Catégories
Économie Edito

L’élection de François Hollande, une opportunité pour l’Europe

La victoire de François Hollande offre une nouvelle chance à l’Union européenne. Elle devrait sonner le glas d’une politique exclusivement tournée vers l’austérité, conduisant à la paralysie de nos économies et à la division de l’Union européenne. L’engagement du nouveau Président français en faveur d’une politique de croissance européenne est porteur d’espoir pour les citoyens. Il répond également aux inquiétudes des marchés financiers face au risque de récession.

Rarement élection nationale aura été suivie d’aussi près par tout notre continent. Rarement une alternance politique dans un État membre de l’Union européenne aura suscité autant d’attentes. Les Européens ont pris conscience de l’imbrication de leurs destins : un nouveau demos européen et une nouvelle sphère publique européenne émergent de la crise. Les défaillances d’un seul pays peuvent menacer l’ensemble de l’économie européenne, fragilisant ainsi les fruits de 60 ans d’intégration : paix, solidarité, prospérité. Cet acquis n’est pas immuable, et seule une coopération entre les 27 partenaires européens apportera des solutions.

La victoire de François Hollande offre une nouvelle chance à l’Union européenne. Elle devrait sonner le glas d’une politique exclusivement tournée vers l’austérité, conduisant à la paralysie de nos économies et à la division de l’Union européenne. L’engagement du nouveau Président français en faveur d’une politique de croissance européenne est porteur d’espoir pour les citoyens. Il répond également aux inquiétudes des marchés financiers face au risque de récession.

Resultats des elections 2012, sur France2
L'engagement du nouveau Président français en faveur d'une politique de croissance européenne est porteur d'espoir pour les citoyens.

Les propositions de François Hollande ne peuvent être que favorablement accueillies par le Parlement européen qui a toujours associé responsabilité budgétaire et investissements au service de la croissance et de l’emploi. Je constate que ce message est enfin entendu par toutes les familles politiques et qu’on parle aujourd’hui d’un pacte pour la croissance.

Pour répondre à l’ampleur et à l’urgence des défis actuels, ce pacte doit être ambitieux dans ses objectifs et son financement, mais surtout contraignant.

Relancer la croissance ne consiste pas à faire marcher la planche à billets.

Sérieux budgétaire et réformes structurelles sont indispensables, il en va de notre responsabilité pour les générations futures. De même, il faut continuer à combattre l’irresponsabilité et la cupidité de certains acteurs financiers.

Mais ces efforts de rigueur et de régulation sont voués à l’échec sans politique ambitieuse de relance. Elle devra être financée à partir de nouveaux instruments communs : une taxe sur les transactions financières, la création d’emprunts obligataires conjoints destinés à des projets d’investissements, la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale.

De même, la Banque européenne d’investissement (BEI) devrait avoir les moyens de multiplier des investissements ciblés, par exemple en faveur de grands projets d’infrastructures, transports, énergie, nouvelles technologies. Pour cela, la BEI a besoin de ressources sensiblement accrues..À plus long terme, nous devrions envisager l’idée des euro-obligations.

Il est également essentiel de faire un usage plus efficace et plus intelligent des fonds structurels de l’UE, qui doivent être orientés vers l’innovation. Par rapport à nos partenaires commerciaux, nos dépenses en matière de recherche et de développement se situent à un niveau très préoccupant.

La Banque centrale européenne a mis à disposition des banques des prêts à un taux favorable. Ces prêts doivent bénéficier aux petites et moyennes entreprises qui sont le poumon de l’économie européenne.

 Si nous voulons vraiment relancer la croissance, il nous faut mobiliser tous les moyens nécessaires.

Le budget est le principal outil d’investissement de l’Union europénne. Il permet de financer, dans les secteurs des transports et de l’énergie, des liaisons paneuropéennes d’importance capitale. Il contribue à promouvoir l’innovation, la recherche et le développement. Le budget de l’UE exerce un effet de levier et permet de réaliser des économies d’échelle. Enfin, les traités européns interdisent à ce budget d’être déficitaire. Ce n’est donc pas lui qui creuse la dette.

Durant les négociations sur la programmation des dépenses à long terme de l’Union pour la période 2014 2020, les États membres ne doivent pas réduire sans discernement le budget de l’UE pour en retirer, à court terme, des gains populistes irréfléchis. D’âpres négociations sont à prévoir : si une réorientation de la politique agricole commune (PAC) ne peut pas rester un sujet tabou, la politique de cohésion ne doit pas être la variable d’ajustement du budget communautaire.

Notre responsabilité est double : mettre la croissance sur les rails, certes, mais aussi répondre immédiatement au drame humain qui frappe notre jeunesse.

Le chômage dans la zone euro a atteint un taux de 10,9%. En Espagne, le taux de chômage des jeunes dépasse les 50%. Partout, les jeunes sont les premiers à payer le tribu de la crise.

Nous ne pouvons sacrifier une génération. Cela déchirerait le tissu social et affecterait la stabilité de l’Europe. Il nous faut un plan d’urgence immédiat

Il n’est pas trop tard, l’Europe peut encore sortir plus forte des difficultés qu’elle traverse. Le manque de solidarité, d’imagination et de courage font d’un projet visionnaire, l’Europe, un symbole de division. L’Europe n’est pas irréversible, nous devons nous battre pour qu’elle réenchante nos concitoyens. Les dirigeants doivent faire preuve de responsabilité, d’esprit d’initiative et, surtout, d’unité. Ils trouveront au Parlement européen un partenaire vigilant.

L’élection de François Hollande nous offre une opportunité précieuse de relever ce défi.

Martin Schulz est Président du Parlement européen.

Copyright: Project Syndicate, 2012.

2 réponses sur « L’élection de François Hollande, une opportunité pour l’Europe »

Le choix du commentateur n’est pas innocent. Martin Schulz est un socialiste convaincu. il eut été étonnant qu’il fasse une mauvaise critique sur Hollande.
C’est dommage que Thailande.fr ne reste pas apolitique!

Concernant Hollande, l’avenir nous le dira. Je doute qu’il puisse mettre sa politique en oeuvre et j’aimerais bien savoir combien il va nous coûter.

Déjà, il va faire rentrer environ trois millions d’immigrés, qu’il fera français, de façon à étoffer le nombre de votants PS.

Songez à toutes ses allocations, frais de santé que ces immigrés vont nous coûter à cause du « regroupement familliale ». Au détriment de l’éducation, par exemple.

Laisser un commentaire