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Nouvelles prévisions en baisse pour la croissance thaïlandaise

La crise politique met à mal l’économie de la Thaïlande, au point qu’elle pourrait enregistrer en 2014 un croissance inférieure à 3%.

La crise politique continue d’avoir des répercussions négatives sur la croissance et l’investissement en Thaïlande. Une crise qui met à mal l’économie de la deuxième puissance économique de l’Asie du Sud-Est, au point qu’elle pourrait enregistrer en 2014 un croissance inférieure à 3%.

Prévisions de croissance inférieure à 3%

Dans son rapport trimestriel, la banque centrale thaïlandaise a baissé ses prévisions de croissance pour 2014, passant de 3.0% à 2,7%. Au début de la crise en novembre 2013 ces dernières étaient encore de 5,0%. Pour sa part le ministère des finances est encore plus alarmiste, en prévoyant une croissance à la baisse à 2,6%.

Ces nouvelles prévisions de croissance dépendent largement de l’arrivée d’un nouveau gouvernement stable, dès la fin du troisième trimestre 2014.

« Si l’arrivée d’un autre gouvernement est de nouveau repoussée, les prévisions changeront »

confirme d’ailleurs Somchai Sujjapongse responsable du ministère des finances publiques,

« le futur de la scène politique reste cependant très incertain »

ajoute-il.

Selon Yuthana Sethapramote, professeur d’économie à l’université de Warwick, l’impact de la crise politique sur l’économie du pays provient principalement de trois facteurs :

  • Premièrement, les dépenses du gouvernement diminuent : l’annulation des élections et le rôle limité de l’actuel gouvernent suite à la dissolution du parlement a freiné les dépenses publiques.
  • Le deuxième facteur est une baisse de la consommation en raison d’une perte de confiance dans la stabilité économique et politique du pays. Cette perte de confiance à un effet tant sur les investissements domestiques qu’étrangers.
  • Pour finir le dernier facteur est une diminution générale des revenus touristiques.

Les investissements japonais en baisse de 63%

Du côté des investisseurs étrangers, c’est la perte de confiance en une possible stabilité politique qui a provoqué un mouvement de défiance.

Un rapport d’agence japonaise Nomura montre que les investisseurs étrangers ont été vendeurs nets d’actions thaïlandaises depuis le début de l’année, avec des ventes nettes de 837 millions de dollars. L’Indonésie et les Philippines en revanche ont enregistré des achats nets étrangers de $ 1 milliards et 171 millions de dollars respectivement.

La crise qui perdure entraîne une fuite des investissements directs vers les pays voisins comme la Birmanie, le Laos ou encore l’Indonésie.

Sur les deux premiers mois de 2014, les projets des investisseurs étrangers en Thaïlande ont baissé de 43 % par rapport à l’année précédente – et ceux des investisseurs japonais ont diminué de 63 %.

Ath Pisalvanich, directeur du centre d’étude du commerce international, précise que plus de 480 PME thaïlandaises et étrangères ont ainsi prévu d’investir dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est en 2014, ou même à se relocaliser définitivement. Une perte qui s’élèverait à 46 milliards de baths pour le pays. Et si la crise perdure jusqu’à la fin de l’année elle pourrait monter à plus de 123 milliards de baths.

«Nous investissons davantage dans l’ASEAN et moins en Thaïlande, où nous nous concentrons sur des produits à forte valeur ajoutée. Si la crise politique se prolonge, la demande de ciment Thaï est susceptible d’être négative »

a déclaré le directeur général de Siam Cement Kan Trakulhoon, lors d’un entretien avec l’agence Reuters de Bangkok.

Les revenus du tourisme fortement impactés

La Tourism Authorithy of Thailand (TAT) tire pour sa part la sonnette d’alarme avec la prévision d’une perte de 82,7 milliards de baths de revenus liés au tourisme pour le premier semestre 2014.

Alors que la crise semble s’atténuer depuis la fin du blocage de Bangkok, même la levée de l’état d’urgence n’a pas bénéficié au secteur touristique. La TAT demande un supplément de 250 millions de baths pour le lancement d’une nouvelle campagne de communication destinée au secteur touristique.

Des perspectives bien incertaines, donc, pour un pays dont l’économie dépend beaucoup des investisseurs étrangers et du tourisme. En somme le retour à une économie stable repose sur la sortie d’une crise qui s’enlise depuis maintenant cinq mois.

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