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Un hôtel en Thaïlande envoie un client mécontent en prison

Déçu de votre séjour dans un hôtel thaïlandais ? Réfléchissez bien avant de laisser un commentaire négatif sur internet, ou pour le coup vous risquez de ne pas être déçu du voyage…

Un expatrié américain travaillant en Thaïlande risque jusqu’à deux ans de prison après avoir laissé un avis négatif sur la page Tripadvisor du Sea View Resort sur l’île de Koh Chang.

Ce qui a commencé comme une banale histoire d’un client mécontent a qui on a demandé de payer 500 bahts (environ 13 euros) pour des frais de bouchon dans une station balnéaire thaïlandaise, se termine comme une très mauvaise opération en terme d’image pour la Thaïlande.

L’histoire de ce client américain mécontent est devenue tellement virale que TripAdvisor a dû fermer les commentaires sur la page du resort et publier le message suivant sur la page du Sea View Resort & Spa Koh Chang.

«En raison d’un événement récent qui a attiré l’attention des médias et a provoqué un afflux de soumissions d’avis qui ne décrivent pas une expérience de première main, nous avons temporairement suspendu la publication de nouveaux avis pour cet établissement. Si vous avez eu une expérience de première main dans cet établissement, veuillez revenir bientôt. Nous avons hâte de recevoir votre avis! »

Mais en attendant cette histoire à dormir debout (un week-end en prison gratuit comme cadeau après un séjour dans un hôtel !) a fait le tour du monde.

Bien que le Sea View Resort ait déclaré samedi à l’AFP qu’une action en justice n’avait été intentée que parce que M. Barnes avait rédigé plusieurs mauvaises critiques sur différents sites au cours des dernières semaines, il semble que la situation était probablement trop difficile à gérer pour le directeur de l’hôtel.

Celui-ci n’a pas hésité à impliquer la police thaïlandaise en portant plaine contre son client pour diffamation: une démarche qui a permis à Wesley Barnes de visiter les prisons thaïlandaises pendant 48 heures.

Il a ensuite été remis en liberté sous caution, mais s’il est reconnu coupable il risque jusqu’à deux ans de prison.

Même le New York Times a consacré un article approfondi aux mésaventures de M.Barnes en Thaïlande !

Autant de mauvaise publicité pour seulement 15 dollars : la démarche hasardeuse de ce directeur d’hôtel restera sûrement dans les annales du “Streisand effect

Deux ans de prison pour un avis sur TripAdvisor

« Personnel hostile, personne ne sourit jamais. Ils agissent comme s’ils ne voulaient personne là-bas. Le directeur du restaurant était le pire. Il vient de la République tchèque. Il est extrêmement impoli envers les clients. Trouvez un autre endroit. Il y a beaucoup de personnel plus gentil qui seront heureux de vous accueillir», a écrit M.Barnes dans son commentaire qui date du mois de juin 2020, et qui est toujours disponible sur Tripadvisor .

Grâce à ces deux idiots utiles (M.Barnes était aussi un peu hors de propos en décrivant l’hôtel comme un exemple «d’esclavage moderne» dans l’un de ses premiers commentaires qui a été depuis supprimé par TripAdvisor), le monde est maintenant conscient que la Thaïlande n’est pas seulement une des destinations de voyage les plus populaires au monde, mais aussi un pays où la liberté d’expression est sévèrement restreinte.

De nombreux précédents

Les défenseurs des droits de l’homme soulignent depuis longtemps que la loi thaïlandaise sur la diffamation, est régulièrement utilisée de manière abusive pour faire taire les critiques et censurer la presse.

L’année dernière, un tribunal de la province de Lopburi a condamné Suchanee Cloitre à deux ans de prison pour diffamation après avoir publié un tweet en 2016 critiquant les pratiques douteuses de Thammakaset Co., un exploitant d’un élevage de volailles.

Une plainte déposée en 2016 auprès de la Commission nationale des droits de l’homme alléguait que les travailleurs migrants de cette ferme étaient contraints de travailler jusqu’à 20 heures par jour, étaient payés moins que le salaire minimum et avaient leurs papiers d’identité. confisqués.

Finalement, Thammakaset a été condamné à verser aux travailleurs concernés 1,7 million de bahts en compensation et en dommages et intérêts.

Bien que reconnu coupable, Thammakaset a déposé 39 plaintes pénales et civiles pour diffamation contre 22 personnes, dont des travailleurs migrants, des journalistes, des défenseurs des droits humains et une entreprise de médias.

Par Redaction Bangkok

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.

  • Svp faites le bon choix pour vos vacances allez dans des pays moins à risques. La Thailande faut un peu oublier pour l’instant il me semble .

    • Je suis d’accord avec votre commentaire. Ce qui est surprenant avec un directeur d’origine Tchèque… Dans tous les pays d’Asie la Corruption existe et se conjugue avec la xénophobie.
      Attendons un régime plus démocratique peut-être

  • C ‘était un résident , pas 1 touriste , avec leur système actuel , ils ne sont pas prêt à avoir des touristes , hormis qqs chinois qui finiront par les racheter à bas coût . Comme chez leurs voisins .
    Comme par le passé … le thai plante le riz , le chinois le vend . Toutes les grandes fortunes et bcp de hauts placés ont des origines chinoises . Thaksin un homme d’affaires et homme politique est issu d’une famille aisée sino-tha . Et des banques ……

  • Il faut connaitre l’histoire.Ce ressortissant refusait d’appliquer le règlement de l’établissement,a été très impoli avec le personnel ,a voulu en venir aux mains et a refuser de régler une partie de la note.Le chef d’établissement a tout simplement fait appel à la police pour régler le problème comme dans tous pays.

  • Menget, concernant le point et la virgule : pas d’espace avant, un espace après. Ça pique les yeux.