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En Thaïlande le piège de la dette n’est pas que chinois

La dette des ménages a atteint 78,6% du PIB en 2018 soit le troisième niveau le plus élevé en Asie après la Corée du Sud et Taiwan

Le soi-disant «piège de la dette chinoise» a fait l’objet de nombreux commentaires dans les médias, mais le plus grand piège de la dette en Thaïlande est en réalité d’origine locale.

Les Thaïlandais aiment bien acheter à crédit, un peu trop même, puisqu’un grand nombre d’entre eux sont endettés auprès de plusieurs banques en même temps pour des prêts à la consommation.

Une étude récente de la Banque de Thaïlande (BOT) a révélé que le niveau de la dette des ménages thaïlandais reste en moyenne très élevée, soit 78,6% du PIB, le troisième plus élevé des pays asiatiques.

Autre caractéristique de la dette des ménages en Thaïlande : elle concerne un grand nombre de foyers « multi-emprunteurs » qui ont plusieurs comptes dans différentes banques et institutions financières : seul un cinquième des prêts ont été accordés à de nouveaux emprunteurs cette année.


La croissance de la dette en 2018, avec un ratio d’endettement des ménages de 78,6% par rapport au PIB, classe la Thaïlande parmi les trois pays d’Asie avec l’endettement des ménages le plus élevé.

Ce niveau de dette interne a une incidence directe sur l’expansion économique globale : les ménages endettés ont tendance à réduire la demande intérieure car leur capacité à participer à consommer se trouve réduite par le poids des remboursements.

En valeur moyenne par ménage, la dette des ménages a atteint son niveau le plus élevé en 11 ans, entretenue par un coût de la vie plus élevé et un accès plus facile au crédit.

C’est ce que démontre la dernière enquête de la Chambre de commerce thaïlandaise (UTCC) auprès de 1 200 personnes dont le revenu est de 15 000 bahts par mois ou moins.

158 855 bahts par ménage

L’enquête a estimé que la dette moyenne par ménage était de 158 855 bahts, soit le niveau le plus élevé en 11 ans, en hausse de près de 15% par rapport à 2018.

Environ 86% des répondants ont déclaré ne pas avoir d’économies sous forme d’épargne, tandis qu’une autre enquête de la Banque de Thaïlande (BoT) démontre que l’étude de la plupart des demandes de prêt cette année ont été soumises par des emprunteurs existants.

Des foyers « multi-emprunteurs »

Seul un cinquième des prêts ont été accordés à de nouveaux emprunteurs en 2018. La plupart d’entre eux étaient des prêts-auto ou moto, des prêts à l’habitation, et des prêts pour financer des projets personnels.

Il a été constaté que de nombreux emprunteurs avaient plusieurs comptes auprès de différentes institutions financières, en particulier des prêts non garantis dont la qualité de crédit se détériorait.

80,3% des répondants de ce type ont fait défaut sur leurs échéances au moins une fois au cours des 12 derniers mois.

«Environ 80,3% des répondants ont échoué dans le remboursement de leur dette sur les 12 mois parce qu’ils ont dépensé plus que ce qu’ils ont gagné. Ils souhaitent que le salaire minimum quotidien augmente parallèlement à la hausse des coûts des services publics, des frais de déplacement et des prix des denrées alimentaires. » a comment Thanavath Phonvichai, vice-président des recherches de la Chambre de commerce thaïlandaise (UTCC)

Olivier Languepin

Par Olivier Languepin

Journaliste basé à Bangkok depuis 2006. Rédacteur en chef de thailande-fr.com.

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