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Thaïlande: lourde facture à payer après une semaine de violences

L’Etat d’urgence instauré à Bangkok et les violents affrontements entre l’armée et les manifestants, qui ont fait deux morts et plus d’une centaine de blessés, vont nuire aux investissements étrangers, au tourisme et globalement à la croissance du royaume en 2009. II faudra tabler sur une « contraction du PIB plus forte » que les 3% annoncés, ont déclaré en cœur des experts de l’Université de la Chambre de Commerce thaïlandaise (UTCC) et le ministre des Finances, Korn Chatikavanij.

L’Etat d’urgence instauré à Bangkok et les violents affrontements entre l’armée et les manifestants, qui ont fait deux morts et plus d’une centaine de blessés, vont nuire aux investissements étrangers, au tourisme et globalement à la croissance du royaume en 2009.

Il faudra tabler sur une « contraction du PIB plus forte » que les 3% annoncés, ont déclaré en cœur des experts de l’Université de la Chambre de Commerce thaïlandaise (UTCC) et le ministre des Finances, Korn Chatikavanij. Ils évoquent maintenant 5%.

Rien qu’après l’annulation du sommet de l’Asean samedi à Pattaya, l’UTCC évoquait une contraction du PIB de 4 à 5% cette année. Une réunion entre industriels de différents secteurs doit se tenir à Bangkok pour évaluer l’ampleur des dégats.

Les images des violents affrontements dans la capitale thaïlandaise n’encouragent pas le retour des touristesLes images des violentes manifestations de lundi dans la capitale thaïlandaise n’encouragent pas le retour des touristes.

Pour les grands centres commerciaux du centre de la capitale, comme Siam Paragon et Central World, la facture des violents incidents de dimanche et lundi à Bangkok est très lourde. Ils ont du se résigner à fermer leurs portes pendant près de trois jours, au tout début de la période des soldes.

La semaine du nouvel an est habituellement considérée comme leur pic de fréquentation, avec 250.000 visiteurs par jour contre 120.000 à 150.000 habituellement. Siam Paragon estime avoir perdu quelque 40 millions de bahts par jour de fermeture (près de 870.000 euros).

L’industrie du tourisme, qui représente 7% du PIB thaïlandais, est aussi particulièrement touchée. Elle commençait à peine à se remettre de l’impact de l’occupation en décembre des aéroports internationaux de Bangkok par les « jaunes » de l’Alliance du peuple pour la démocratie et comptait sur le festival de l’eau du nouvel an thaïlandais pour se refaire une santé.

Même Kao San Road, lieu favori des backpackers, a connu une importante chute de fréquentation: le taux d’occupation des hôtels est passé de 95% à 20% dès vendredi.

Les touristes ont notamment eu peur de ne pas pouvoir repartir si l’aéroport était de nouveau bloqué. Depuis, difficile de ramener la confiance, alors que 19 pays ont déconseillé à leurs ressortissants de se rendre en Thaïlande par mesure de sécurité.

A Pattaya, l’annulation du sommet de l’Asean en raison des manifestations de « chemises rouges » a eu « le même effet que la fermeture des aéroports en décembre  en termes de pertes », assure Kongkit Hiranyakij, president du Conseil du Tourisme thaïlandais.

Cette nouvelle crise pourrait couper les revenus du secteur touristique de 30% selon l’UTCC. Le Cabinet du Premier ministre avance le chiffre de “100 milliards de pertes minimum”. De nouveaux licenciements seraient inévitables :

« Nous pourrions perdre jusqu’à 200.000 emplois cette année si la situation ne s’améliore pas », a déclaré à l’AFP le président de l’Association des agents de voyage thaïlandais, Apichart Sankary.

Pour le président de l’Association des hôteliers de Thaïlande, Prakit Chinamornpong, le Premier ministre doit lever rapidement l’état d’urgence et prendre des mesures importantes pour stimuler le tourisme avant le début de la haute saison, en octobre. Il conseille notamment à Abhisit Vejjajiva d’encourager les Chinois, les Japonais et les Coréens du Sud à visiter le royaume

La principale urgence est de mettre un terme à l’instabilité politique. C’est la première préoccupation des entrepreneurs du royaume, bien avant la crise économique montre un sondage de l’UTCC. Alors que le calme est enfin revenu à Bangkok, de nombreux entrepreneurs et analystes appellent à la réconciliation nationale. Un nouveau conflit cette pourrait cette fois être fatal à la timide reprise prévue début 2010.

Marie Normand