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Internet sous haute surveillance en Thailande

Toujours plus : cela semble être le mot d’ordre des censeurs thaïlandais lorsqu’il est question de l’internet. Selon le site thaïlandais Manager les ministres des TIC, de la Justice et de la Culture, en signant un accord pour protéger la monarchie des cyber-attaques, annoncent avoir fermé 43 000 sites web diffamant la monarchie et trois mille autres attendent l’ordre de fermer.

Le 9 mai, le MICT (Ministry of Information and Communication Technology) et le CRES (Centre for the Resolution of Emergency Situation) de la Thailande ont reconnu avoir bloqué au moins 50 000 sites web, et en fermer 500 par jour. Il semble que le site de FACT (Freedom Against Censorship Thailand) soit inaccessible en Thaïlande depuis cette date. Une série de tests de FACT effectués auprès des fournisseurs d’accès à internet (FAI) à travers le pays a révélé que les FAI en bloquaient 15 000 autres, portant le total de sites bloqués à plus de 65 000.

L'ecran censure de l'adresse du FACT http://facthai.wordpress.com/ "L'accès à ces informations a été temporairement suspendu en raison de l'ordre du Centre pour la résolution de la situation d'urgence (CRES) sous l'autorité du décret d'urgence BE 2548 (AD 2005)".

Le 15 juin, le gouvernement thaï a approuvé la création du Bureau de prévention et d’éradication des crimes sur Internet “pour protéger la monarchie”. Ce nouveau bureau s’ajoute au Ministère des TIC, à la Police royale thaïlandaise, aux institutions militaires tels que le CRES et CAPO, une “cellule de crise” de l’armée, et au Ministère de la culture.

Le 17 juin, le nouveau ministre thaïlandais des TIC a annoncé avoir dressé une liste noire de 200 personnes auxquelles il est interdit d’écrire sur Internet. La sanction est mal définie, mais tous les sites où figurent ces noms seront probablement bloqués. On sait que les noms de l’ancien ministre du cabinet du premier ministre, Jakrapob Penkair, et celui du professeur Giles Ji Ungpakorn de l’université Chulalongkorn – tous deux en exil, accusés sur de faibles preuves de crime de lèse majesté – figurent sur la liste noire, mais les autres restent secrets.

Selon Kavi Chongkittavorn editorialiste du Nation

La Thaïlande doit repenser son système de censure en ligne pour une simple raison – il ne fonctionne pas. Le gouvernement est disposé à dépenser beaucoup d’argent pour traquer et bloquer des sites web et leurs adresses. Mais le résultat final reste le même . Peu importe la façon dont les autorités thaïlandaises veulent censurer l’Internet, ils ne réussiront pas.
Jusqu’ici, la censure sur Internet n’a eu que des répercussions négatives sur la Thaïlande et ses utilisateurs en ligne car elle bloque l’accès du public à l’information et aux transactions commerciales dans le monde entier. La censure fait une très mauvaise publicité a la Thaïlande et à sa réputation – quelque chose que le pays ne peut pas se permettre en ce moment.

Les autorités thaïlandaises disent souvent qu’ils n’ont pas d’autre choix que de fermer ces sites, qui à leur avis, ont commis des “crimes de lèse-majesté”, mais l’opacité qui entoure le sujet laisse a penser que des critères politiques rentrent aussi en ligne de compte. La fermeture de la télévision par satellite et des radios communautaires pro UDD, ainsi que la censure d’Internet dans les trois derniers mois, ont encore terni l’image du royaume en ce qui concerne la liberté d’expression et le droit à l’information. Pourtant la Thaïlande a été le premier pays de l’Asean à instituer une liberté d’information dans la loi en 1997.

Le ministre de l’Information et des technologies de communication (ITC), M. Juti Krairirk a déclaré qu’actuellement les menaces à la sécurité nationale étaient du ressort des militaires seulement, mais qu’il y avait encore de graves menaces contre la monarchie et des dangers contre la sécurité. Le mémorandum commun de coopération était donc signé sur les indications du Premier ministre Abhisit Vejjajiva, pour donner aux trois ministères et à toutes les institutions ayant à faire avec des réseaux la charge de superviser, protéger et prévenir toute menace contre l’institution de la monarchie.

Olivier Languepin

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http://advocacy.globalvoicesonline.org/2010/06/18/thailand-government-shuts-43000-more-websites-for-lese-majeste-plans-to-block-3000-more-total-up-to-113000/

http://www.nationmultimedia.com/home/2010/06/21/opinion/Thailand-must-rethink-online-censorship-30132016.html

https://www.thailande-fr.com/media/4662-censure-en-hausse-en-thailande

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Par Redaction Bangkok

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.

3 réponses sur « Internet sous haute surveillance en Thailande »

Site Internet bloqué ! Comptes bancaires bloqués ! Liberté de la presse bafouée !
Répression et assassinat sous silence d’opposant dans les provinces rurales ! Opposant détenu secrètement dans des camps militaires !
Et le Premier ministre Abhisit Vejjajiva qui garde son sourire avec un gouvernement qui parle de «réconciliation».
Si c’est ça la démocratie ? Cela me fait mal de voir ce si joli pays sombrer dans une telle dictature !

Ça devient délirant ! Comment ce gouvernement peut-il se dire démocratique alors que tout ce qu’il fait ne vise qu’à empêcher l’arrivé au pouvoir d’une quelconque opposition et que pour ce faire, tout les moyens sont bons… réprimer dans le sang, censurer la plus possible, désinformer, voler les résultats de 3 élections successives au peuple ? Toutes ces pratiques sont évidemment celles de dictatures. Il nous reste à espérer qu’il n’ira pas jusqu’à repousser les élections et que si elles ont lieu, ce soit dans une totale liberté d’expression et de communication de l’opposition. Ce n’est pas parce que l’on n’aime pas Taksin qu’il faut transformer ce pays en tyrannie !

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