Au total, 861 navires de pêche non enregistrés auprès des autorités thaïlandaises devraient être détruits d’ici la mi-décembre a déclaré aujourd’hui  le directeur général du département de la marine du ministère des Transports.

Le gouvernement thaïlandais intensifie en ce moment ses efforts pour améliorer le statut réglementaire des navires de pêche.

La Thaïlande qui est menacée par l’Union européenne de sanctions commerciales en raison de ses pratiques de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) tente de réorganiser sa flotte avant la prochaine série de pourparlers sur la pêche avec l’UE programmée en septembre.

M. Chirute Visalachitra, directeur général du département de la marine du ministère des Transports, a déclaré au Bangkok Post  que ces 861 navires non déclarés seraient détruits afin de dissiper toute confusion concernant l’identification des navires de pêche en Thaïlande.

Cette mesure permettra aussi de mettre à jour le registre des navires de pêche thaïlandais et de s’assurer que ces navires ne seront pas réutilisés illégalement.

Pour la première fois, la Thaïlande a identifié un nombre précis de navires constituant sa flotte de pêche après que le Département de la marine a collecté pendant quatre mois des données sur les navires en service.

Au 16 août, la Thaïlande comptait 10743 « navires blancs » – ou navires de pêche enregistrés, tandis que 6315 navires n’étaient toujours pas immatriculés.

« Le nombre définitif de navires de pêche n’a jamais été clair en raison du système d’enregistrement volontaire mis en place par le passé, qui rendait très difficile la réglementation des navires de pêche », a déclaré M. Chirute.

Le travail forcé dans le secteur de la pêche

Plusieurs associations de défense des droits de l’homme ont déjà dénoncé le problème du travail forcé dans le secteur de la pêche en Thaïlande depuis plusieurs années.

Le gouvernement militaire issu du coup d’État du 22 mai 2014 a pourtant affirmé avoir fait de gros progrès dans sa sa lutte contre le trafic d’êtres humains.

Mais cette industrie multimillionnaire est souvent minée par la corruption qui empêche les inspections des navires de pêche de déboucher sur des poursuites.

La Thaïlande avait reçu un carton jaune de l’Union européenne en 2015
La Thaïlande avait reçu un carton jaune de l’Union européenne en 2015

Carton jaune de l’Union européenne

La Thaïlande, troisième plus gros exportateur mondial de produits de la mer, avait reçu un carton jaune de l’Union européenne en 2015 lui signifiant qu’elle pourrait être soumise à l’interdiction d’exporter des produits de la mer vers l’Union européenne.

Sans entreprendre une profonde réforme de sa gestion des travailleurs migrants dans le secteur de la pêche elle risquait un carton rouge en raison de ses pratiques de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) .

Mais lors d’une récente visite, les envoyés de l’UE se sont félicités des progrès effectués dans l’enregistrement et la régularisation des travailleurs immigrés dans le secteur de la pêche.

Une directive de l’Union européenne permet d’appliquer des sanctions commerciales aux pays tiers qui pratiquent la pêche illégale.

Suite aux critiques de nombreuses organisations internationales sur la traite des êtres humains, le travail forcé et autres abus en Thaïlande le pays est actuellement en train de légaliser tous les travailleurs migrants en les encourageant, eux et leurs employeurs, à suivre un processus de régularisation qui implique une vérification de la nationalité.

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