Ces derniers mois en Thaïlande, et plus particulièrement dans les provinces du Nord, la pollution a atteint des niveaux alarmants.

La persistance du phénomène sur une longue durée et ses conséquences sanitaires sur la population démontrent la nécessité de solutions concrètes sur le long terme.

Un phénomène présent depuis des années

L’Organisation Mondiale de la Santé identifie les particules PM2.5 et PM10 comme les plus nocives pour la santé.

En Thaïlande, leurs taux de concentration atteignent des niveaux très supérieurs (entre 300 et 500 et même au delà dans la ville de Chiang Mai) aux seuils de sécurité recommandés par le pays (de 50 microgrammes/m3) et par l’OMS (25 microgrammes/m3) .

Un indice de pollution à plus de 500 dans la ville de Chiang Mai, capitale du nord de la Thaïlande.

D’autres substances nocives s’ajoutent à la liste telles que le monoxyde et  le dioxyde de carbone.

Les crises environnementales et sanitaires liées à la pollution de l’air en Thaïlande sont  loin d’être récentes.

“ En 2007, un pic de pollution à Chiang Mai a entraîné la fermeture pendant plusieurs semaines des écoles et personne n’en a parlé” témoigne Olivier Evrard, représentant de l’institut français de recherche pour le développement durable.

Aujourd’hui, la situation est davantage médiatisée. La population a pris conscience du problème et des conséquences nocives de la pollution sur la santé.

Des causes économiques

“A la racine du problème il y a des causes économiques. Les populations pauvres dans le nord de Thaïlande  ont recours au brûlage parce qu’elles n’ont pas d’autres choix, d’un point de vue économique.

Olivier Evrard

Cela peut être pour entretenir des cultures de maïs, ou pour ramasser des champignons sauvages : mais si on ne leur propose pas des solutions alternatives, ils vont continuer à le faire. » poursuit Olivier Evrard

Les émissions liées aux transports se placent comme premier facteur de pollution.

“ La circulation automobile et les transports sont parmi  les plus grandes sources de pollution à Bangkok. Beaucoup de vieux véhicules restent en circulation et les taxes sont trop faibles pour faire la différence” déclarent les Nations Unies pour l’environnement dans un rapport publié en février 2019.

Les industries utilisant le charbon comme source énergétique, la combustion de résidus agricoles, de déchets municipaux et les feux de forêt volontaires sont également des sources essentielles de la pollution atmosphérique.

Les réglementations existantes ne sont pas respectées et la répression contre les manquements reste faible.

Dans les zones rurales, les ménages utilisent encore souvent le bois et le charbon de bois comme combustibles pour la cuisine et le chauffage. Des combustibles qui contribuent aussi à pollution de l’air pas les particules PM2,5.

Le 2 avril dernier Chiang Mai a été classée comme la ville la plus polluée au monde avec un indice de pollution de 297

Des conséquences sanitaires importantes

L’Organisation Mondiale de la Santé estime à 162 000 le nombre de morts liés à la pollution de l’air dans lemonde. Les substances nocives diminuent drastiquement l’espérance de vie en Thaïlande, jusqu’à quatre années dans certaines régions les plus polluées.

Des études ont révélé que l’exposition de la population aux particules sur le long terme est responsable d’une mortalité prématurée.

La pollution engendre et aggrave des problèmes cardiaques, des maladies respiratoires chroniques ou encore des cancers du poumon provoquant des morts au sein de la population.

Manque de moyens

Face à l’ampleur et à la durée de la crise, le gouvernement semble désemparé et ne pas avoir les moyens de lutter contre les multiples causes de la pollution.

“Il peut y avoir des améliorations temporaires sur la croissance du niveau de pollution, mais le niveau de pollution actuel dans le nord est trop élevé pour être combattu par des mesures provisoires.”

Kakuko Nagatani Yoshida, coordonnateur régional pour la gestion des déchets et la qualité de l’air, Nations Unies pour l’environnement.

“Il y a aussi un manque de moyens : à Chiang Mai (la deuxième ville du pays) il n’y a que deux personnes chargées de la gestion des déchets…” selon  Kakuko Nagatani Yoshida

Les enfants plus vulnérables

Les enfants sont les plus vulnérables et peuvent être victimes de pneumonie entraînant la mort.

Le problème impacte également leur système immunitaire et leur système neurologique jusqu’à leur âge adulte. Les femmes sont majoritairement exposées lorsqu’elles cuisinent. La pollution peut aussi atteindre le fœtus chez les femmes enceintes.

4/5 (1 Review)

1 commentaire

  1. Une petite allusion à l’impact du développement de l’industrie agro-alimentaire n’aurait pas été superflue.

Laisser un commentaire