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13 pays asiatiques d’accord pour créer un fonds anti-crise

Les ministres des Finances des 13 pays d’Asie de l’Est ont décidé de mettre en place une réserve commune de devises étrangères pour éviter une répétition de la crise financière qui avait ébranlé la région en 1997.

Les ministres des Finances des 13 pays d’Asie de l’Est ont décidé de mettre en place une réserve commune de devises étrangères pour éviter une répétition de la crise financière qui avait ébranlé la région en 1997.

Cette initiative vise à faciliter la mobilisation rapide de fonds de secours communs en cas d’éventuelles attaques spéculatives. Elle a été entérinée par les ministres des Finances du groupe dit de « l’ASEAN + 3″, qui associe les dix pays de l’Association des Nations du Sud-Est Asiatique (ASEAN) à la Chine, au Japon et à la Corée du Sud, réunis à Kyoto.

Les grands argentiers se sont mis d’accord pour oeuvrer à la mise en oeuvre d’un système multilatéral de devises croisées afin d’améliorer le mécanisme d’urgence déjà en vigueur depuis 2000. Ce fonds commun doit remplacer le système d’accords monétaires bilatéraux mis en place au lendemain de la crise asiatique de 1997-98 (ndlr: système connu sous le nom d' »Initiative de Chiang Mai (Thaïlande) ».

« Nous reconnaissons que ce consensus est une étape importante vers la mise en place d’une structure progressive de mécanisme régional de soutien aux liquidités », souligne le document.

La crise financière asiatique avait éclaté en juillet 1997 lorsque la devise thaïlandaise, le baht, s’était effondrée, entraînant dans sa chute les monnaies des « Tigres » du Sud-Est asiatique (Indonésie, Malaisie et Philippines).

Le choc s’était ensuite propagé aux « Dragons » d’Asie de l’Est (Corée du Sud, Taïwan, Singapour et Hong Kong), la situation financière des banques et des entreprises locales, alors lourdement endettées en dollars et en yens, se détériorant rapidement.

La faillite avait entraîné une fuite massive des capitaux, la chute de l’activité économique et une forte hausse du chômage au premier semestre 1998.

« Le grand risque auquel est confronté aujourd’hui un pays comme la Thaïlande est très semblable à la situation de 1997, à savoir le risque de flux de capitaux volatils », a reconnu samedi à Kyoto le ministre thaïlandais des Finances Chalongphob Sussangkarn.

En revanche, les ministres des Finances de « l’ASEAN + 3 » n’ont pas abordé la question de la création d’une monnaie unique asiatique sur le modèle de l’euro, ce qui avait été le cas l’an dernier. Peu de progrès rapides sont à attendre sur ce point, du fait notamment des contentieux historiques entre le Japon et ses voisins.

L’ASEAN rassemble la Birmanie, Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam.

Olivier Languepin

Par Olivier Languepin

Journaliste basé à Bangkok depuis 2006. Rédacteur en chef de thailande-fr.com.

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