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General Motors : la faillite épargne la Thaïlande

Paradoxe de la mondialisation : la situation catastrophique de General Motors aux Etats Unis ne semble pas affecter l’activité du géant américain en Thaïlande. General Motors (Thailand) serait même actuellement en train de négocier avec des banques locales, un prêt pour investir dans une nouvelle usine de moteurs diesel d’une valeur de 445 millions de dollars.

General Motors aux États-Unis est maintenant sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine de protection des entreprises : une quasi faillite qui ouvre la voie à sa restructuration à grande échelle. Mais sa filiale General Motors (Thailand) Ltd a déclaré que son activité dans le royaume demeurait solide, et qu’elle ne prévoyait pas de licencier davantage de salariés.

General Motors ne remet pas en cause la construction d'une nouvelle usine en Thaïlande

Après avoir enregistré 88 milliards de dollars de pertes en cinq ans, le numéro deux mondial de l’automobile s’est rangé sous la protection du Chapitre 11, pour une période de restructuration de 60 à 90 jours. A l’issue de cette procédure, le Trésor américain deviendra le principal actionnaire à 60 % du « nouveau GM ». Selon les spécialistes du secteur, le fait que General Motors ait déposé une demande de mise sous protection de la loi sur les faillites aux Etats Unis ne signifie pas la fermeture de l’entreprise. Il s’agit d’un processus de restructuration et cette mise sous protection temporaire ne touchera pas les filiales à l’étranger du constructeur.

GM a investi environ 30 milliards de baht dans une usine en Thaïlande pour l’assemblage et la fabrication de pick-up et de voitures Chevrolet. Cette année, en raison du ralentissement économique mondial, la GM Thaïlande a réduit son volume de production à 40.000 unités, en baisse de 60 % par rapport à l’année dernière.

Alors que le géant américain de l’automobile est en faillite aux États-Unis, sa filiale en Thaïlande prévoit d’ouvrir une nouvelle usine de production de moteur diesel, dans la province de Rayong.

«Nos plans de croissance sont toujours sur la bonne voie. Nous allons également continuer à jouer notre rôle dans la construction automobile en Thaïlande en tant que plaque tournante de l’industrie automobile en Asie du Sud-Est. Nous ne laisserons pas la crise économique affecter notre plan d’investissement en Thaïlande. Même si GM aux États-Unis devra licencier certains de ses employés, nous n’avons pas de plan de ce genre ici”

a déclaré le directeur général de GM pour l’Asie du Sud-Est, Steve Carlisle, à Bangkok. General Motors (Thailand) a déjà réduit ses effectifs cette année par le biais de mesures incitatives de retraite anticipée volontaire et de démissions, réduisant le nombre d’employés de 2343 à 1643.

«Nos opérations sont distinctes, elles sont rentables, elles sont bien financées, et nous générons nos propres fonds d’investissement pour l’avenir. Nous ne voyons pas de changement pour la croissance de nos activités.”

a déclaré le responsable de GM pour l’Asie Pacifique.

Comment expliquer que ce qui est rentable en Thaïlande, ne l’est plus aux Etats-Unis ? Sans doute par l’histoire de General Motors, récente en Asie du Sud Est, et beaucoup plus ancienne aux Etats Unis. Les problèmes de GM viennent en grande partie d’une structure de coûts fixes très lourde, liée à de confortables prestations salariales, de retraite et de santé héritées des années 1950. Ces prestations ont été partiellement revues à la baisse ces dernières années, au prix de concessions difficilement arrachées au syndicat automobile UAW.

La masse salariale de GM représente des engagements énormes pour la couverture retraite et maladie, qui s’élèvent à 47 milliards de dollars. Une facture beaucoup plus lourde que chez les concurrents étrangers de GM implantés dans des Etats où le syndicat UAW n’a pas d’ancrage. De plus le rapport qualité/prix des modèles de GM s’est heurté à celui, plus attrayant, de Toyota, Honda et Nissan.

Le secteur automobile en Thaïlande figure parmi les plus touchés par la récession économique. Pour le mois d’avril, les exportations sont en recul de 46% ce qui porte à 33% la diminution pour les quatre premier mois de l’année

La Thaïlande est un important centre de production et d’exportation pour les pick-up et véhicules utilitaires fabriqués par General Motors Corp, Toyota Motor Corp, Isuzu Motors Ltd et Mitsubishi Motors Corp – qui souffrent toutes d’une baisse de leurs commandes dues au ralentissement mondial.

La Thaïlande compte environ 15 sites d’assemblages, principalement dans la région de Rayong, dominés par les constructeurs japonais. 45% de la production de ces sites est exportée: les 5 principaux pays clients pour les véhicules commerciaux sont l’Australie, l’Arabie Saoudite, le Royaume-Uni, l’Italie et les États-Unis.

Par Redaction Bangkok

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.