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Immigration chinoise en Thaïlande : la nouvelle vague

Depuis quelques années, on observe une nouvelle vague de nouveaux migrants chinois en Thaïlande. Ils souhaitent investir, innover, entreprendre ou étudier.

Les liens entre la Thaïlande et la Chine sont très anciens, puisqu’on estime que la première vague de migrants vers Ayutthaya en provenance du Yunnan date du 13e siècle.

D’autres épisodes migratoires ont suivi, dont le plus important dans les années 1920, qui a fortement contribué à l’expansion du premier quartier chinois de Bangkok, Yaowarat pour les Thaïlandais, ou Chinatown pour les touristes.

La plupart sont arrivés quasiment sans rien à Bangkok, fuyant la misère et les guerres civiles en Chine.

Mais depuis quelques années, on observe une nouvelle vague de migrants chinois en Thaïlande. Ils viennent pour investir, innover, entreprendre ou étudier.

Alors que la communauté chinoise représente déjà 14% de la population, on assiste à une quatrième vague migratoire et principalement pour les affaires.

De nombreuses opportunités les attendent. En effet, les familles chinoises détiennent à elles seules 80% des capitaux sur le marché.

De plus la Thaïlande et la Chine possèdent des liens socio-économiques qui ne cessent de se renforcer depuis l’arrivée au pouvoir de la junte militaire en mai 2014.

A Bangkok, de nouveaux Chinatowns apparaissent, comme à Huai Khwang, où l’ambassade de Chine est localisée. Les restaurants, les magasins, les salons de beauté aux enseignes écrites en mandarin prolifèrent dans ce quartier.

Le quartier chinois de Huay Kwang
Le quartier chinois de Huay Kwang

Une expatriation à vocation professionnelle

Selon un sondage du Centre pour les migrations de l’Institut de recherche asiatique de l’Université de Chulalongkorn, réalisé en 2016, 74.8% immigrerait pour des raisons professionnelles. Non pas par nécessité économique, mais pour les meilleures conditions de travail que leur offre la Thaïlande.

Selon l’Institut, ils choisissent la Thaïlande pour le coût de la vie très abordable, la sympathie des gens et le peu de compétition sur le marché.

Aaron Li, qui a étudié à Bangkok et dirige une entreprise d’import-export sino-thaïlandaise, affirme :

« je ne voudrais pas retourner en Chine. Je n’aime pas la façon de faire des affaires. Mais je ne voudrais pas passer le reste de ma vie en Thaïlande. Si je trouve une opportunité autre part, je bougerai. ».

Selon le département de l’emploi, 18 812 Chinois ont obtenu un permis de travail en 2015, soit le double par rapport à 2011, où ils étaient 9 618.

De nombreux chinois ressentent l’impossibilité de récolter les bénéfices de la croissance économique de leur pays.

De plus, contrairement aux déclarations officielles,  le taux de chômage ne stagnerait pas aux alentours de 4%, mais aurait triplé depuis 2012, atteignant 12,9%.

Les expatriés chinois préfèrent donc investir dans le pays du sourire, notamment dans de nombreuses start-up. La Thaïlande est devenue un emplacement stratégique pour faire des affaires dans le Sud-Est asiatique.

Étudier en Thaïlande

Selon ce même sondage, 21% viennent en Thaïlande pour les études. C’est le cas de Dhu Xiu, 22 ans, « je n’étais pas la meilleure étudiante en Chine, la scolarité là-bas n’est seulement que pour les meilleurs. Ici, c’est plus facile et moins cher. »

Les universités privées thaïlandaises commencent même à  signer des accords avec les institutions chinoises pour attirer les étudiants. L’université de Rajabhat facilite d’ailleurs leur admission.

Différente des anciennes générations, cette nouvelle vague a des origines plus diverses et est davantage féminisée. Elle est aussi plus diplômée, 68,9% d’entre eux possèdent au moins une licence.

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