Le « Sak Yant » ou tatouage sacré, est un art issu d’une tradition millénaire très apprécié par les Thaïlandais et les touristes.

Le « Sak Yant » s’il est effectué selon un rituel bien précis, est présumé apporter force et protection. De nos jours, ce tatouage est aussi devenu très populaire parmi les voyageurs étrangers.

Sak Yant, le tatouage sacré

Afin qu’un « Sak Yant » soit considéré comme authentique et efficace, il doit être réalisé par un moine bouddhiste ou un prêtre brahmane et accompagné de chants et prières.

Sak Yant (สักยันต์) est dérivé de deux mot thaïs : Sak qui veut dire tatouer et Yant (dérivé du sanskrit Yantra) prière.

Le placement du « Sak Yant » est très important : plus il sera situé près de la tête plus son pouvoir de protection sera puissant.

Force, invincibilité et même invisibilité…

Les origines du « Sak Yant » sont à rechercher dans les temples bouddhistes où les moines se faisaient tatouer des textes religieux en guise de protection.

gaoyord - thailande-fr
Le Tatouage Gao Yord Sak Yant, neufs sommets

Des pouvoirs magiques

Cette pratique a ensuite attiré des soldats qui venaient se faire tatouer afin de bénéficier des pouvoirs magiques des tatouages sacrés : force, invincibilité et même invisibilité…

Une légende raconte que si la Thaïlande n’a jamais été occupée, c’est grâce à ses ‘soldats fantômes’ invisibles et impossible à tuer grâce à leur tatouage de protection.

Loin des démographes utilisés dans les salons modernes, le tatouage est réalisé avec une longue aiguille pressée rapidement sur la peau. L’encre est elle-aussi très importante et doit être bénite.

Le Hah Taew

Le Hah Taew qui consiste à se faire tatouer une série de tantras bouddhistes répartis en cinq lignes (Hah signifie 5 en thaï) verticales qui selon les croyances assurent santé et prospérité. Chaque ligne possède une signification.

  1. La première ligne protège la personne tatouée des punitions injustes et des mauvais esprits qui pourraient vivre dans son foyer.
  2. La seconde ligne assure une protection contre la mauvaise fortune et le mauvais karma.
  3. La troisième ligne protège de la magie noire qu’une personne malveillante a pu utiliser pour blesser le porteur du tatouage. 
  4. La quatrième ligne apporte succès, chance et fortune.
  5. Puis, la cinquième ligne offre un charme d’attraction qui rend séduisante la personne tatouée.
Tatouage Sak Yant
Tatouage Sak Yant Hah Taew, ou cinq lignes

Première ligne : que tes ennemis fuient loin de toi. Deuxième ligne : que les biens que tu acquières soient tiens à jamais. Troisième ligne : ta beauté sera celle d’Apsara. Quatrième et cinquième lignes : où que tu ailles, nombreux seront ceux qui t’assisteront, te serviront et te protégeront.

Une interdiction des tatouages bouddhistes ?

L’actrice Angelina Jolie qui porte elle-même plusieurs « Sak Yant », a fortement participé à la démocratisation de cette tradition qui séduit de plus en plus de touristes.

L'actrice Angelina Jolie, fervente adepte du Sak Yant
L’actrice Angelina Jolie, fervente adepte du Sak Yant

Cependant, cette mode peut être jugée blasphématoire si elle comprend une image de Bouddha.

Attention ! En Thaïlande l’image de Bouddha est sacrée

La Thaïlande est en majorité bouddhiste et les statues et images de Bouddha sont considérées comme des objets de culte sacré. Le ministère a donc demandé à toutes les boutiques de tatouage du pays de cesser cette pratique. 

Pour une grande partie de la population, l’image de Bouddha est sacrée et est souvent utilisée de façon inappropriée.

Mais pas d’inquiétude, depuis plusieurs années, les tatouages modernes deviennent de plus en plus populaires en Thaïlande. Rien qu’à Bangkok, il existe une dizaine de salons de tatouage. Il faut cependant s’assurer que les précautions sanitaires sont respectées.

Une hygiène à surveiller

À ce jour, il n’y a pas eu de cas signalés de personnes ayant contracté le VIH à la suite de tatouages ou de perçages en Thaïlande. Le risque d’infection existe, mais il est rare.

Cependant, l’annonce de la mort d’une jeune fille suite aux complications du VIH, cinq mois après s’être fait tatouée à Bangkok, a soulevé des questions sanitaires et de sécurité. Même s’il a été rapidement prouvé que son tatouage n’avait rien à voir avec sa mort.

En revanche, la possibilité théorique de contracter le VIH ou autre infection à partir des tatouages existe.

Le tatouage laisse la peau avec des plaies ouvertes et le virus peut également être transmis par une aiguille réutilisée ou mal stérilisée.

Se faire tatouer en Thaïlande n’est donc pas déconseillé à condition d’être prudent. Assurez-vous que l’endroit a une bonne hygiène, que l’aiguille est neuve et que tout l’équipement est stérile.

Un risque d’infection existe toujours

Lorsque vous vous faites tatouer vous courez toujours un risque d’infection, même s’il est minime dans un lieu sécurisé et bien entretenu. Si vous souffrez d’un trouble de l’immunité ou si vous prenez des médicaments susceptibles d’affaiblir le système immunitaire, le risque est nettement accru.

Enfin si vous l’intention d’ajouter à votre Sak Yant quelques mots de thaï, ne faites pas comme ces touristes qui se font tatouer n’importe quoi du moment que c’est joli.

Qui ne peut pas se faire tatouer ?

En France la pratique d’un tatouage est interdite sur un mineur sans le consentement écrit d’une personne chargée de l’autorité parentale (parent ou tuteur).

En Belgique les tatouages sont interdits sur les enfants de moins de 12 ans. Entre 12 et 16 ans, un seul tatouage est autorisé si le représentant légal est présent. Il est interdit aux jeunes de moins de 16 ans de se faire tatouer sur la tête, le cou, les poignets et les mains.

Il est préférable de ne pas faire de tatouage à certains endroits du corps, alors que pour certaines personnes, les tatouages sont déconseillés en raison des risques potentiels. 

  • Si vous présentez des troubles de la coagulation (hémophilie) ou que vous prenez des médicaments anticoagulants.
  • Si vous êtes allergique à l’une des substances utilisées lors du tatouage : encres, pigments, métaux, latex.
  • En cas d’insuffisance rénale ;
  • Si vous êtes diabétique ;
  • Si vous souffrez d’une maladie du cœur ;

Journaliste stagiaire, étudiante à l'ISCOM

Zoé Cazaubiel

Journaliste stagiaire, étudiante à l'ISCOM