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Japon: quelles conséquences pour la Thaïlande ?

Les estimations des dégâts suite au tremblement de terre au Japon sont à hauteur de 183 milliards de dollars, soit environ 3 % du produit intérieur brut du Japon. La situation d’urgence nucléaire au Japon a relancé le débat sur la sécurité des centrales nucléaires en Thaïlande et dans l’Asie-Pacifique, une région très exposée aux risques de catastrophes naturelles.

Les estimations des dégâts suite au tremblement de terre au Japon atteignent déjà les 183 milliards de dollars, soit environ 3 % du produit intérieur brut du Japon, selon l’économiste Hiromichi Shirakawa et les analystes de Barclays Capital, alors que d’autres experts ont par ailleurs déclaré que l’économie japonaise pourrait se contracter pendant deux trimestres consécutifs.

Selon l’université de la Chambre de Commerce thaïlandaise (UTCC), les exportations thaïlandaises au Japon sont susceptibles de baisser de 7% si la croissance économique du Japon baisse de 1 %.

Comme le Japon est le deuxième plus grand marché pour les exportations de la Thaïlande, une baisse du PIB de l’économie japonaise de 1% créera des pertes estimées pour les exportations thaïlandaises à de 730 à 1400 millions de dollars a déclaré le directeur du centre de prévision de l’UCTT Aat Pisanwanich, soit 0,3 à 0,7 % du total des exportations thaïlandaises vers le marché mondial. L’impact sur les exportations industrielles de la Thaïlande serait plus élevé, estimé à 8,3 %.

Les exportations de la Thaïlande vers le Japon ont représenté une valeur de 22 milliards de dollars en 2010, soit 10 % environ de ses exportations mondiales

Le tremblement de terre pourrait aussi affecter de manière significative le secteur du tourisme. L’an dernier, un million de Japonais ont visité la Thaïlande, ce qui représente environ 6 % du total des 15 millions d’arrivées de touristes en 2010.

Le programme nucléaire thaïlandais

La situation d’urgence nucléaire au Japon a relancé le débat sur la sécurité des centrales nucléaires dans l’Asie-Pacifique, une région très exposée aux risques de catastrophes naturelles. L’Asie du Sud n’a pas de centrale nucléaire en service pour le moment, mais la plupart des pays, ont l’intention de développer l’énergie nucléaire dans les dix ans à venir.

L’Indonésie, la Malaisie, Thaïlande, et le Vietnam ont des plans de construction de centrales nucléaires dans les dix prochaines années et d’autres en Asie du Sud ont prévu de les suivre. Ces pays s’inspirent de la Chine qui a déjà  13 réacteurs en service et a prévu d’en construire une vingtaine d’autres.

La Chine a déjà annoncé qu'elle ne changera pas son plan concernant le développement de projets d'énergie nucléaire.

La Chine possède 13 centrales nucléaires fonctionnelles et a prévu de lancer entre 2011 et 2015, des projets d’énergie nucléaire avec une capacité combinée de production de 40 millions de kw, selon le 12e plan quinquennal publié la semaine dernière.

Le gouvernement a approuvé le Power Development Plan (PDP) en 2010 qui prévoit de construire cinq centrales nucléaires d’ici 2030

Suite à la situation d’urgence au Japon, le gouvernement thaïlandais a déclaré qu’il prendrait en compte les préoccupations concernant la sécurité nucléaire, mais le porte-parole du gouvernement thaïlandais Panitan Wattanayagorn a  écarté l’abandon du développement de l’énergie nucléaire.

La première centrale devrait être située dans la région de Ubon Ratchathani afin d’assurer l’approvisionnement en électricité de la province en 2020, alors que la construction des quatre autres centrales devrait se terminer en 2030.

Seize groupes de la société civile font actuellement campagne contre la construction prévue en Thaïlande de la première centrale nucléaire dans la province nord-est de Ubon Ratchathani, demandent que le gouvernement reconsidère son plan d’ensemble pour construire cinq puissances nucléaires centrales dans le pays

La croissance en Thailande exige 5 % par an d’énergie supplémentaire. N’en produisant pratiquement pas, elle l’importe, aujourd’hui, pour 90 % de ses besoins : le gaz en provenance de Birmanie, le pétrole du Moyen-Orient, l’hydroélectricité du Laos et du Cambodge. Le gouvernement thaïlandais a donc décidé de se doter de 4 000 mégawatts en 2020 en nucléaire (5 % des besoins énergétiques), avec la construction de deux tranches de 2 000 MW. Un des objectifs est d’électrifier le transport ferroviaire, actuellement équipé en locomotives diesel.

Poussée par une croissance économique continue, la consommation d’électricité de la Thaïlande au cours des 30 dernières années a considérablement augmenté. Mais la production reste très dépendante des énergies fossiles, en particulier le gaz naturel importé de Birmanie

En trois décennies, la demande nationale  d’électricité en Thailande a fortement augmenté, passant de 14.000 millions d’unités ou gigawatt-heure (GWh) à 150.000 GWh à l’heure actuelle, soit un taux de croissance annuel moyen de 8,2 %.

Une faible part d’énergies renouvelables

Quant à la sélection des types de combustibles pour la production d’électricité, l’un des facteurs que le gouvernement doit prendre en compte, est que le gaz naturel – actuellement le principal combustible utilisé dans le système de production d’électricité de la Thaïlande – est en grande partie importé de Birmanie.

En 2008, l’électricité produite à partir de centrales au gaz naturel a représenté 70 % de la production totale d’électricité.

Après le gaz naturel on trouve des « combustibles solides » comme le lignite, qui constitue 12,6 %, et le charbon importé, dont la qualité est meilleure que le lignite, qui représente 8,2 %.

La part de la production d’électricité à partir d’autres combustibles est relativement faible, soit 4,7 % pour l’énergie hydroélectrique; 1,4 % pour les sources d’énergie renouvelables, telles que les balles de riz, la bagasse et mini / micro hydroélectricité. En outre, le système électrique de la Thaïlande a commencé à dépendre de l’électricité importée de la République démocratique populaire du Laos et de la Malaisie, pour environ 2%.

Olivier Languepin

Par Olivier Languepin

Journaliste basé à Bangkok depuis 2006. Rédacteur en chef de thailande-fr.com.

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