent de pâtir des conséquences de la loi martiale, toujours en vigueur.

A ces nombreuses incertitudes s’ajoute le récent divorce du prince héritier  dans des conditions assez troublantes, puisqu’il semble être la conséquence d’un vaste réseau de corruption entretenu par les proches de l’ex-épouse du prince.

Ainsi la Thaïlande entame 2015 après avoir refermé une année riche en événements, sans pour autant avoir véritablement pris le chemin des réformes nécessaires pour remédier à l’instabilité chronique des dix dernières années.

La paix civile imposée par l’armée aux factions qui occupaient la rue en 2014 pourrait redevenir précaire en 2015, tandis que la censure empêche un véritable débat sur l’avenir du pays et la légitime aspiration de la population à retrouver un régime démocratique.

2014, l’année de tous les dangers ?

Janvier: Des dizaines de milliers de manifestants envahissent les principaux carrefours de Bangkok pour renverser le gouvernement du Premier ministre Yingluck Shinawatra. La manifestation, dirigée par l’ancien député Suthep Thaugsuban, vise à “fermer” Bangkok jusqu’à ce que Yingluck démissionne du pouvoir. Mais Bangkok est loin d’être entièrement paralysée et le mouvement s’enlise dans la durée.

Février: Malgré les rassemblements anti-gouvernementaux et la campagne de boycott de l’opposition, la Thaïlande tente de tenir des élections législatives de manière pacifique. Mais de nombreux Thaïlandais sont empêchés de voter en raison des manifestations et du blocage de certains bureaux de vote. Le nombre d’électeurs privés de leurs droits est estimé à 12 millions.

Mars: la Cour constitutionnelle de la Thaïlande annule les élections de février en les déclarant inconstitutionnelles, parce que le vote n’a pas eu lieu le même jour à travers le pays. Par la suite, la Commission électorale annonce qu’un prochain scrutin serait prévu pour le  mois de juillet.

Avril: les manifestations de rue continuent pour demander le retrait du gouvernement de transition dirigé par Yingluck Shinawatra, qui refuse de démissionner.

La Première ministre sera destituée par la justice thaïlandaise après avoir été reconnue coupable d’abus de pouvoir en 2011 quand elle a remplacé le chef de la sécurité nationale par un membre de sa famille.

Mai: Deux jours après avoir proclamé la loi martiale, et tenté une médiation entre les forces politiques rivales, l’Armée royale thaïlandaise prend le pouvoir en Thaïlande le 22 mai, et suspend la Constitution de 2007.

Les principales stations de de télévision et de radio sont fermées, et l’armée impose un couvre-feu nocturne. C’est le 12ème coup d’État réussi de la Thaïlande depuis 1932,  et le 20 ème si on décompte les tentatives de coup d’Etat manqués.

Juin: Une des premières directives du régime putschiste est d’interdire les rassemblements publics de cinq personnes ou plus. Cela n’empêche pas les manifestants anti-coup de converger en divers endroits de Bangkok, mais la mobilisation échoue à réunir un nombre conséquent de personnes.

Les médias sont soumis à une stricte censure, et l’application de la loi de lèse-majesté menace de 15 ans de prison les commentateurs qui se risque à une analyse un peu trop poussée de la situation.

Août: Le Conseil national pour la paix et l’ordre (NCPO), le nom du gouvernement militaire qui dirige le pays depuis le 22 mai, édicte une Constitution provisoire dans le cadre d’une feuille de route destinées à promouvoir de nouvelles les réformes démocratiques dans le pays.

Mais les critiques soulignent que la nouvelle charte est conçue pour garantir une place prépondérante aux militaires. Grâce à cette constitution, le général Prayuth Chan-ocha est désigné par l’Assemblée législative nationale le 29 en tant que premier ministre de la Thaïlande.

Septembre: Le meurtre de deux touristes britanniques Hannah et David Miller Witheridge à Koh Tao embarrasse le gouvernement. Les policiers sont accusés d’avoir bâclé l’enquête et maltraité les premiers suspects. Le tourisme enregistre une baisse de 18% depuis le début de l’année.

Octobre: ​​Sur initiative du gouvernement militaire, les écoliers devront mémoriser “12 valeurs fondamentales» dictée par le général Prayuth qui se concentrent sur la discipline et le respect de l’autorité. Les prévisions de croissance économique sont ramenées à 1% pour 2014.

Novembre: Le gouvernement renforce la censure et demande aux médias de ne pas relater les activités de Thaksin et Yingluck Shinawatra. Le film Hunger Games est interdit dans certains théâtres car les manifestants utilisent le salut à trois doigts pour protester contre le coup d’Etat.

Le gouvernement militaire fait de la lutte contre la corruption son principal objectif

Décembre: Le prince héritier Maha Vajiralongkron répudie sa troisième épouse, la princesse Srirasmi, déclenchant de nombreuse spéculations sur la succession royale et son éventuel impact sur ​​la vie politique du royaume.

Par Redaction Bangkok

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.