Le 20 janvier 2017, lors de son investiture, Donald J.Trump a adopté une approche risquant de bouleverser l’ordre mondial libéral en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Sur la base des promesses de campagne et des déclarations post-électorales, Trump a promis de prendre une position extérieure très agressive.

Un engagement qu’il n’a pas tardé à traduire dans les faits en prenant une première mesure très controversée interdisant l’entrée aux Etats-Unis pendant trois mois de personnes issues de plusieurs pays musulmans.

Lors de sa campagne électorale, il a aussi pris position en faveur du protectionnisme et de la renégociation des traités de libre échange comme le TPP.

Une rupture avec l’ordre économique libéral

Une stratégie en rupture avec celle de son prédécesseur, et avec l’ordre économique libéral soutenu par les États-Unis qui fut un des fondements de la prospérité économique mondiale.

En ce qui concerne la Thaïlande, l’abandon par les États-Unis du partenariat transpacifique (TPP) n’aura pas de conséquences directes puisque le royaume n’avait pas signé le traité.

En revanche des sanctions commerciales contre la Chine pourraient avoir des conséquences importantes, car la Chine est le principal partenaire commercial de la Thaïlande.

La suppression du TPP : une opportunité pour la Chine ?

La suppression partenariat transpacifique (TPP) pourrait d’être qu’un début d’entrave au commerce international, la prise de mesures tarifaires et non tarifaires à l’échelle mondiale étant à prévoir.

L’accord de partenariat Trans – Pacifique entrepris par Obama en 2008, censé favoriser les échanges commerciaux avec les pays asiatiques avait pour but de contrebalancer l’influence de Pékin.

La mort annoncée du TPP pourrait permettre à la Chine de relancer son propre traité de libre échange dans la région, le RCEP

Cecilia Malmström, commissaire européenne au commerce   à récemment déclaré

«Trump fait ce qu’il avait promis de faire. Les conséquences peuvent être très graves : on risque d’aboutir à une spirale de mesures protectionnistes dans le monde entier, dont les consommateurs seront les premières victimes ».

dans un interview au journal Le Monde, qualifiant également « d’erreur majeure » le retrait américain du TPP.

Un président imprévisible

L’équipe de politique commerciale de Trump a promis d’utiliser tous les moyens légaux de l’autorité présidentielle pour remédier aux activités prétendument illégales qui ont précipité les déficits commerciaux des États-Unis avec l’Asie.

Pour l’ancien ambassadeur Kobsak Chutikul, conseiller spécial auprès de l’OMC et secrétaire  et membre du parlement en Thaïlande

«  Le problème avec Trump, c’est que l’on ne sait pas à quoi s’attendre. Pour la bureaucratie, c’est une bonne chose qu’il n’y ait pas de TPP car ils n’auront pas à faire le job. Il faut réunir les parties pour se préparer au pire. Ces derniers jours, nous avons déjà eu quelques réponses concernant ce que Donald J.Trump est capable de faire.

Mais pressé d’identifier les violations spécifiques par la Chine des règles du commerce international, ils sont incapables de présenter un cas légalement durable.

Dans son programme, Donald J. Trump promet la constitution d’une «taxe à la frontière» qui serait appliquée à toutes les importations, quelle que soit leur origine.

La Chine serait également étiquetée comme manipulateur de devises et frappée par des droits compensateurs.

Retour du protectionnisme ?

Il y a 156 ans, le président Lincoln mesurait l’importance de l’entretien de liens cordiaux avec le continent asiatique

«Nous ne sommes pas des ennemis, mais des amis … nous ne sommes pas, nous ne devons pas être des étrangers ou des ennemis, mais des compatriotes et des frères».

Quatre des sept points qui constituent la pièce maîtresse du plan économique de Trump visent à protéger les Etats-Unis des « ravages » des produits à bas coût exportés par des entreprises asiatiques.

La suppression du TPP n’est qu’une étape de cette politique protectionniste. Sur le plan économique, les commentateurs ont tendance à imaginer un Trump partisan de l’ultra libéralisme.

On découvre néanmoins un protectionniste militant dans ses discours “Make america great again”.

Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue au FCCT, Suthad Setboonsarnd, ancien directeur général adjoint de l’ASEAN, représentant commercial principal pour la Thaïlande a déclaré

«  Le président américain a beaucoup d’autorité, le TPP est un traité multilatéral de libre échange. Ce que le gouvernement américain désire réellement, c’est une renégociation avec chacun des pays indépendamment. Nous sommes contents de pouvoir d’utiliser les États-Unis pour contrebalancer la Chine. ».

Il ajoute «  Pour Taiwan, ce n’est qu’un début pour observer la réaction du gouvernement chinois. L’association des nations de l’Asie du Sud-Est n’avance pas très vite mais sans TPP, les choses vont rapidement évoluer. »

La Chine et l’Inde en ligne de mire

Le pays asiatique qui connaît la croissance économique la plus rapide ne sera pas non plus épargné.

L’Inde devrait enregistrer une croissance de 7,6% en 2017 et surpasse depuis 2016 l’économie de son ancienne métropole coloniale, le Royaume-Uni.
Les services de technologie de l’information ont assumé un rôle considérable pour élever l’image de l’Inde en tant que société moderne et concurrentielle à l’échelle mondiale.

Mais pour Steve Bannon, stratège en chef de Trump « La représentation disproportionnée des Sud-Asiatiques dans la Silicon Valley représente un assaut culturel ».

Une restructuration du programme de visa de travail H1-B est notamment une des mesures qui seront prises.

 

  • Gerald Kleckner

    La Thaïlande a été le pays privilégié par les constructeurs japonais (Toyota, Isuzu, Honda, Nissan, Yamaha, Suzuki, …) pour la production d’automobiles et de cycles motorisés (motos, scooters, …) exportés ensuite dans la plupart des pays occidentaux dont les pays européens et l’Amérique du nord, USA en tête.
    La mise en place de nouvelles taxes d’importations par TRUMP pour privilégier l’achat de véhicules américains ou fabriqués sur le territoire des USA risque fort de causer à moyen terme une relocalisation de la production de certains modèles japonnais sur le sol américain. Une baisse de production sur le sol Thaïlandais est donc à craindre.