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Tourisme Thaïlande : chute de 18% des arrivées

L’année dernière la Thaïlande avait accueilli un nombre record de touristes avec 26,5 millions de visiteurs répertoriés Mais depuis le début de l’année, les entrées sont en baisse de 18%.

Le secteur du tourisme en Thaïlande n’en finit plus de digérer les mauvaises nouvelles, et l’année 2014 pourrait bien se terminer de manière assez décevante pour cette industrie qui représente selon les estimations de 7 à 12% du PIB.

Manifestations de rue incessantes, coup d’Etat,  loi martiale, arrestations d’opposants et censure des médias : n’en jetez plus, la Thaïlande a encaissé en 2014 un véritable tsunami de mauvaises nouvelles.

Et ce n’est pas terminé : récemment le meurtre sauvage de deux touristes britanniques sur l’île de Koh Tao a relancé la polémique sur les méthodes plutôt “musclées” de la police thaïlandaise.

Le record de 2013 : 26,5 millions d’entrées touristiques

L’année dernière la Thaïlande avait accueilli un nombre record de touristes avec 26,5 millions de visiteurs répertoriés.

Mais depuis le début de l’année, les entrées sont en baisse de 18%. Si la situation ne se redresse pas assez nettement d’ici la fin de l’année, le royaume pourrait terminer 2014 aux alentours de 22 millions d’entrées, soit le niveau de 2012.

Plus de 50 pays ont mis en garde leurs citoyens sur la Thaïlande depuis les bouleversements politiques du printemps dernier et l’intervention militaire et l’imposition de la loi martiale, qui est d’ailleurs toujours en vigueur aujourd’hui.

En apparence la loi martiale ne change pas grand chose pour les touristes : mais si les entreprises du secteur touristique et le conseil du tourisme du pays font pression sur le gouvernement pour lever la loi martiale, c’est aussi à cause des assurances.

Sans être un élément déterminant pour le confort des touristes, la loi martiale empêche certains visiteurs de souscrire une assurance voyage auprès des compagnies occidentales. Elle dissuade aussi un grand nombre de touristes asiatiques, très sensibles aux alertes émises par leur pays. Ainsi depuis le début de l’année les visites de touristes chinois sont en diminution de plus de 30% en Thaïlande.

La loi martiale, un avantage pour les touristes ?

Quant à la nouvelle campagne lancée par la TAT  ou « Tourism Autority of Thailand» pour expliquer que la loi martiale est en en réalité un avantage pour le tourisme – car elle permet d’être en sécurité 24 heures sur 24 – elle est loin de faire l’unanimité.

Pour le moment la nouvelle idée  de “comm” de la TAT a été accueilli soit dans l’indifférence générale, soit par des commentaires plutôt ironiques sur les réseaux sociaux.

Pas si facile de faire oublier le dernier rapport d’Amnesty International sur le bilan du coup d’Etat, et la vague d’arrestations arbitraires et de censure des médias.

La loi martiale a été imposée le 20 mai dernier, et les militaires ont pris le pouvoir deux jours plus tard. Depuis, les organisations des droits de l’homme n’ont cessé de dénoncer  les pouvoirs exceptionnels octroyés aux forces de l’ordre : interdiction des rassemblements, possibilité d’arrêter des individus et de perquisitionner sans contrôle judiciaire, jugement devant des tribunaux spéciaux sans possibilité de faire appel.

Des aveux obtenus par la torture ?

En plus des conditions politique défavorable, la Thaïlande doit aussi affronter les conséquences du double meurtre de Koh Tao. Depuis le mois de septembre, un incident d’une rare violence est venu ternir l’image de paradis touristique du pays.

Deux touristes britanniques David Miller et Hannah Witheridge ont été retrouvées assassinés sur une plage de Koh Tao, une île du le golfe de Thaïlande très populaire auprès des touristes, et une destination très prisée des amateurs de plongée.

Les corps de David Miller, 24 ans, et Hannah Witheridge, 23 ans, avaient été découverts le 15 septembre à l’aube sur une plage de Koh Tao,  battus à mort avec un gourdin et un ustensile de jardin.

Après des semaines d’enquête, la police thaïlandaise (qui a négligé de boucler l’île après avoir découvert le meurtre) a arrêté deux jeunes travailleurs migrants originaire de Birmanie. Mais les deux jeunes hommes âgés de 21 ans ont maintenant rétracté leurs aveux, en déclarant qu’ils ont été torturés pendant les interrogatoires.

Les maladresses de la police

Au delà de la répercussion négative du crime lui même, c’est la gestion de l’enquête par les autorités thaïlandaises qui a été catastrophique à plus d’un titre. Pour commencer le général Prayuth s’était fendu d’un commentaire complètement déplacé sur les femmes touristes qui se promènent en bikini sur les plages de Thaïlande.

Le général Prayut Chan-O-Cha, au pouvoir depuis le coup d’Etat du 22 mai 2014, avait dans un premier temps mis en cause le comportement des victimes.

«Il y a toujours des problèmes avec la sécurité des touristes. Ils pensent que notre pays est magnifique et sûr et que donc ils peuvent faire ce qu’ils veulent et se promener partout en bikini»

avait-il déclaré, avant de s’excuser face à une avalanche de réactions négatives.

Les retombées de ces meurtres semblent avoir entamé la réputation du pays parmi certains voyageurs.

Une enquête menée par l’entreprise mondiale de conseil Envirosell a constaté qu’un tiers des voyageurs européens estiment que les meurtres ont affecté l’image de la Thaïlande comme destination touristique. Plus de 90 % des touristes britanniques ont déclaré qu’ils étaient au courant de ces meurtres.

Au cours des dernières décennies, l’industrie du tourisme a généralement rapidement rebondi à l’issue des nombreuses crises politiques de la Thaïlande. Mais cette fois la baisse semble inévitable, même si elle affecte de manière très inégale les différentes nationalités.

Les baisses sont très variables en fonction des régions de provenance des touristes : massives pour les touristes en provenance de l’Asean (-26%) ou de la Chine (-31%) mais beaucoup moins sensibles pour l’Europe (-3,6%) ou le Moyen Orient (-9,7%).

Par Redaction Bangkok

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.