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Comment la Chine exacerbe la sécheresse en Thaïlande

En organisant la rétention d’eau dans ses barrages en amont du Mékong, la Chine a aggravé la sécheresse en Thaïlande.

L’une des pires sécheresses qu’a connu la Thaïlande au cours des 40 dernières années a été exacerbée par le gouvernement chinois qui a intentionnellement retenu l’eau dans ses barrages en amont du Mékong, selon une étude publiée par l’organisation Eyes on Earth.

« Les données satellitaires ne mentent pas, et il y avait beaucoup d’eau sur le plateau tibétain, alors même que des pays comme le Cambodge et la Thaïlande étaient dans des conditions extrêmes de manque d’eau », a déclaré Alan Basist, qui a co-écrit le rapport, qui a été publié lundi, par Eyes on Earth.

Le nord-est de la Thaïlande connaît actuellement sa plus grave sécheresse depuis 40 ans, menaçant la production agricole et la sécurité de l’emploi dans la région.

Selon l’Unité de stratégie économique de la Banque TISCO, la sécheresse pourrait coûter à l’économie thaïlandaise 37 milliards de bahts, soit 0,2% du PIB.

Victime du double impact du réchauffement climatique et de la construction frénétique de barrages hydrauliques par la Chine, le Mékong s’assèche, les poissons meurent, les récoltes de riz s’amoindrissent et les populations migrent. 

En juin 2019, le Mékong a enregistré une sécheresse dramatique faisant tomber l’eau à son niveau le plus bas depuis 50 ans.

Dans un rapport publié en 2018, la Commission du Mékong (RMC) rendait compte d’une chute de 40% des quantités de poissons pêchés sur le fleuve et une baisse de 97 % de la quantité de sédiments en aval suite à la construction de nouveaux barrages hydrauliques.

C’est ce phénomène qui explique le changement de couleur du Mékong depuis plusieurs mois : l’eau du Mékong, dans la province frontalière de Nakhon Phanom au nord-est de la Thaïlande, est d’un splendide bleu vert couleur de jade qui fait le bonheur des touristes amateurs de selfies.

Mais en réalité cette couleur constitue un signe de danger, selon un rapport de la presse locale : elle est le signe d’une profondeur trop faible et de l’insuffisance des limons qui donnent d’habitude une couleur brune à l’eau du fleuve.

La mainmise chinoise contestée

Pékin a déjà construit six barrages sur le cours supérieur du Mékong et investi dans plus de la moitié des 11 barrages prévus plus au sud, d’après l’ONG de défense de l’environnement International Rivers.

Modifiant l’hydrologie naturelle du fleuve, les barrages ont progressivement provoqué l’érosion des sols et menacent aujourd’hui les populations de poissons et donc par extension également le commerce de la pêche qui est devenu la principale activité des locaux. 

Au début de mois de février, Bangkok a répondu aux protestations grandissantes en rejetant le projet de Pékin qui planifiait d’ouvrir une partie du Mékong dans le nord de la Thaïlande en dynamitant environ 90 kilomètres de rochers et en draguant le lit du fleuve.

Olivier Languepin

Par Olivier Languepin

Journaliste basé à Bangkok depuis 2006. Rédacteur en chef de thailande-fr.com.

4 réponses sur « Comment la Chine exacerbe la sécheresse en Thaïlande »

Disons que comme raciste, je pense que Laurent pourrait ouvrir une académie…
En plus d’être jugé comme des racistes notoires par certains, les chinois se retrouvent aussi affublée d’une réputation de copieur et pilleur de l’expérience et du savoir des êtres qui se croient supérieurs. Alors disons que si ils se sont inspirés de la manière dont les pays industrialisées de l’époque ont asservi les peuples et gérés les ressources de notre terre, il ne faut donc pas s’étonner de cette situation même si elle n’est pas acceptable. N’oublions pas que c’est nous, consommateurs, qui sommes à l’origine de ce développement éffréné. De tel propos à l’égard d’un peuple ou d’une civilisation ne sont pas dignes.

Ce sont les nouveaux colons, et je dis cela sans rire. C’est juste une question d’époque, nous c’était il y a quelques siècles, eux c’est maintenant.

Et nous, en France, bonnes âmes, on plaint les pauvres chinois d’origine, victimes de racisme depuis la pandémie. Il n’y a pas pire raciste qu’un chinois, ils phagocytent tout, gangrènent tout et sont les criquets à deux pattes de la terr. Ils s’abattent sur tout ce qui peut leur servir et ne laissent plus rien après leur passage. Ouvrez bien les yeux sur ce qu’ils font en Afrique.

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