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La Chine nouveau banquier du pacifique

La devise américaine n’en représente plus, fin 2010, que 61,4 % contre 62 % un an plus tôt. L’euro et la livre sterling suivent également ce mouvement, la part de la monnaie européenne s’étant contractée, d’un trimestre à l’autre, de 22,6 à 22,4 %.

A fin 2010, les réserves de change de la Chine se montent à 2 869 milliards de dollars,  supérieures de 22 milliards de dollars au montant estimé. Selon les dernières statistiques trimestrielles établies par le FMI, la part du dollar dans les réserves de changes des banques centrales, continue de se réduire.

La Chine utilise aussi ses réserves pour servir sa diplomatie et accroître son influence auprès des petits pays du Pacifique

 

La devise américaine n’en représente plus, fin 2010, que 61,4 % contre 62 % un an plus tôt. L’euro et la livre sterling suivent également ce mouvement, la part de la monnaie européenne s’étant contractée, d’un trimestre à l’autre, de 22,6 à 22,4 %.

La Chine a investi une grande partie de ses réserves dans des avoirs en dollars, tels que les bons du Trésor américain considérés comme sûrs mais à la rentabilité faible. Elle tente depuis quelques années de diversifier ses placements mais restait fin octobre le premier détenteur de la dette américaine.

La Chine n'est sans doute pas contre l'idée de se doter dans le futur d'une devise souveraine. Tout dépend de la volonté des Etats-Unis de voir le dollar abandonner son rôle de devise de référence.

La Chine utilise aussi ses réserves pour servir sa diplomatie et accroître son influence auprès des petits pays du Pacifique en leur accordant des prêts à conditions préférentielles que beaucoup d’entre eux auront du mal à rembourser, affirme mardi  estime l’Institut Lowy pour la politique internationale.

Ces prêts représentent une proportion non négligeable du produit intérieur brut (PIB), d’Etats tels que le Tonga, les Samoa, les îles Cook, conférant à Pékin une véritable influence diplomatique.

Dans cette étude, appelée « La Chine dans le Pacifique : le nouveau banquier du quartier », l’Institut Lowy — un centre de réflexion australien sur la politique internationale — prévient que ces prêts, qui sont sans intérêt pour les cinq premières années, peuvent provoquer une crise de l’endettement lorsqu’ils arrivent à échéance.

« La Chine a promis plus de 600 millions de dollars (423 millions d’euros) aux pays du Pacifique depuis 2005, mais le fardeau de la dette va s’accentuer au fur et à mesure que les prêts chinois s’accumulent et que la période de grâce des cinq ans touche à sa fin »,

souligne ce rapport.

Actuellement l’utilisation du yuan comme monnaie d’échange butte sur un obstacle majeur : la Chine contrôle étroitement la circulation de sa monnaie en dehors de son territoire, ce qui fait que le yuan n’est pas librement convertible.

Mais depuis le mois de mai 2009, la Chine a ouvert la voie aux entreprises internationales pour émettre des titres en yuan dans certaines banques de Hong Kong. Hong Kong sert désormais de banc d’essai pour la Chine, pour tester l’utilisation de sa monnaie à l’étranger, délivrant de plus en plus d’obligations en yuans.

Avec l’accord signé l’an dernier entre la banque centrale chinoise et les autorités monétaires de Hong Kong pour autoriser les entreprises étrangères à détenir  des comptes en renminbi dans les banques commerciales hongkongaises , les dépôts en renminbi  ont augmenté  rapidement, jusqu’à atteindre 360 milliards fin 2010, plus de la moitié étant le fait de sociétés (contre à peine 1 % en 2009), l’autre moitié étant des particuliers résidant à Hong Kong.

 

Olivier Languepin

Par Olivier Languepin

Journaliste basé à Bangkok depuis 2006. Rédacteur en chef de thailande-fr.com.

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