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Vous reprendrez bien un petit ver ?

Les entreprises thaïlandaises qui élèvent des insectes pour la consommation humaine pourront exporter leurs produits vers l’Union européenne (UE) à partir de 2018

Une nouvelle législation européenne permettra la vente d’insectes destinés à la consommation humaine à partir de 2018.

Une aubaine pour la Thaïlande qui compte plus de 20.000 producteurs locaux.

Certains pays comme la Belgique, les Pays-Bas et le Danemark ont déjà approuvé de manière indépendante la vente de ces produits à la consommation.

Les entreprises thaïlandaises qui élèvent des insectes pour la consommation humaine pourront donc exporter leurs produits vers l’Union européenne (UE) à partir de 2018.

Actuellement les produits fabriqués à partir de ces invertébrés sont vendus sous forme de snack, comme les grillons frits, ou transformée comme la farine de cricket.

La Thaïlande, qui compte parmi les plus grands consommateurs mondiaux d’insectes, compte aussi quelque 20000 fermes d’insectes.

On en trouve un peu partout sur les marchés en Thaïlande, généralement frits, les insectes sont un snack particulièrement apprécié des Thaïs.

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Les insectes sont un snack particulièrement apprécié des Thaïs. Photo : Catherine Vanesse

Le ver à soie thaï est un produit traditionnel qui est maintenant commercialisé à l’échelle mondiale.

Ce ver est considéré comme un produit commercialement valable, pas seulement parce qu’il produit des quantités considérables de soie, mais aussi parce que ses chrysalides – considérées comme un mets de choix en Chine, au Japon, en Thaïlande et au Viet Nam – ont une forte teneur en protéines.

Environ 137000 familles élèvent des vers à soie en Thaïlande, contribuant à 80 pour cent de la production totale de vers à soie du pays et aux revenus de ménages ruraux pauvres dans tout le pays.

Manger des insectes, c’est bon pour la planète

Chaque année, environ 70 millions de personnes sont ajoutées à la population mondiale.

Si la croissance se poursuit à ce rythme, d’ici 2050 la population mondiale devrait atteindre le chiffre exorbitant de 9 milliards. Pour nourrir toutes ces bouches affamées, nous aurons besoin de produire presque deux fois plus de nourriture que nous le faisons actuellement.

Mais ce ne sera pas possible dans les conditions actuelles : nous utilisons déjà 70% des terres agricoles pour élever du bétail, les océans sont surexploités, et les changements climatiques menacent la production végétale.

Les insectes représentent plus de la moitié des espèces du monde animal avec plus d’1 million d’espèces dont 1900 seraient comestibles selon la FAO (Food and Agriculture Organization).

Les chenilles font partie des groupes d’insectes comestibles les plus diversifiés au monde. Ce ne sont pas seulement des sources précieuses de protéines et de micronutriments, elles contribuent significativement aux moyens de subsistance des populations dans de nombreuses régions du monde.

Parmi les plus réputées, on trouve le «witchetty grub» consommée en Australie et la chenille foreuse du bambou, Omphisa fuscidentalis, qui est très appréciée en Thaïlande et en République démocratique populaire lao.

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L’élevage d’insectes nécessite moins d’espace, moins d’eau, moins de nourriture, il génère moins de polluants et de déchets que l’élevage traditionnel. A titre de comparaison 2 kg d’aliments sont nécessaires pour produire 1 kg d’insectes tandis qu’il faut 10 kg de nourriture pour produire 1 kg de viande de bovins.

Pareil du côté des émissions de gaz à effet de serre, 1 kg de vers de farine produit 10 à 100 fois moins de gaz que de produire un kilo de viande de porc.

Les insectes les plus consommés au niveau mondial sont les scarabées (coléoptères, 31 pour cent), les chenilles (lépidoptères, 18 pour cent), les abeilles, guêpes et fourmis (hyménoptères, 14 pour cent).

Ensuite, ce sont les sauterelles, criquets et grillons (orthoptères, 13 pour cent), les cigales, cicadelles, cochenilles et punaises (hémiptères, 10 pour cent), les termites (isoptères, 3 pour cent), les libellules (odonates, 3 pour cent), les mouches (diptères, 2 pour cent) et des insectes appartenant à d’autres ordres (5 pour cent).

Plats du jour : grillons et chenilles

Le meilleur exemple d’élevage d’insectes pour la consommation humaine sous les tropiques est celui des grillons. En Thaïlande, deux espèces sont élevées: le grillon local (Gryllus bimaculatus) et le grillon domestique (Acheta domesticus).

Le grillon local est intéressant du point de vue économique, mais le goût et la qualité du grillon domestique sont généralement considérés supérieurs

Le grillon domestique (Acheta domesticus) est élevé et également communément consommé, en particulier en Thaïlande, où il est préféré aux autres espèces du fait de son corps tendre.

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Le grillon domestique (Acheta domesticus) est élevé et également communément consommé, en particulier en Thaïlande

Dans une étude réalisée en Thaïlande en 2002, 53 des 76 provinces avaient des fermes d’élevage de grillons (Yhoung-Aree et Viwatpanich, 2005). En 2012, il y avait 22000 éleveurs de grillons en Thaïlande.

En Thaïlande et en République démocratique populaire lao, la pâte pimentée à base de nèpes géantes (Lethocerus indicus) broyées et moulues, est très appréciée comme ingrédient principal (appelée localement «jaew maeng da» en République démocratique populaire lao et «nam phick» en Thaïlande).

Bangkok, insectes frits à toute heure

Patpong, un des quartiers chauds de Bangkok, la nuit : les panneaux publicitaires clignotent et la musique marche à tue-tête dans les bars.

Les snacks de San Supathanakun ont beaucoup de succès : sur sa carriole, elle a déposé de petits bols en fer blanc remplis de sauterelles et de coléoptères frits, de salade de fourmis, de vers à soie blancs enfermés dans des sachets en plastique et de scorpions noirs bien croquants.

Redaction Bangkok

Par Redaction Bangkok

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.

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