Ce jeudi lors du Forum économique mondial de l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est à Hanoï, Aung San Suu Kyi est enfin sortie de son silence.

La dirigeante birmane a justifié l’emprisonnement des deux journalistes de Reuters condamné à sept années de prison pour « atteintes aux secrets d’Etat ».

« Ils n’ont pas été emprisonnés parce que c’étaient des journalistes, mais parce que le tribunal a décidé qu’ils avaient enfreint la loi », a déclaré Aung San Suu Kyi ce jeudi, lors du Forum économique mondial de l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est à Hanoï.

C’est la première fois que la Prix Nobel de la Paix s’exprime à propos du jugement condamnant les deux journalistes de Reuters à sept ans de prison.

Cinq jours après l’annonce de condamnation pour « atteintes aux secrets d’Etat » des deux journalistes de Reuters, Reporters Sans Frontières appelait la dirigeante à intervenir en faveurs de la libération des journalistes dans une lettre ouverte :

« C’est pourquoi nous vous appelons solennellement à intervenir immédiatement en faveur de la libération des deux reporters de Reuters. L’un de vos plus proches alliés, le président de la République Win Myint, peut leur accorder une grâce. 

Vous avez la capacité d’agir aujourd’hui en faveur des valeurs que vous avez si longtemps défendues avec courage. »

Longtemps connue pour militer pour la démocratie, Aung San Suu Kyi a ici été qualifiée de « porte-parole des militaires » après avoir défendu l’emprisonnement des journalistes de Reuters.

Elle n’a pas réagi concernant les accusations de l’ONU de « génocide » des Rohingyas contre l’armée birmane, concédant seulement que les militaires auraient pu « mieux gérer » la situation.

Ainsi, Aung San Suu Kyi est directement visée par le rapport des experts de l’ONU qui déplore le fait qu’elle n’ait pas utilisé son « autorité morale » pour faire cesser ces atrocités.

La Thaïlande se range du côté des généraux birmans

Le 10 septembre 2018, une réunion du FCCT (Foreign Correspondent’s Club of Thaïland) a été annulée à Bangkok  à la demande de la police thaïlandaise.

La réunion devait avoir lieu sur le thème, « Les généraux du Myanmar seront-ils un jour confrontés à la justice pour les crimes internationaux ? » mais le colonel de police Thawatkiat Jindakuansanong a déclaré aux organisateurs : « Nous ne demandons pas. Nous vous ordonnons d’annuler l’événement. »

La police intervient au FCCT de Bangkok pour empêcher la tenue d’un débat sur la responsabilité pénale des généraux birmans.

Une douzaine de policiers se sont ainsi présentés à la réunion afin d’ordonner aux intervenants de ne pas prendre la parole.

Le sujet du débat portait sur la poursuite des chefs militaires du Myanmar pour de nombreux crimes, génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre présumés dans les zones où vivent des minorités ethniques.

Il s’agit du 6ème programme annulé au FCCT depuis la prise du pouvoir par les militaires par un coup d’État en 2014.

Depuis plusieurs années, le FCCT accueille des événements sur le Myanmar qui contribuent à une meilleure compréhension du pays et de ses relations.

 

 

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