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Le tsunami, un souvenir qui s’estompe

Le 26 décembre 2004, le tsunami le plus puissant et le plus meurtrier jamais enregistré balayait les côtes de l’Océan Indien faisant plus de 250 000 victimes, dont plus de 8000 en Thaïlande.

Le 26 décembre 2004, le tsunami le plus puissant et le plus meurtrier jamais enregistré balayait les côtes de l’Océan Indien faisant plus de 250 000 victimes, dont plus de 8000 en Thaïlande. 

Si l’événement a profondément marqué les esprits à l’époque, dix ans plus tard le souvenir tend à s’estomper.

Il est 7h58 lorsqu’un séisme de magnitude de 9,2 sur l’échelle de Richter secoue l’Océan Indien au large des côtes de Sumatra, une secousse ressentie jusqu’en Thaïlande et qui provoque un tsunami géant.

Plus de 8000 victimes en Thaïlande

Des vagues de 10 à 15 mètres, jusqu’à 35 mètres dans la région de Sumatra déferlent sur les côtes, des vagues meurtrières qui feront 8150 morts en Thaïlande selon les chiffres officiels.

Dix ans plus tard, tout a été reconstruit depuis bien longtemps, la vie a repris ses droits et le tourisme n’a cessé de croître. De Krabi à Baan Nam Khem, ci et là, des panneaux indiquent les routes d’évacuation.

Des panneaux pour rappeler qu’un tsunami pourrait encore arriver. Si à Patong ces panneaux sont entretenus chaque année, il n’en va pas de même partout, à Khao Lak ou à Baan Nam Khem ils sont presque invisibles, délavés par le soleil, la pluie, le temps qui passe et efface, cache ou détruit les souvenirs.

« C’est important que les gens se souviennent pour toutes les personnes disparues, pour les proches qui sont encore là. A Ko Phi-Phi, le mémorial a été détruit. A la place maintenant, il y a un hôtel »

confie Elizabeth Zana, mère d’une Française disparue le 26 décembre.

Si le mémorial de Ko Phi-Phi a été détruit, d’autres ne sont pas mieux lotis comme celui de Kamala, de Baan Nam Khem ou le Patrol Boat de Khao Lak.

Ce bateau transporté à près d’1,3 kilomètres de côtes, longtemps visible depuis la route est désormais caché par des logements et commerces construits entre le mémorial et la route. Pour ces trois lieux, l’entretien laissait encore à désirer un mois avant les commémorations.

Des commémorations de plus en plus discrètes

A quelques jours du 26 décembre, on s’active autour du mémorial de Baan Nam Khem et du Patrol Boat 813, c’est là qu’auront lieu les cérémonies ce 26 et 27 décembre avec lectures, prières, lâchers de lanternes chinoises, musique et chants, en présence de nombreuses délégations étrangères.

Plusieurs ambassades prévoient des commémorations sur la plage avec leurs ressortissants, à Kamala Beach et Patong Beach surtout. La principale cérémonie aura lieu au pied du Patrol Boat à Khao Lak avec une cérémonie multiconfessionnelle.

« Nous sommes en pleine saison touristique, ce sont les fêtes de fin d’année. On ne veut pas effrayer les touristes en faisant trop de cérémonies, en rappelant sans cesse ce qui est arrivé.»,

explique Jomsurang Csarlernkaw de l’Office du tourisme de Phuket.

A cela, s’ajoute aussi les événements politique de ces derniers mois.

« Ce n’est pas une priorité pour le gouvernement et les autorités locales d’organiser des cérémonies. Le gouverneur de Phuket aussi a changé, il n’était pas en fonction à l’époque, il est moins proche si on veut»

raconte Brad Kenny, responsable du Rotary Club et organisateur des cérémonies de Patong.

Brad Kenny ajoute : « J’étais à la Nouvelle-Orléans l’année dernière, Katrina c’était il y a 9 ans, juste un an après le tsunami. Encore aujourd’hui, il y a des circuits touristiques qui sont organisés pour montrer les dégâts de l’ouragan.

C’est quelque chose qu’on a pas ici en Thaïlande, il faut pouvoir se dire que s’est terminé. C’est la mentalité thaïlandaise, la culture bouddhiste qui veut ça. Un an après, oui c’est important de s’en souvenir, dix ans plus tard, c’est trop loin. Plus que le souvenir de la catastrophe, c’est le souvenir des gens qui est toujours présent ».

Une catastrophe imprévisible ?

Dix ans plus tard, lorsqu’on pose la question de savoir si les gens ont peur qu’un tsunami se reproduise à nouveau, la réponse est unanime, que ce soit au sein de la communauté d’expatriés, des Thaïs ou des touristes :

« C’était une catastrophe naturelle, quelque chose qu’on ne peut pas prévoir, quelque chose qui ne revient pas de manière périodique ».

En dix ans, plusieurs initiatives ont été mise en place pour assurer la sécurité de la population via les tours d’alertes et les bouées placées dans la mer d’Andaman qui enregistrent l’activité sismique et les marées.

« Il y a des panneaux qui indiquent les routes d’évacuation, sur chaque plage on retrouve un plan avec les zones vers lesquelles se diriger en cas de tsunami.

Nous faisons également des exercices de simulation chaque année avec des volontaires, on forme des bénévoles aux premiers soins, on va dans les villages expliquer que faire, comment réagir si ça arrivait de nouveau.

explique Santhawat Riwleung, responsable du Phuket Disaster Prevention and Mitigation.

Une conscientisation qui tend à diminuer comme l’explique à l’AFP Chalachol Buthrem, chef de la sécurité de l’hôtel Holiday Inn à Patong :

« les gens ne prennent plus les formations au sérieux, c’est la nature humaine, après quelques années les gens oublient ».

Pourtant le danger reste présent, après un siècle de calme, il y a eu en dix ans six tremblements de terre de plus de 7,9 sur l’échelle de Richter dans la région, signe d’une activité sismique accrue.