Les récentes inondations, bien que dues également à des précipitations exceptionnelles, viennent de le rappeller: Bangkok figure sur la liste des grandes capitales qui auront à pâtir du réchauffement climatique dans les prochaines décennies.

Selon un rapport de l’OCDE publié en 2007, Bangkok figure aux cotés de Guangzhou (Canton), New York, Kolkata (Calcutta), Shanghai, Mumbai (Bombay), Tianjin, Tokyo, et Hong Kong parmi les villes les plus exposées aux conséquences des changements climatiques.

Co-rédigé par des experts issus des milieux universitaires et du secteur privé, ce rapport estime que le changement climatique et l’urbanisation pourraient entraîner un triplement du nombre de personnes exposées à des inondations côtières dans le monde d’ici 2070.

Sous la pression des inondations et des hautes marées, la fleuve Chao Praya qui traverse Bangkok s'est élevé jusqu'à 2,6 mètres au dessus du niveau de la mer

Il ressort de cette étude, intitulée Ranking port cities with high exposure and vulnerability to climate extremes, que 150 millions de personnes environ pourraient être exposées à des inondations côtières centennales d’ici à 2070, contre 40 millions actuellement. L’impact financier passerait quant à lui à 35 000 milliards de dollars d’ici 2070, au lieu de 3000 milliards aujourd’hui.

Bangkok: l’eau monte et la ville descend

A Bangkok, le problème risque de devenir critique du fait que la ville construite sur une zone marécageuse s’enfonce vers le bas, tandis que le niveau des océans monte sous l’effet des changements climatiques.

Bangkok est certes avant tout,victime des répercussions d’une mousson d’une intensité exceptionnelle, qui dépasse largement les moyens d’évacuation de l’eau mis en place par l’agglomération. Durant la mousson, il tombe habituellement près de 1280 mm, or cette année, les précipitations ont atteint 1604 mm, ce que les climatologues expliquent par la persistance inhabituelle de dépressions tropicales.

Mais les conséquences de ces pluies ont été aggravées par un développement urbain sauvage, qui a conduit l’ancienne « Venise de l’Asie » à bétonner ses canaux, d’où l’accumulation d’importantes quantités d’eau bloquées en amont de la capitale qui attendent toujours de pouvoir s’évacuer vers la mer.

Un mode de vie très gourmand en Co2

Un autre rapport intitulé  « Bangkok : Rapport d’évaluation sur les changements climatiques 2009», souligne la forte intensité des émissions de carbone des habitant de Bangkok, et la menace qui plane sur Bangkok en raison de la hausse des mers provoquée par le réchauffement de la planète. Autrement dit Bangkok pourrait être touchée directement par les conséquences de son mode vie, très gourmand en énergie. Embouteillages monstres, et climatisation sans restriction, pourraient valoir un bain de pied d’eau salée aux bangkokiens, dont la sensibilité aux problèmes d’environnement est plutôt modeste.

« Par habitant, Bangkok a été responsable de la production de 7,1 tonnes de dioxyde de carbone (CO2) par an en 2007»

estime le rapport de l’Administration métropolitaine de Bangkok (BMA) et de  la Green Leaf Foundation, avec le soutien du Programme de l’Organisation des Nations Unies pour l’environnement . Soit le même niveau d’émissions produites par les New-Yorkais en 2007, tandis que les Londoniens ont  produit 5,9 tonnes par habitant.

La moitié de la ville serait touchée par une hausse de 50cm de la mer

La partie basse de Bangkok située près de l’embouchure du fleuve Chao Phraya  est déjà exposées aux inondations.  À l’avenir, plus de jours avec des températures au-dessus de 35 degrés Celsius (95 degrés Fahrenheit) sont attendus, avec une progression des cas de paludisme et d’autres maladies tropicales, affirme le rapport.

« Les impacts des émissions de gaz à effet de serre et les changements climatiques qui en résultent  sont susceptibles d’avoir de  graves conséquences sur Bangkok»

estime le rapport.

Un peu plus de la moitié de la ville seront touchés par les inondations si le niveau moyen de la mer devait augmenter de 50 centimètres (20 pouces), et 72% de la ville seront touchés si la moyenne du niveau de la mer devait augmenter d’ un mètre.

La réponse du gouvernement thaïlandais: achetez plus de voitures…

Quoique très bien documentées, les études scientifiques sur le réchauffement climatique n’ont pas entraîné de conséquences politiques concrètes dans la plupart des pays, même ceux directement menacés comme la Thaïlande. Au contraire, le gouvernement a récemment annoncé une mesure fiscale pour encourager les habitants de Bangkok à acheter une voiture…

Le ministre de l’industrie Wannarat Charnnukul a le mois dernier une aide gouvernementale à l’achat d’une première voiture consistant en un remboursement de taxes à hauteur de 100.000 baths (environ 2400 euros). Une somme assez conséquente en Thailande ou le salaire moyen tourne souvent aux alentours de 10000 à 12000 baht par mois.

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