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La Thaïlande peine à redevenir le premier exportateur mondial de riz

Pénalisées par un baht toujours plus fort et une sécheresse exceptionnelle, les exportations de riz de la Thaïlande sont au plus bas

Pour la troisième année consécutive la Thaïlande, deuxième exportateur mondial de riz (après l’Inde), voit ses exportations chuter.

Seulement 7,5 millions de tonnes de riz ont été exportées en 2019 contre 10 millions l’année précédente, seule l’année 2013 avec seulement 6,6 millions de tonnes exportées avait connu un taux plus bas.

Une situation alarmante pour le secteur de l’agriculture qui emploie près de 11 millions de personnes. 

Les exportations de riz au plus bas depuis sept ans

En s’appréciant de 9% sur l’année 2019, le baht a été la monnaie la plus performante de l’année.

Même si l’épidémie du Nouveau Coronavirus a légèrement impacté son appréciation, il s’échange à un niveau proche du plus haut niveau depuis plus de six ans. Une performance symbolique pour l’économie générale du pays mais qui impacte grandement la Thaïlande  dont 65% du PIB est basé sur les exportations . 

Le ministère du commerce a indiqué début janvier, que les exportations sur l’année  2019 s’élevaient à 246 milliards de dollars et les importations à 237 milliards de dollars (chute de 4,7%), générant un excédent commercial de 9,6 milliards de dollars.

De nouveaux concurrents

Aussi, la Thaïlande doit désormais compter avec de nouveaux concurrents plus compétitifs que par le passé.

En première ligne se trouvent le Vietnam et le Cambodge, pays moins productifs en quantité mais proposant des prix plus bas ainsi que d’une variété de riz plus large qui séduit davantage les acheteurs mondiaux.

Une production pas assez diversifiée

Le Ministère de l’Agriculture et des Coopératives a rencontré les agences et exportateurs de riz, afin d’inverser la tendance et de permettre à la Thaïlande de retrouver sa place de premier exportateur perdue depuis trois  ans.

L’un des points abordés lors de cette rencontre a été celui de l’insuffisante diversité de la production de riz. 

Le pays produit en majeure partie des riz blancs et durs, des produits à ce jour moins demandés sur le marché mondial. 

L’une des propositions a été de diversifier la production afin de relancer la compétitivité sans pour autant modifier les prix d’exportations. Les projets de recherche de diversifications seront menés par le département du riz et financés par le gouvernement.

Un plan de réponse à la sécheresse et de zonage des rizières

En plus de la concurrence, le secteur agricole doit lutter contre les éléments. Après les inondations de fin d’année, c’est désormais la sécheresse que les producteurs doivent affronter.

La production de riz n’est pas la seule à en être impactée puisque les cultures de caoutchouc et de sucre ont également chuté sur l’année 2019 à cause des conditions climatiques défavorables. 

Le Ministère s’est donné deux semaines pour trouver une solution concrète au problème de la sécheresse et du zonage des rizières. Le plan sera appliqué pour la prochaine saison agricole qui devrait débuter aux alentours de mai 2020, bien que les autorités aient déclaré que la saison des pluies serait peut être plus tardive pour cette année  en raison du réchauffement climatique. 

Une campagne promotionnelle sur trois ans visant à réduire le nombre total de rizières dans le pays devrait également voir le jour sous la direction du département du développement de l’élevage. Elle permettra avant tout de limiter l’excédent d’offre de riz et donc d’optimiser les ventes vis à vis de la demande quotidienne