Trois sœurs laotiennes, Nhia Vue, 12 ans, Mai Ker Vue, 14 ans, et Xiong Vue, 16 ans, ont « disparu » depuis le 5 décembre 2005. Elles se trouvaient parmi les 27 personnes de l’ethnie Hmong qui avaient été expulsées par les autorités thaïlandaises vers le Laos, après avoir été arrêtées pour être entrées illégalement en Thaïlande.

Trois sœurs laotiennes, Nhia Vue, 12 ans, Mai Ker Vue, 14 ans, et Xiong Vue, 16 ans, ont « disparu » depuis le 5 décembre 2005. Elles se trouvaient parmi les 27 personnes de l’ethnie Hmong (22 d’entre elles étaient des enfants) qui avaient été expulsées par les autorités thaïlandaises vers le Laos, après avoir été arrêtées pour être entrées illégalement en Thaïlande.

Jusqu’à leur arrestation, elles avaient vécu avec leur famille dans un camp de réfugiés dans le village de Huay Nam Khao, où environ 6 000 Hmong du Laos cherchent à échapper à des persécutions de la part des autorités laotiennes.

Lee Vang et son mari Chao Vue ont vu leurs trois filles pour la dernière fois lorsque des leaders de l’église les avaient enrôlées pour participer à une chorale en vue des célébrations du Nouvel an Hmong et de Noël. La famille composée de neuf personnes était arrivée au camp après s’être échappée de la jungle laotienne où elle se cachait des troupes du gouvernement laotien. « Nous avons dû fuir lorsque les soldats laotiens ont commencé à nous tuer et à nous empoisonner » a dit Chao Vue à Amnesty International.

Toujours dans le camp de réfugiés thaïlandais, ils n’ont toujours pas eu de contact avec leurs enfants depuis le jour de leur arrestation, ni avec les autorités de chaque côté de la frontière Laos/ThaÏlande. On sait peu de choses sur ce qui est arrivé aux 27 personnes depuis qu’elles ont été déportées. Les autorités laotiennes n’ont pas donné de confirmation sur leur lieu de séjour et nient toute responsabilité : elles prétendent les rechercher par préoccupation humanitaire…

Des rapports indiquent que les filles se trouvent dans une prison en dehors de la ville de Paksen dans la province de Bolikhamsay, et que les garçons et les jeunes hommes ont d’abord été détenus à Vientiane puis transférés à Phongsaly dans le nord lointain. Les conditions de détention y seraient très dures. On pense que certains parmi les déportés ont été maltraités, certains pourraient avoir été torturés.

Lee Vang dit que la famille n’a pas de parents dans la grande société laotienne, seulement dans la jungle. Ainsi personne ne peut même essayer de visiter la prison pour tenter de découvrir si les enfants sont là , ou leur fournir de la nourriture et autres nécessités de base.

Contexte :

Les laotiens de la minorité ethnique Hmong ont commencé à chercher le statut de réfugiés en Thaïlande en 2004, et ils sont maintenant 6 500 à vivre dans la province de Petchabun. Les autorités thaïlandaises les considèrent comme des immigrés illégaux, alors que le gouvernement laotien a exprimé des doutes quant à leur citoyenneté laotienne.

Les Hmong prétendent avoir dû faire face à des persécutions parce qu’ils sont en relation avec d’anciens groupes armés rebelles. Certains groupes rebelles Hmong, qui ont combattu avec les Américains durant la guerre du Vietnam et durant les combats de retombées au Laos, ont maintenu la résistance à l’actuel régime laotien depuis que celui-ci est venu au pouvoir en 1975. On pense qu’à peu près un tiers de la minorité Hmong a fui à l’étranger à ce moment-là.

Un nombre inconnu de Hmong et d’autres minorités est resté dans la jungle, y compris des femmes, des enfants et des personnes âgées pour se cacher des militaires laotiens. Très peu, croit-on, ont continué la résistance armée à l’égard du gouvernement laotien : la plupart ne sont pas impliqués dans la lutte. Ceux qui vivent dans la jungle mènent un combat quotidien pour survivre. En 2005, le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale a émis des préoccupations au sujet de la violence à l’encontre de la minorité Hmong, y compris les enfants.

Le laos et la Thaîlande sont parties à la Convention des Nations unies pour les droits de l’enfant qui déclare « qu’aucun enfant ne sera séparé de son ou de ses parents contre sa volonté excepté lorsque des autorités compétentes sujettes à un contrôle judiciaire déterminent, en accord avec la loi et les procédures applicables, qu’une telle séparation est nécessaire pour l’intérêt supérieur de l’enfant ». La convention dit aussi qu’aucun enfant ne sera privé de liberté illégalement ou arbitrairement.

source : http://www.amnestyinternational.be/doc/article9851.html

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