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La crise de la presse écrite thaïlandaise

Après The Nation, c’est le Bangkok Post qui se retrouve confronté à de graves difficultés financières.

Au mois de juin 2019, The Nation avait déjà cessé sa publication imprimée, confronté à la perte de rentabilité de son édition papier.

Aujourd’hui c’est l’autre grand quotidien anglophone thaïlandais, le Bangkok Post, qui se retrouve obligé de céder ses actifs immobiliers pour faire face à des pertes financières croissantes.

Le plus ancien journal anglophone de Thaïlande, The Bangkok Post, prévoit de mettre en vente les deux immeubles qu’il possède dans la capitale thaïlandaise, afin de lever des fonds pour pouvoir conserver la version imprimée de son quotidien.

Le Bangkok Post mettra en vente son usine d’impression et son centre de distribution de 30 000 m² et son siège social de 35 483 m². Les deux actifs sont estimés à environ 1,68 milliard de bahts.

Bangkok war zone
Le centre de Bangkok transformé en zone de guerre, titre le Bangkok Post le 15 mai 2010

Une perte de 341 millions de bahts

Bangkok Post Public Company Limited a enregistré une perte nette de 341,5 millions de bahts au cours des neuf premiers mois de 2019, plus du double de celle de la même période un an plus tôt, en raison de la baisse des revenus des abonnements et des revenus publicitaires.

En septembre 2006, l'armée avait pris le pouvoir à Bangkok, écartant le Premier ministre Thaksin Shinawatra
En septembre 2006, l’armée avait pris le pouvoir à Bangkok, écartant le Premier ministre Thaksin Shinawatra.

Fin septembre, les fonds propres du Bangkok Post étaient tombés à seulement 60 millions de bahts, contre 1 milliard de bahts fin 2015 selon l’agence japonaise Nikkei.

Selon l’agence de publicité Media Intelligence, les dépenses de publicité sur Internet en Thaïlande ont totalisé 8 milliards de bahts en 2015 (265 millions de dollars aux taux de change actuels).

Trois ans plus tard, ce chiffre avait plus que doublé pour atteindre 17 milliards de bahts.  Il devrait atteindre 24 milliards de bahts d’ici 2020.

Une baisse des recettes publicitaires de 96%

Nation Cover Emergency
The Nation a cessé de publier son édition imprimée en juin 2019, mais reste présent sur l’internet

Cette tendance se reflète dans la chute spectaculaire des recettes publicitaires des journaux imprimés – de 12 milliards de bahts en 2015 à 500 millions de bahts prévus en 2020, soit une baisse de 96%.

La Bourse de Thaïlande a attribué une cote C aux actions du Bangkok Post, ce qui signifie que la société a de graves problèmes financiers. Cette notation est généralement attribuée aux sociétés dont les capitaux propres sont inférieurs à 50% du capital versé.

Les principaux actionnaires de Bangkok Post sont Suthikiati Chirathivat, membre de la famille propriétaire du conglomérat de distribution et d’immobilier Central Group, et la Bangkok Bank .

Après 48 ans de présence dans les kiosques thaïlandais, The Nation, un autre média de langue anglaise qui est le seul concurrent local du Bangkok Post, a cessé de publier sa version imprimée en juin de cette année.

Olivier Languepin

Par Olivier Languepin

Journaliste basé à Bangkok depuis 2006. Rédacteur en chef de thailande-fr.com.

Une réponse sur « La crise de la presse écrite thaïlandaise »

La presse en version papier a mal aux pieds dans le monde entier, ici en Suisse plusieures éditions n’existent plus qu’en version dématérialisée. Enfin, il faut se dire que cela fait du bien aux arbres

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