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France – Thaïlande : une rencontre sous le signe des affaires

Les relations entre la France et la Thaïlande bénéficient en ce moment d’un nouvel élan : la visite du Premier ministre français à Bangkok fait suite à celle de Yingluck Shinawatra à Paris au mois de juillet 2012, et elle intervient à un moment particulièrement opportun..

Les relations entre la France et la Thaïlande bénéficient en ce moment d’un nouvel élan : la visite du Premier ministre français à Bangkok fait suite à celle de Yingluck Shinawatra à Paris au mois de juillet 2012, et elle intervient à un moment particulièrement opportun.

Le gouvernement thaïlandais a en effet annoncé le mois dernier un programme d’investissement de 2,2 trillions de bahts (environ 55 milliards d’euros) sur sept ans pour rénover le système de transport du pays, avec une augmentation massive des services de transport ferroviaire notamment dans la région de Bangkok. La Thaïlande se trouve aussi dans une position favorable pour aborder la transition vers l’AEC en 2015, la communauté économique de l’Asean qui réunira dans un marché unique de dix pays et 600 millions d’habitants.

Jean-Marc Ayrault au Forum d’affaires franco-thaïlandais organisé le 5 février à Bangkok

Au cours d’un forum d’affaires qui s’est déroulé mardi dans un grand hôtel de Bangkok, M. Jean-Marc Ayrault a déclaré:

L’importante délégation d’entreprises françaises qui nous accompagne est la marque de notre intérêt pour la Thaïlande. La coopération entre nos deux pays est déjà engagée depuis plusieurs années, nos relations sont historiques et nous devons les faire vivre et les intensifier. Les entreprises françaises vont répondre présent aux ambitieux appels d’offre du ministère des transports.

La visite du Premier Ministre, la première d’un responsable français de haut niveau depuis la visite de Jacques Chirac en 2006, est  placée sous le signe de l’économie, des investissements et du commerce extérieur. La France est le quatrième investisseur de l’Union Européenne en Thaïlande derrière le Royaume-Uni, l’Allemagne et les Pays Bas avec plus de 400 entreprises dans le royaume employant plus de 70000 personnes. Le montant des flux d’investissements thaïlandais vers l’Europe a aussi quintuplé en 5 ans.

Les investissements thaïlandais en France sont aussi les bienvenus, comme cette entreprise qui vient d’investir dans une papeterie dans l’Eure. La France est un pays qui offre aux investisseurs étrangers un environnement juridique clair, stable et non discriminatoire. La France est aussi au cœur d’un vaste marché de 500 millions d’habitants.

a précisé M. Ayrault dans son allocution, en présence du ministre thaïlandais des Finances, Kittirat Na-Ranong.

L’accord de libre échange (FTA) entre la Thaïlande et l’UE a été approuvé par le parlement, et nous pensons pouvoir conclure les négociations d’ici quelques mois. Cet accord va permettre de renforcer encore les relations commerciales entre la France et la Thaïlande, et notre politique d’augmentation du salaire minimum est un facteur qui encouragera l’augmentation de notre demande intérieure dans le futur.

Notre taux de chômage est faible et notre taux de croissance autour de 5%,  avec une politique budgétaire et un endettement sous contrôle : nous abordons donc les défis de l’AEC avec une position saine.

a déclaré M.Kittirat, ajoutant que les entreprises françaises faisaient partie des quatre ou cinq grands groupes qui seront considérés pour la modernisation des infrastructures de transport ferroviaire.

Un débat a ensuite réuni des hommes d’affaires français présents en Thaïlande, dans des entreprises françaises et thaïlandaises, au sujet des perspectives offertes par l’AEC à l’horizon 2015 et sur les raisons qui justifient d’investir en Thaïlande.

La constitution d’un marché unique de plus de 500 millions d’habitants est une opportunité fantastique pour notre groupe (Thaibev)  et à mon avis pour toutes les entreprises thaïlandaises. La Thaïlande se trouve dans une position très avantageuse, au centre de l’AEC.

a commenté Jean Lebreton, vice président de Thaibev, une des principales entreprises thaïlandaises dans le domaine des boissons et de l’agro-alimentaire.

Jean Marie Pithon, PDG de Dextra, et François Corbin vice président de Michelin ont répondu à une question sur les raisons qui ont motivé leur présence en Thaïlande

En Thaïlande nous produisons un peu moins cher qu’en Chine, donc l’image de la Chine comme atelier bon marché du monde de correspond plus tout à fait à la réalité. La Thaïlande offre aussi l’avantage d’un FTA avec la Chine et l’Inde : concrètement cela signifie que nous importons l’acier nécessaire à notre production de Chine, et nous revendons le produit fini en Inde sans payer de droits de douane.

François Corbin, Michelin

Notre implantation en Thaïlande se justifie pleinement à la lumière de l’évolution économique récente, car notre stratégie est de produire au plus près de nos marchés. Il suffit de sortir dans les rues de Bangkok pour le constater : nous assistons à l’émergence d’une classe moyenne nouvelle avec un niveau d’exigence qui augmente en terme de sécurité et d ‘environnement.

Or le pneu a un impact très important sur la consommation des véhicules.. Cette présence n’est pas contradictoire avec le maintien de nos effectifs en France : au contraire, nous allons chercher la croissance là où elle se trouve, et cela nous donne une position financière solide qui bénéficie à l’ensemble du groupe.

Michelin est actuellement le premier employeur français en Thaïlande avec cinq usines qui emploient 7000 personnes, et un centre d’étude et de développement pour l’Asie du Sud-Est installé en Thaïlande

Par Olivier Languepin

Journaliste basé à Bangkok depuis 2006. Rédacteur en chef de thailande-fr.com.