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La police thaïlandaise arrête le leader d’un groupe antimonarchiste

La police thaïlandaise a annoncé avoir démantelé un réseau antimonarchiste qui aurait publié des documents jugés diffamatoires pour la famille royale.

La police thaïlandaise a annoncé avoir démantelé un réseau antimonarchiste qui aurait publié des documents jugés diffamatoires pour la famille royale.

Hassadin Uraipraiwan, alias “Banpodj”, chef présumé d’un groupe antimonarchiste opérant sous le nom de “Banpodj Network”, était en cavale depuis environ deux semaines. La police avait offert une récompense de 200.000 bahts (5.400 euros) pour sa capture.

L’homme a finalement été interpellé dans un hôtel du centre de Bangkok dans la nuit de lundi. Il est depuis son arrestation inculpé pour crime de lèse-majesté, et a été placé en détention dans une base militaire.

“Hassadin est le cerveau de ce gang, mais nous n’avons trouvé aucun lien avec d’autres groupes”,

a déclaré aux journalistes le Lieutenant Général Prawut Thavornsiri, porte-parole de la police thaïlandaise.

Selon le Bangkok Post , il aurait été transféré au 11e régiment d’infanterie pour subir un interrogatoire.

Les médias locaux ont déclaré que Hassadin était affilié aux “Chemises Rouges”, mouvement fidèle à l’ex Premier ministre Yingluck Shinawatra, démise de ses fonctions peu de temps avant le coup d’état de mai dernier, et actuellement interdite de séjour à l’étranger en attente de son procès pour corruption.

Un faux bulletin de santé sur le roi

La police a inculpé la semaine dernière un autre membre des “Chemises rouges” pour avoir diffusé un faux bulletin de santé concernant le roi, qui à été largement relayé sur les réseaux sociaux.

Le mouvement est également suspecté d’avoir commis l’attaque à la bombe devant un centre commercial de Bangkok au début du mois.

En réponse, le leader des “Chemises Rouges” a accusé la junte d’essayer de provoquer un “affrontement” avec le mouvement “en les désignant comme responsables”.

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Photo : page Facebook de l’UDD, principal groupe politique pro Thaksin en Thaïlande

Le groupe – qui agit sous la coupe du “Front uni de la démocratie contre la dictature” (UDD) – constituait une force politique importante ces dernières années.

La page Facebook de l’UDD, qui compte plus de 200.000 abonnés, se décrit comme un espace où “Le masque tombe” pour montrer la face cachée de l’élite et de la haute société thaïlandaise.

Six personnes faisant parties du réseau avaient déjà été arrêtées ce mois-ci, mais jusqu’à lundi soir, Hassadin avait réussi à échapper à la police.

L’article 112 du code pénal

Le simple fait de répéter les détails des accusations de lèse-majesté est considéré comme enfreindre l’article 112 du code pénal, qui stipule que toute personne reconnue coupable d’avoir insulté le roi, la reine, le prince héritier ou le régent risquent jusqu’à 15 ans de prison pour chaque chef d’accusation.

Les associations de défense des droits de l’homme dénoncent une forte augmentation des accusations et condamnations en vertu de la loi contre le crime de lèse-majesté depuis que l’armée a pris le pouvoir, et de nombreux observateurs ajoutent que cette loi cible avant tout les opposants du pouvoir.