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Le retour des investisseurs en Thaïlande ?

Après une période d’hésitation et même parfois de renoncement à cause des incertitudes qui ont suivis le coup d’Etat, les investisseurs étrangers semblent reprendre de le chemin de la Thaïlande.

Après une période d’hésitation et même parfois de renoncement à cause des incertitudes qui ont suivis le coup d’Etat, les investisseurs étrangers semblent reprendre de le chemin de la Thaïlande.

Dans un premier temps, le coup d’Etat n’avait pas semblé avoir d’influence directe sur les IDE (Investissement direct étranger) mais, en décembre 2006, puis en janvier dernier, les autorités ont imposé des mesures restrictives en matière de mouvements de capitaux. Il a ainsi été décidé que les investissements étrangers et les emprunts en devises devraient s’accompagner d’un dépôt non rémunéré, correspondant à 30 % du montant. Si les capitaux sortent du pays avant qu’un an se soit écoulé, un tiers de ce dépôt est conservé, soit 10 % de la somme investie initialement.

La Bourse avait réagi à cette nouvelle par une baisse de près de 15 %, les autorités ont choisi, dès le lendemain, d’exclure les investissements boursiers du champ d’application de la nouvelle règlementation, mais la mesure prise en décembre n’a pas été levée à ce jour, des craintes subsistant de voir de nouveau le bath s’apprécier par rapport au dollar.

Aujourd’hui les investisseurs étrangers semblent plutot optimistes, à l’instar de Ford qui prévoit l’ouverture d’une nouvelle usine en Thailande

Ford et son affilié japonais Mazda annoncent qu’ils vont construire en Thaïlande une nouvelle usine de 500 millions de dollars (356 millions d’euros), pouvant produire jusqu’à 100.000 véhicules par an.

Cette unité va être construite à côté d’une usine existante de pick-ups des deux partenaires, dans la province de Rayong, dans le sud-est du pays. Elle va produire des petits monospaces Mazda2/Demio et une petite voiture, dont le nom n’a pas été précisé, pour Ford, précisent les deux groupes dans un communiqué.

La production de cette nouvelle usine doit commencer en 2009 et porter la capacité d’AutoAlliance, la coentreprise thaïlandaise à parité des deux constructeurs, à 275.000 unités par an, contre 175.000 actuellement, selon le communiqué.

Cependant l’instauration d’un contrôle des changes et la redéfinition des conditions de participation des investisseurs étrangers dans les entreprises nationales ont suscité la perplexité, d’autant que certains membres du gouvernement avaient repris le mot d’ordre d’”économie suffisante”, lancé par le roi en 1999. Certains observateurs pensent que la Thaïlande pourrait aller jusqu’à revenir sur son ouverture internationale.

Pour le moment, on est toujours sans nouvelle précises de la nouvelle loi sur l’actionnariat des investisseurs étrangers dans les entreprises relevant de secteurs stratégiques. La règlementation qui prévalait précédemment a été fréquemment contournée par des compagnies étrangères, auxquelles il arrivait d’obtenir des participations majoritaires en ayant recours à des nominees (prête noms) thaïlandais.

Les soupçons pesant sur la transaction réalisée par Shin Corp ont attiré l’attention sur ce problème, de sorte que le gouvernement intérimaire, qui cherche à nourrir son argumentaire contre Thaksin, ne pouvait pas éviter de s’y confronter. La règlementation a donc été revue dans un sens plus restrictif : la détention d’actifs stratégiques par des investisseurs étrangers sera désormais définie en considérant non seulement les actions détenues, comme précédemment, mais aussi le pourcentage de voix en assemblée générale.

Le gouvernement provisoire a témoigné d’une certaine maladresse en annonçant dans un premier temps que les télécommunications serait concerné, mais le ministre des Finances a annoncé dès le lendemain qu’il devait en réalité en être exclu.

Bref beaucoup d’incertitudes planent encore sur le statut des investisseurs étrangers en Thailande, et ils seraient nombreux à se détourner du royaume pour se tourner vers le Vietnam, réputé plus stable. Singulier paradoxe qui verrait un pays communiste rafler la mise des capitalistes étrangers au nez et à la barbe de la Thailande, longtemps décrite comme un rempart de stabilité contre l’expansion communiste en Asie du sud-est.

Olivier Languepin

Par Olivier Languepin

Journaliste basé à Bangkok depuis 2006. Rédacteur en chef de thailande-fr.com.

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