En Thaïlande comme dans plusieurs autres pays de la région Asie-Pacifique, l’épidémie de Covid-19 fait rage, attisée par la progression du variant Delta beaucoup plus contagieux que les précédentes mutations du virus.

Pourtant lorsque la pandémie a éclaté à travers le monde en 2020 ces mêmes pays étaient cités comme des exemples de ce qui peut être réalisé avec discipline et volonté politique.

En Thaïlande, au Vietnam et au Cambodge, trois pays d’Asie du Sud-Est qui n’avaient connu que très peu d’infections jusqu’au début du mois d’avril, la croissance des cas a été soudaine et aussi rapide qu’imprévisible.

Mais dès le 5 juillet, la Thaïlande se classait au deuxième rang des nouveaux cas confirmés sur le tableau de surveillance mondiale du Worldometer à 6 166, un décompte pour une journée presque aussi élevé que le total des cas pour 2020.

En Thaïlande le nombre de cas quotidiens recensés dépasse maintenant les 15 000, entraînant de nouvelles mesures de confinement partiel et de couvre-feu dans plusieurs provinces dont Bangkok.

Les infections au COVID-19 en Thaïlande ont atteint un nouveau sommet aujourd’hui (dimanche), enregistrant 15 335 cas et 129 décès supplémentaires, selon le CCSA.

Parmi les nouvelles infections, 11 759 sont des infections acquises localement, 641 parmi les prisonniers et 19 parmi les arrivants de l’étranger en quarantaine d’État.

Travailleurs migrants et boites de nuit VIP

L’épidémie en Thaïlande a commencé aux deux extrémités du spectre socio-économique du pays. Les contaminations ont d’abord redémarré dans un marché aux poissons de Samut Sakhon, à l’extérieur de Bangkok, qui emploie de nombreux travailleurs migrants du Myanmar.

Mais pendant ce temps, à l’autre bout de l’échelle, dans les boîtes de nuit « VIP » du quartier de Thonglor des membres du gouvernement, des diplomates étrangers et une vingtaine de policiers locaux faisaient partie d’un cluster de personnes infectées.

Une situation qui combinée à un faible taux de vaccination aboutira à une reprise fulgurante de l’épidémie jusqu’alors assez bien maitrisée.

Vaccination tardive

La campagne de vaccination de la Thaïlande reposait jusqu’à présent en grande partie sur la capacité de Siam Bioscience, une société détenue à 100 % par le roi Maha Vajiralongkorn, à atteindre les objectifs de production de 10 millions de doses d’AstraZeneca par mois.

Mais l’entreprise a également des obligations d’exportation. Seules 5,37 millions de doses ont donc été délivrées localement en juin, et le chiffre ne devrait pas dépasser 6 millions en juillet, selon l’un des ministères concernés, soit environ 50% des doses nécessaires pour satisfaire la demande.

Parallèlement la Thaïlande n’a reçu que 14,5 millions de doses de Sinovac de Chine, trois millions de doses de Sinopharm, également de Chine, et environ 9,2 millions de doses d’Oxford-AstraZeneca du Royaume-Uni, principalement produites localement par Siam Bioscience, au 16 juillet. 3,5 millions de personnes, soit seulement 5 % environ de la population totale, ont été complètement vaccinées à ce jour.

Le directeur de l’Institut national thaïlandais des vaccins (NVI), Nakorn Premsri, a présenté mercredi dernier des excuses au public pour le déploiement lent et insuffisant du vaccin COVID-19 en Thaïlande.

Doutes sur l’efficacité des vaccins chinois

Mais le vaccin Sinovac ne protège pas de la variante Delta hautement contagieuse, qui devient dominante en Thaïlande et dans de nombreuses autres parties du monde.

De plus en plus de pays doutaient de l’efficacité des vaccins chinois inactivés. Une étude menée à Hongkong sur plus d’un millier de patients montre que le vaccin Coronavac, développé par le laboratoire chinois Sinovac, entraîne la production de dix fois moins d’anticorps que le vaccin développé par BioNTech et produit par Pfizer. 

Deux doses du vaccin britannique Oxford-AstraZeneca peuvent cependant immuniser des personnes, avec des niveaux d’anticorps neutralisants de plus de 90 %, contre la variante Delta, selon le professeur Dr Thiravat, directeur du Centre des sciences de la santé des maladies infectieuses émergentes de la Croix-Rouge thaïlandaise.

Des cadavres dans les rues de Bangkok

En vingt-quatre heures, trois corps sans vie ont été retrouvés dans les rues de la capitale. Tous n’étaient pas infectés par le virus, mais ces images témoignent de l’échec du gouvernement à endiguer l’épidémie, s’accorde à dire la presse thaïlandaise citée par Courrier International.

Alors que la Thaïlande enregistre une croissance continue des cas de Covid-19 et des décès, le Premier ministre Prayuth Chan-ocha s’est montré optimiste et n’est pour le moment pas revenu sur sa promesse de rouvrir complètement le pays au mois d’octobre.

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.

5 replies on “Covid-19: la Thaïlande rattrapée par le variant Delta”

  1. Les habitants des villes sont inquiets et vigilants ,masques ,gants et distanciation le centre de Bkk fut le foyer de demarrage du variant D ,dans un claque frequente par l executif,militaire,et police comme mentionne dans l article
    Les traitements sont inconnus et comme le roi fabrique le vaccin la suite est connue les Thais sont inquiets et il y a de quoi quand on parle de reouverture touristique alors qu au contraire on devrait freiner les entrees ,les vaccines sont contagieux et peuvent transmettre ,les test Pcr fiable a 60% et tres chers ici le manque de revenus du peuple est visible esperons qu un remede soit trouve ,qu un vaccin avec virus inactive soit disponible dans les 9 mois qui arrivent et qu en preventif le milieu medical preconise l Ivermectin comme dans d autres pays peu fortune ,cela est mieux qu une cremation

  2. On savait dès l’année dernière que la vaccination était la seule solution.Alors que le monde entier se ruait sur les vacciins on est restédans l’indifférence; Maintenant on semble changer d’opinion mais tous les contrats accaparent la production. Les chinois eux-mêmes ont reconnu que leur vacin est inefficace sur se variant . Résultat on se lance sur le vaccin chinois. On croit rêver

  3. Merci pour votre commentaire intelligent. Oui, on peut se demander pourquoi on continue à importer du Sinovac, alors que l’on sait qu’il ne sert à rien , notamment sur le Delta. Des intérêts quelque part ? Ici, il faut suivre l’argent pour comprendre ce qui se passe.
    On est pas sorti. D’ici la fin du mois on va voir à qui va être réellement distribué le pfizer (police, armée, VIP…en premier)
    Hier à la télé un policier avait sa 3eme dose à Buriram. Quand on voit que 90% des gens n’ont toujours pas la première !
    Et je prends date pour voir se scandale du Moderna quand les étrangers qui ont payé 3000 baths ne vont pas avoir de vaccin.
    Enfin, comme la TAT est enthousiaste avec son bac à sable, tout va bien…….

  4. Pauvre peuple Thaïlandais,,et en plus, avec I play-boy comme chef,,il est mal parti,,, le chef s’en fiche,s’amuse avec ses nanas,,bref,,pas sorti de l’auberge,,gentil peuple Thaïlandais, que Dieu vous aide,Bouddha aussi..

  5. Au Pays du Sourire, aujourd’hui on rit jaune ! Cette pandémie ne serait-elle pas un châtiment divin ? Rigolez ! Rigolez ! On a déjà vu dans l’histoire du vivant de tels épisodes ! Quand des espèces prolifèrent, arrive tôt ou tard une régulation NATURELLE !!! Personne n’a su expliquer pourquoi les lemmings, de petits rongeurs de l’Europe du Nord, se ruent par milliers dans les eaux de la Baltique quand leur espèce prolifère dangereusement !
    Jeef

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