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Les constructeurs automobiles japonais délaissent la Chine pour la Thaïlande

Une série de grèves dans des usines chinoises ainsi que des coûts de main d’oeuvre de plus en plus élevés, encouragent les constructeurs automobiles japonais à se tourner vers des pays au contexte économique plus stable.

Plus d’une douzaine de grèves ont touché des usines chinoises à la fin du mois de juin dernier, en particulier venant de jeunes travailleurs qui demandaient une meilleure paye ainsi que des avantages sociaux supplémentaires. Des ouvriers d’une usine Honda ont également demandé à former leur propre syndicat.

D’après le journal japonais Yomiuri Shimbun, ces grèves ainsi que des coûts de productions en hausse et une monnaie chinoise de plus en plus forte ont eu un impact négatif sur les constructeurs automobiles japonais qui ne voient plus la Chine comme un pays onéreux en terme de production industrielle. Ces derniers se tournent actuellement vers des pays voisins de la Chine, plus intéressant au niveau des profits, comme le Vietnam ou la Thaïlande.

Le salaire annuel d’un travailleur chinois se situe entre 4500 et 5500 dollars, à peu près deux fois supérieur à celui d’un ouvrier indien, et un tiers supérieur à celui d’un travailleur Thaï.

Les industriels japonais sont actuellement les plus gros investisseurs sur le sol thaïlandais, en particulier en ce qui concerne l’automobile, representée par des constructeurs tels que Mitsubishi, Nissan, Isuzu ou Toyota.

Ford a investi 1 milliard de dollars dans l'expansion de sa production en Chine l'année dernière et a déménagé son siège régional de Bangkok à Shanghai pour se concentrer sur le marché chinois.

Nissan a lancé la construction de sa nouvelle voiture « March » en mars dernier dans une usine près de Bangkok et a investi plus de cinq milliards de bahts. Nissan Motor Thailand (NMT) a annoncé que la nouvelle Nissan March sera le premier modèle mis en vente sous la rubrique «éco-car Thaïlande”, créé pour encourager le développement de véhicules économes en énergie.

Toyota a actuellement trois usines en Thaïlande qui produisent 550 000 voitures à l’année. Le constructeur envisage d’étendre son activité pour la construction d’un nouveau modèle de voiture en 2013.

Le président de Mitsubishi a annoncé le 5 juillet dernier qu’une troisième usine allait bientôt voir le jour en Thaïlande afin de commencer la construction d’une nouvelle voiture en 2012. Le groupe japonais compte investir plus de 15 milliards de bahts.

Le gouvernement thaïlandais offre des réductions d’impôts aux constructeurs de voitures « eco » afin de faire oublier les tristes évènements de Bangkok et de consolider les liens avec les investisseurs japonais qui, pour certains, doutent de la stabilité économique et politique de la Thaïlande.

Le projet gouvernemental éco-car a été officiellement lancé le 15 juin 2007 et est assorti d’un paquet de mesures fiscales, comme l’exemption de droits de douanes sur les machines et équipements, des exonérations d’impôts sur les sociétés pendant huit ans, la réduction tarifaire sur les matières importées à 90% pendant deux ans et la réduction des droits d’accises à 17%.

En contrepartie, les constructeurs doivent produire au moins 100 000 unités par an à l’issue de la cinquième année d’exploitation. Les véhicules obéiront aux critères de la norme EURO 4 (une consommation n’excédant pas 5L/100km, rejet de CO2 inférieur à 120gm/km, respect des normes de sécurité UNECE 94 et 95).

Melaine Brou

Redaction Bangkok

Par Redaction Bangkok

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.

1 réponse sur « Les constructeurs automobiles japonais délaissent la Chine pour la Thaïlande »

Vision un peu simpliste.

Les constructeurs ont investi en Chine pour vendre sur le marché chinois. Ils investissent en Thailande et au Vietnam pour la même raison.

En thailande et au vietnam ces constructeurs se confronteront à d’autres problèmes…
Les JV en thailande le gouvernement, et la criminialité au Vietnam et le manque d’infrastructure.

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