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RSF se trompe de slogan en Thaïlande

Le timing n’est peut être pas idéal pour cette campagne qui veut sensibiliser les voyageurs aux problèmes de censure et de liberté de l’information en Thaïlande. Même si RSF a raison de poser le problème de la censure en Thaïlande, celui-ci ne se pose pas dans les mêmes termes qu’au Vietnam ou au Mexique, les deux autres pays qui sont ciblé par cette campagne.

En plus RSF s’est trompé de slogan pour la Thaïlande: “Fuck democracy” ou “Merde à la démocratie. Partez en vacances en Thaïlande”  aurait du être le slogan pour le Vietnam, dictature communiste notoire ou la démocratie n’existe pas.

La Thaïlande a certes de progrès à faire en matière de démocratie, mais c’est une démocratie avec des élections libres et démocratiques comme l’a prouvé la victoire récente de l’opposition. Le bon slogan pour la Thailande aurait du être celui du Mexique: “Merde, à la liberté d’expression”. Ecrire que l’on dit merde à la démocratie en passant ses vacances en Thaïlande est un abus de langage qui ne fera pas progresser la conscience politique des 16 millions de touristes qui se rendent chaque année en Thaïlande. Compte tenu de la situation actuelle, la Thaïlande n’a pas besoin de ce genre d’approximation.

La campagne de RSF contre la censure tombe au mauvais moment, avec un mauvais slogan

A partir du 26 octobre 2011, Reporters sans frontières lance une campagne de communication inédite, destinée à sensibiliser les vacanciers à la liberté de l’information en Thaïlande, au Vietnam et au Mexique.

« L’objectif de cette campagne est de sensibiliser les vacanciers avant leur départ au soleil. Nous n’appelons pas au boycott de ces destinations, mais nous voulons que les voyageurs connaissent aussi l’envers du décor. Nous avons choisi trois pays qui sont à la fois des destinations paradisiaques pour les vacances et des enfers pour les journalistes : le Mexique, le Vietnam et la Thaïlande »,

a expliqué Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

« Derrière les palmiers, les plages ou les temples se cache parfois une répression dure à l’égard des journalistes et des blogueurs. Nous prônons un tourisme responsable. C’est votre plus grand droit de choisir votre destination de vacances. Mais c’est notre devoir de vous dire où vous mettez les pieds ».

Au Mexique, 80 journalistes ont été tués en dix ans. Enquêter sur le narcotrafic est devenu une activité à haut risque. L’impunité qui caractérise ces crimes permet aux assassins de continuer leur besogne.

Au Vietnam et en Thaïlande, les sujets tabous sont nombreux. Critiquer les dirigeants, dénoncer la corruption qui règne dans les plus hautes sphères du pouvoir, peut vous conduire derrière les barreaux pour 15 à 20 ans.

Cette campagne, appuyée par trois visuels, sera déclinée en couverture nationale dans la presse magazine et gratuite, ainsi que sur Internet. Un site dédié www.censorship-paradise.com viendra soutenir l’ensemble de cette prise de parole. Cette campagne sera relayée par les bureaux étrangers de Reporters sans frontières et diffusée à l’ensemble de son réseau de correspondants partout sur la planète.

Par Olivier Languepin

Journaliste basé à Bangkok depuis 2006. Rédacteur en chef de thailande-fr.com.

  • RSF veut encore faire du sensationnel. La thailande est une jeune démocratie. Les récentes manifestations et le système d’élections le prouvent. C’est bien dommage de dépenser des milliers d’euros pour un campagne au slogan erroné. C’est encore plus dommage de véhiculer de fausses idées au public!!