Depuis quelques années les cours du riz s’envolent, une aubaine pour la Thailande, premier exportateur mondial de cette précieuse denrée alimentaire qui nourrit plus de la moitié de la population mondiale.

Dans certaines parties de la Thailande, au bord du fleuve Chao Phraya qui passe par Bangkok, on peut faire jusqu’à quatre récoltes par an. Il y a encore quelques années, un grand nombre de paysans s’étaient endettés pour survivre. Mais cette année ils ont le sourire: les prix du riz ont bondi de 50% l’an dernier, et ils sont encore en hausse depuis le début de l’année.


Selon les Nations Unies (FAO) l’index des prix des produits alimentaires, a atteint son plus haut niveau en 20 ans.Le riz est devenu une denrée rare car il sert d’aliment de base pour plus de la moitié de la population mondiale (essentiellement en Asie), la majorité étant consommée localement.
Seulement 7% de la production mondiale est négocié sur le marché international , mais ces 7% sont un apport indispensable pour des pays comme le Bangladesh et l’Afghanistan, qui dépendent fortement des importations.

Le riz est aussi un produit de base très politique, parce qu’il est intimement lié à un sentiment de sécurité et de prospérité pour de nombreuses sociétés en Asie. En Thailandais populaire, pour demander à quelqu’un si il a mangé, on lui demande en fait si il a mangé du riz (gin khao).
En Thaïlande la culture du riz occupe dix millions d’hectares, soit la moitié de la surface agricole utile du pays et près de la moitié de la population du royaume vit de l’agriculture . Environ 80% des rizières de la Thailande sont arrosées (par opposition au système d’irrigation) et dépendent de la pluie. Chaque année une cérémonie réligieuse (mélange de bouddhisme et d’hindouisme) se tient en présence du roi, pour marquer le début de la saison des plantations de riz. Des grains de riz sont bénis par les moines au célèbre temple du bouddha d’émeraude à Bangkok (wat Phra Keo). Il existe également une déesse du riz, très vénérée dans les campagnes.

Avec l’augmentation des prix, plusieurs pays ont cessé d’exporter du riz, pour essayer de maintenir des stocks dans leur pays pour se prémunir contre tout risque de pénurie. Au cours de la dernière année, l’Inde et le Vietnam, le deuxième et le troisième plus gros exportateurs, ont bloqué leurs exportations, de même que la Chine, le plus grand consommateur de riz. Le prix du riz est surveillé de très près par les gouvernements asiatiques, comme l’était le prix du blé ou du pain en Europe.

Soudain, tout le monde veut du riz thaïlandais – et la Thaïlande produit toujours plus que ce qu’elle consomme. Contrairement aux autres pays producteurs de riz plus pauvres, où la consommation de riz augmente à mesure que les revenus augmentent, les Thaïlandais ont atteint un niveau de revenu où la consommation de riz est en baisse, car ils consommenent une plus grande variété d’aliments.
Les raisons de la montée en flèche des prix du riz sont complexes : la demande est en augmentation rapide dans les nouveaux marchés comme l’Afrique, mais la production est en baisse, car les agriculteurs se sont tournés vers des cultures plus rentables comme les bio-carburants. La culture du riz est aussi un travail très pénible : on passe des journées entières les pieds dans l’eau à repiquer des plants le dos cassé en deux.

L’an dernier, laproduction mondiale de riz est passée à 680 millions de tonnes (+ 7,4 %), mais selon la FAO la consommation mondiale de riz devrait encore augmenter d ‘ ici 2030 de 38 % …
La réduction des exportations en Asie a relancé la spéculation qui frappe toutes les céréales aux Etats-Unis. En 2007, le prix du riz américain a progressé de 11 %. Face à une demande croissante de nombreux pays (africains, sud-américains) et à une diminution spectaculaire des stocks (au plus bas depuis 25 ans), une pénurie de riz n ‘est plus à exclure d’ici une dizaine d’années.

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