Un centre de logement pour travailleurs de la construction dans le quartier de Laksi à Bangkok (près de l’aéroport de Don Mueang) a été placé sous strict contrôle après que 15 travailleurs y ont été testés positifs pour la variante indienne du COVID-19.

C’est la première fois que la souche B1.617 du coronavirus, identifiée pour la première fois en Inde, est identifiée en Thaïlande en dehors d’une installation de quarantaine d’état et dans une communauté urbaine.

La Thaïlande a enregistré sont premier cas de la variante indienne le 10 mai lorsque qu’une femme thaïlandaise et son fils âgé de 4 ans , en provenance du Pakistan, ont été testés positifs et placés sous haute surveillance en quarantaine d’état.

Une fermeture des frontières illusoire

La détection de ce nouveau cas de variant dans un quartier densément peuplé et populaire de Bangkok démontre que la stricte politique de quarantaine de la Thaïlande n’empêche pas le virus de franchir les frontières.

Le porte-parole de l’administration métropolitaine de Bangkok (BMA) Pongsakorn Kwanmuang a déclaré aujourd’hui qu’un total de 34 clusters COVID-19 existent dans 20 districts de la capitale, dont 17 nécessitent une vigilance maximale.

Plus de 5000 travailleurs migrants ayant franchi la frontière avec la Birmanie clandestinement ont déjà été interpellé depuis le début de la troisième vague.

Désormais détecté dans au moins 44 pays, B.1.617, le variant indien du coronavirus inquiète depuis plusieurs semaines. Il est en partie lié à l’explosion de l’épidémie en Inde.

Repéré pour la première fois en octobre 2020 en Inde, le variant indien B.1.617 a été classé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme « variant préoccupant ». Il rejoint dans cette catégorie la plus élevée les variants britannique, sud-africain et brésilien.

Des taux de transmission plus élevés

D’après l’OMS, le variant B.1.617, semble avoir des taux de transmission plus élevés, expliquant des hausse rapides observées de la prévalence dans plusieurs pays.

Selon une récente évaluation des risques en Inde réalisée par l’OMS, plusieurs facteurs potentiels pourraient expliquer la résurgence et l’accélération de la transmission de la Covid-19 dans le pays d’Asie du Sud.

Entre l’identification du variant indien en octobre et la fin avril 2021, trois mutations ont été repérées (dénommées B.1.617.1, B.1.617.2 et B.1.617.2). Les mutations B.1.617.1 et B.1.617.2 représentaient respectivement 21% et 7% des échantillons séquencés en Inde. Mais l’OMS estime qu’il faut relativiser ces données car seulement environ 0,1% des échantillons positifs en Inde ont été séquencés et enregistrés sur la plateforme GISAID.

En dehors de l’Inde, le Royaume-Uni est le pays qui a signalé le plus grand nombre de cas dont le séquençage correspond aux mutations du variant indien. Londres a récemment désigné la mutation B.1.617.2 comme « variant national préoccupant ».

Des questions sur l’efficacité des vaccins contre le variant indien

Plus généralement, l’OMS estime que les impacts potentiels du variant indien sur l’efficacité des vaccins ou des thérapeutiques, ou les risques de réinfection, restent incertains.

Toutefois, une étude a révélé une réduction de sept fois l’efficacité de la neutralisation contre la mutation B.1.617.1 des anticorps générés par la vaccination avec les vaccins Moderna -mRNA-1273 et Pfizer BioNTech-Comirnaty.

Une deuxième étude a également révélé une réduction de la neutralisation contre le virus porteur de la mutation E484Q (contenue dans le B.1.617.1 et le B.1.617.3) pour le vaccin Pfizer BioNTech-Comirnaty, similaire à celle constatée avec la mutation E484K.

Une troisième étude portant sur un échantillon limité de sérums de convalescence de cas de Covid-19 (n=17) et de sérums de personnes ayant reçu le vaccin Bharat-Covaxin (n=23) a conclu que la plupart des activités de neutralisation contre le variant indien (B.1.617) étaient conservées.

Une quatrième étude a suggéré une diminution d’environ trois fois de l’activité de neutralisation contre le B.1.617 par le plasma des receveurs du vaccin Pfizer BioNTech -Comirnaty (n=15), et une baisse limitée à deux fois par les sérums de convalescents de cas de Covid-19 sévères (n=15).

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