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A la découverte des temples indiens de Bangkok

Le mélange de l’hindouisme et du bouddhisme est intrinsèque en Thaïlande, toute la mythologie du Royaume reposant sur une alliance de ces deux systèmes religieux, bien que le pays suive officiellement la ligne du bouddhisme Theravada.

Les liens de la Thaïlande avec l’hindouisme sont millénaires suite à l’indianisation de l’Asie du Sud-est et la domination successive de ces contrées par les civilisations dvâravatî, khmer puis thaï.

D’après le recensement national de 2005, il y aurait ainsi 52 000 Thaïlandais se déclarant adhérer principalement à la religion hindoue.

On retrouve aujourd’hui cet héritage dans les ruines de somptueux temples dédiés à des dieux hindous tel Phanom Rung à Buriram et Sdok Kok Thom à Aranyaprathet, tous deux construits en l’honneur de Shiva, ou encore le Prang Khaek en plein centre de Lopburi.

Au-delà des centaines de petits sanctuaires représentant des divinités telles Ganesh ou Shiva, c’est donc tout naturellement qu’on trouve une dizaine de temples hindous à Bangkok et ailleurs dans le Royaume – par exemple le charmant Devi Mandir à Chiang Mai.

La plupart sont assidûment fréquentés par la communauté d’origine indienne, mais aussi par des Thaïlandais bouddhistes venant prier pour conjurer le sort.

Le temple Dhevatsathan, à côté du Wat Suthat, est l’emblème de l’importance de l’hindouisme dans le pays.

Ce lieu de culte est en quelque sorte le centre de commande des autres temples hindous du Royaume, bien qu’il soit l’un des seuls fréquentés avant tout par des Thaïlandais bouddhistes.

Le festival Navarati et le temple Wat Khaek

A Bangkok, la foi hindoue se manifeste chaque année au mois d’octobre lors du festival Navarati.

Le dernier soir, plusieurs milliers de fidèles se regroupent le long de Sathorn et Silom Road, attendant patiemment le passage du défilé près des sanctuaires éphémères qu’ils ont érigés.

Le char de Mariamman pendant Navarati
Le char de Mariamman pendant Navarati

Après plusieurs chars illuminés présentant plusieurs divinités, le clou du spectacle intervient avec l’arrivée de la déesse tamoule Mariamman, des milliers de noix de coco ayant été brisées avant son passage pour purifier le sol.

L’imposant cortège effectue une boucle depuis le temple Wat Khaek, dont Mariamman est la divinité tutélaire. Fondé au 19ème siècle par un immigrant tamil dans un style architectural dravidien, ce temple hindou est le plus célèbre de la capitale, mais peut-être pas le plus impressionnant…

Les temples pour Shiva

Temple récent (10 ans) situé dans le soi 71 de l’avenue Ramintra, au nord de Bangkok, le temple de Shiva est le plus étonnant de la ville.

Shiva_Ramintra
Le temple dédié à Shiva situé dans le soi 71 de l’avenue Ramintra, au nord de Bangkok

Il abrite en effet une immense représentation de Shiva tapissée de feuilles d’or et un magnifique pavillon regroupant des centaines d’effigies hindoues et… bouddhistes.

Ce temple accueillant aussi bien des locaux que des touristes indiens est un exemple parfait du syncrétisme thaïlandais: il est entretenu par des nonnes bouddhistes alors que des gurus et prêtres hindous viennent y officier des cérémonies ou y résider quelques temps.

Près de la station BTS de Saphan Kwaï, un autre temple étrange associé à Shiva (Wat Prasiva Jao วัดพระศิวะเจ้า), officiellement bouddhiste mais sans Bouddha, regroupe dans un joli parc plusieurs divinités hindoues.

La divinité Kali au Wat Prasiva jao à Saphan Kwaï
La divinité Kali au Wat Prasiva jao à Saphan Kwaï

On peut également y consulter des conseillères pour votre Karma, entendez des diseuses de bonnes aventures.

Les autres temples hindous de Bangkok

La capitale thaïlandaise compte plusieurs temples purement hindous, à commencer par le Wat Witsanu (วัดวิษณุ), près de Sathorn Road, Witsanu étant la traduction thaïe de Vishnu.

L’hindouisme étant un système religieux si complexe que d’un temple à l’autre, les croyances peuvent fortement différer, surtout en dehors de l’Inde où chaque temple tend à regrouper des croyants issus de la même région linguistique – la constitution indienne reconnaissant 24 langues.

Ainsi, juste derrière le Wat Witsanu se trouve un autre temple, sans liens direct avec son voisin, abritant le mouvement Arya Samaj.

Ce groupe fait partie d’une secte réformiste anti-caste qui entend accorder moins d’importance à l’idolâtrie des divinités et plus d’importance à l’éducation, notamment des femmes.

D’autres temples sont surprenants tels le Hindu Samaj Dev Mandir (วัดเทพมณเฑียร), près de Wat Suthat, à l’intérieur de la seule école indienne de la capitale, mais ouverte à tous les écoliers quels que soient leur confession.

Les divinités du temple dans l'école 2
Dans l’immense salle des prières, les principales divinités du panthéon hindou – le Trimūrti – sont représentées.

On peut également visiter librement deux autres temples typiquement indiens: le Prem Prakash Sindhi Mandir, à Thong Lor soi 25 et le Durgan Mandir dans le soi 5 de l’avenue Somdej Chao Phraya, du côté Thonburi.

Il existe même un ashram, c’est-à-dire un ermitage, dans le soi 50 de Sukhumvit Road.

L’avantage incontestable des temples hindous sur les temples bouddhistes est que lorsqu’on s’y fait bénir, contre une petite offrande pécuniaire, le prêtre vous dessine non seulement un tilak, la fameuse ligne de couleur sur le front, mais il vous donne aussi un petit souvenir.

Par exemple, au Wat Khaek sur Silom Road, on vous offre une carte porte bonheur de la déesse Mariamman. Dans d’autres endroits, ce sera une friandise et un thé s’il n’y a pas foule, voire une banane comme au temple Witsanu.

Sikhisme et Jaïnisme, les autres religions indiennes

Le titre de cet article fait référence aux temples indiens pour la bonne raison qu’il n’y a pas que l’hindouisme et le bouddhisme présents à Bangkok, d’autres religions originaires d’Inde ont également leurs lieux de culte, à commencer par le sikhisme, religion forte de 25 millions de pratiquants dans le monde.

Les tirthankara du temple Jaïn. La religion en compte 24
Les tirthankara du temple Jaïn. La religion en compte 24

Leur lieu de culte, appelé Gurdwara, se trouve près de Chinatown, dans le quartier de Prahurat.

Immense édifice qui synthétise la réussite économique et l’intégration à la société thaïe des sikhs, ce magnifique temple comprend une cuisine communautaire, une petite clinique ouverte à tous et surtout une salle des prières grandiose où le livre sacré, le Guru Granth Sahib, est placé sur un trône surélevé.

L’air de rien, la Thaïlande compte près d’une vingtaine de Gurdwara à travers le Royaume, dans des endroits aussi divers que Phuket, Pattaya, Khon Kaen, Chiang Mai et Yala.

Fort d’une petite communauté de quelques centaines de membres, les jaïns ont ouvert leur premier lieu de culte à Bangkok il y a quelques années, important par la même occasion une représentation de Mahavira, un tirthankara, c’est-à-dire un guide omniscient ayant atteint l’Eveil.

Minorité religieuse où qu’elle se trouve avec seulement 10 millions d’adeptes, les préceptes du jaïnisme mettent en avant la non-violence sous toutes ses formes, la force mentale à travers le contrôle de soi et l’importance de l’éducation pour les laïques.

Les moines sont quant à eux soumis à un ascétisme strict, bien loin du dilettantisme des moines bouddhistes: en Inde, les moines du courant Digambara, à l’instar du célèbre Vidyasagar, sont constamment nus et n’ont strictement aucunes possessions, mise à part un petit balais de feuilles de paons, une gourde et les écritures, les Shastra.

Pour trouver ce petit temple jaïn, il faut se rendre dans le soi Phutta Osot, parallèle à l’avenue Surawong. Cette ruelle est l’une des plus cosmopolites de Bangkok, églises, mosquées, sanctuaires chinois et hindous se mélangeant joyeusement.

Lorsqu’on atteint cette rue, il faut identifier un temple hindou en l’honneur de Krishna et sa flûte. Le temple jaïn se trouve dans une petite maison juste en face, la porte d’entrée étant recouverte d’un svastika, symbole premier du jaïnisme.

Si vous souhaitez vous y rendre, merci de frapper avant d’entrer pour n’effrayer personne, le nombre de curieux ne dépassant pas les doigts d’une main chaque année.

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