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Le train de Surat Thani à Petchaburi : 11 heures à bord du pas Darjeeling Limited

Le train était pour moi un incontournable du voyage en Thaïlande. Le mythe des vieux wagons traversant d’incroyables paysages dans une ambiance décalée et typique, tout pour plaire.

Le train était pour moi un incontournable du voyage en Asie. Le mythe des vieux wagons traversant d’incroyables paysages dans une ambiance décalée et typique, tout pour plaire.

Je ne parle pas du Eastern et Oriental Express, je n’aime pas le thé et je voulais voyager avec les locaux, les poules et les sacs de riz, surement un peu cliché. Je m’attendais à un voyage à la Wes Anderson en un peu moins luxueux et un peu moins indien. (Cf À Bord du Darjeeling Limited).

Je devais rejoindre Petchaburi en partant de Surat Thani dans le sud de la Thaïlande, soit environ 518 kilomètres d’après Google Maps.

Le train partait à 19h30 et je devais descendre dans les environs de 5h30 du matin avait précisé l’homme au guichet.

Un billet de seconde classe 100% thaï

Il me restait à choisir entre les couchettes à 950 baht et les billets « 2nde classe » à 250 baht. Étant téméraire et fauchée, j’ai choisi la 2ème option : vivre l’expérience à 100% comme une thaï et non une touriste.

Je passe au 7eleven faire le plein de malbouffe pour me préparer au grand voyage et attend sagement sur le quai dans la zone de mon wagon. Deux policiers viennent me parler pour savoir ce que je fabrique ici, parce que quand même, ce n’est pas normal.

L’un des deux me filme, je fais des grimaces. Je suis devenue l’attraction de ma propre expérience. Le train arrive, je saute dans mon wagon et promis, je ne critiquerai plus jamais le RER B, ni aucun autre d’ailleurs.

Pas de poules en vue, pourtant l’odeur est infâme. Un gros monsieur dors à ma place, ça n’a pas l’air de vraiment compter ici. J’en trouve une autre avec un siège vide à côté, je vais pouvoir « m’allonger ».

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En passant devant la porte des toilettes entre ouverte je regrette de ne pas plus souvent écouter les conseils de ma mère.

L’ensemble dégage une délicate fragrance qui évoque davantage les cabinets turcs de la gare routière de Calcutta, que l’afternoon tea du compartiment Pullman de l’Orient Express.

Il fait nuit noire, donc pas de beaux paysages en vue. Tout le monde me regarde à nouveau, c’est vrai que je fais un peu tache.

J’accroche mon sac à dos au dessus en essayant de trouver un quelconque système anti-vol et m’endors sur mon sac de courses, l’appareil photo autour du coup. Les fenêtres sont ouvertes, rafraîchissant un peu le wagon et aérant un peu aussi.

Compartiment fumeur

Les trois premières heures sont longues, je suis fatiguée mais impossible de dormir. Vers minuit, je vais fumer à l’arrière du wagon, il n’y a pas vraiment de sécurité mais c’est plutôt sympa, j’ai l’impression d’être dans un film, les TGV n’ont pas l’option petite terrasse au bout du train.

Personne ne parle anglais, alors on communique avec les gestes, on ne se comprend pas toujours.

Encore 5h. Je met 3 réveils pour être sure de ne pas rater mon arrêt sinon c’est retour à Bangkok et la fin du voyage. Plusieurs dames passent vendre de la nourriture, le wagon empeste et les toilettes sont encore plus impraticables qu’auparavant.

Impossible de dormir

Vers 3h, le train marque un nouvel arrêt, quelqu’un s’assoit à côté de moi, s’il était difficile de dormir avant, là ça devient impossible. Les autres passagers ont prévu des couvertures et des oreillers.

Je n’ai pensé qu’à l’eau et aux bonbons. Il commence à faire frais. Il est 5h20 et on approche, je repère une cantine ouverte à 500 mètres de la gare et je meurs de faim.

Pas grand monde descend, tout le monde continue jusqu’à la capitale, à encore 4h d’ici. Je récupère mon sac, évidemment rien n’a été volé, mais en bonne touriste je suis toujours un peu parano dans la crainte qu’on vole mon sac avec 4 tee-shirt sales et 5 paires de chaussettes.

Je fais un signe à mes amis du bout du train et cours manger, contente de mon expérience mais aussi de sa fin.