Dix ans après la catastrophe aérienne de Phuket, la justice française tente de relancer les investigations en délivrant un mandat d’arrêt international visant Udom Tantiprasongchai l’ex-président de la compagnie aérienne One-Two-Go.

Le 16 septembre 2007 le vol de la compagnie thaïlandaise à bas coûts One-Two-Go en provenance de Bangkok s’écrasait à l’atterrissage, avec à son bord 130 passagers et membres d’équipage : 90 personnes sont tuées dont 9 Français.

Cinq ans plus tard, le ministère de la Justice thaïlandais concluait à une faute imputable aux deux pilotes, ajoutant que leur décès dans l’accident mettait fin à la procédure.

Le pilote Arief Mulyadi, 57 ans, totalisait 16 752 heures de vol, dont 4 330 sur ce type d’appareil. Il n’avait pas mangé parce qu’il faisait le ramadan, et il volait au-dessus des seuils maximum d’heures1. Il n’avait pas eu le moindre repos depuis 10 jours, et avait près de 70 heures de temps de vol sur ces dix derniers jours.

Autre pièce au dossier, le témoignage d’un ancien pilote de la compagnie recueilli par la justice française :

«Lorsque je suis arrivé avec X au briefing, j’ai été étonné de constater qu’une enveloppe d’argent de 150 dollars nous attendait pour chacun. On m’a expliqué que c’était pour accepter de dépasser les heures limites de vol. C’était normal d’accepter, c’était une politique chez Orient Thai.»

Des contrôles de sécurité trop laxistes

Au début des années 2000, la politique d’ouverture du ciel a autorisé la création d’un grand nombre de compagnies à bas coût en Thaïlande. Aujourd’hui des questions se posent : le jeu d’hommes politiques influents et des règles laxistes ont-ils conduit à un (trop) faible contrôle de l’aviation civile sur les nouveaux opérateurs ?

En 2005, un article du Bangkok Post attribuait les problèmes de Phuket Air et d’autres compagnies à une application laxiste de la réglementation par le ministère des Transports et la Direction de l’aviation civile. Selon cette enquête, environ 60 % du travail des inspections annuelles d’avions est fondé sur des documents envoyés par les compagnies, et non sur une vérification directe des appareils, expliquait le quotidien.

La politique de Thaksin a permis à des opérateurs privés d’opérer sur certaines destinations dont la compagnie nationale Thai Airways avait le monopole jusqu’alors. Une libéralisation du ciel thaïlandais dont les voyageurs ont été les premiers bénéficiaires par le biais d’une baisse des prix spectaculaire.

Le PDG de la compagnie Orient Thai Airlines, Udom Tantiprasongchai, avait ainsi sauté sur l’occasion, créant en 2003 One-Two-Go pour assurer plusieurs liaisons intérieures, notamment vers des destinations touristiques comme Phuket.

12 compagnies aériennes thaïlandaises suspendues pour des raisons de sécurité

En apparence les contrôles sont devenue plus stricts aujourd’hui puisque le 5 septembre 2017, 12 compagnies aériennes enregistrées en Thaïlande ont suspendu leurs vols internationaux dans l’attente d’une nouvelle inspection de l’Organisation de l’aviation civile internationale.

Les 12 compagnies aériennes thaïlandaises qui n’ont pas obtenu de résultats suffisants aux évaluations réglementaires menées par l’Autorité de l’aviation civile de Thaïlande (CAAT) ont été obligées de suspendre immédiatement leur service pour les vols internationaux.

Mais les mêmes compagnies sont toujours autorisées à opérer des vols domestiques…

Parmi les compagnies aériennes qui n’ont pas réussi à passer les test de sécurité définis par les normes internationales on trouve trois transporteurs nationaux à faible coût tels que  Thai VietJet Air, Siam Air Transport et Orient Thai Airlines la compagnie qui opérait il y a dix ans sous le nom de One-Two-Go.

 

 

 

 

 

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