Installation solaire de Kyocera Thailande dans la région de Korat
Kyocera Corporation a annoncé la fourniture de environ un million de modules solaires équivalent à 204 mégawatts (MW) pour la Thaïlande, ce qui représente son plus grand projet d'énergie solaire, mis en œuvre par Solar Power Co., Ltd dans le cadre du projet, "fermes solaires" qui concerne 34 sites concentrés dans le nord de la Thaïlande.

Tandis que la Thaïlande fait face à une véritable catastrophe humaine et économique provoquée par de gigantesques inondations, le temps est peut être venu de s’interroger sur le modèle économique de croissance qui a permis son succès. Ce modèle est-il soutenable à long terme pour toute la région sans entraîner des catastrophes de plus en plus graves ?

Les experts de l’ONU estiment qu’une nouvelle révolution industrielle « verte » pour améliorer l’efficacité énergétique est nécessaire pour que les pays de la région Asie-pacifique prospèrent au 21ème siècle, selon un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) publié lundi.

Les résidents de la capitale thaïlandaise polluent beaucoup : ce n’est pas une surprise, mais en l’occurrence Bangkok produit autant de carbone par habitant que  New-York, et 18% de plus que Londres, selon une étude publiée par la ville de Bangkok et l’ONU. Autrement dit Bangkok pourrait être touchée directement par les conséquences de son mode vie, très gourmand en énergie. Embouteillages monstres, et climatisation sans restriction, pourraient valoir un bain de pied d’eau salée aux bangkokiens, dont la sensibilité aux problèmes d’environnement est plutôt modeste.

Une transition vers une économie verte est la clé de la prospérité

Les catastrophes naturelles auraient fait 30 millions de réfugiés climatiques en Asie et dans le Pacifique l’an dernier, rapporte de son coté la Banque asiatique de développement (BASD), pour qui le pire serait encore à venir. Avec la hausse du thermomètre mondial, les évènements météorologiques extrêmes devraient en effet continuer d’augmenter en fréquence et en intensité, en particulier dans cette zone du globe.

La consommation de ressources par personnes doit être réduite de 80% par rapport au niveau actuel pour permettre un développement durable.

Préparé par termes d’émissions de gaz à effet de serre, de perte de biodiversité, de détérioration des écosystèmes et de réduction rapide de ressources.

Selon le rapport intitulé « Efficacité énergétique, économie et perspectives pour l’Asie et le Pacifique », le total des matières consommées en 2005 (biomasse, combustibles fossiles, métaux et autres matériaux industriels et de construction) s’élève à quelques 32 milliards de tonnes.

Sans une action concertée, la consommation de ressources au niveau mondial pourrait tripler d’ici à 2050, d’après un précédent rapport du PNUE publié plus tôt cette année. Actuellement, région d’Asie-pacifique représente plus de la moitié de la consommation de ressources mondiale. Cela s’explique notamment par le fait que la région abrite plus de la moitié de la population du monde et qu’elle produit presque 30% du PIB mondial.

Installation solaire de Kyocera Thailande dans la région de Korat

Cependant, toujours selon ce rapport, la région Asie-pacifique recèle un potentiel énorme pour augmenter son efficacité énergétique et, se faisant, relancer sa croissance économique tout en générant de nouvelles industries de technologies propres, ce qui permettrait alors de réduire les pertes liées à la dégradation environnementale.

L’économie mondiale (excepté la région Asie-pacifique) a réussi à enregistrer des gains considérables en matière de consommation de ressources naturelles, alors qu’en Asie-Pacifique les gains d’efficacité sont restés immobiles depuis 1990.

Les défis et opportunités d’une transition vers une économie verte

De 1970 à 2005, l’utilisation des ressources est passée de 2,2 à 1,1 kilogrammes pour un dollar du PIB du reste du monde.

En Asie-pacifique, les améliorations sont restées inexistantes depuis 1990. En 2005, la région utilisait 3,1 kilogrammes de matériaux divers pour un dollar de son PIB, indique l’étude.

A ce propos, Mr. Achim Steiner, Secrétaire général adjoint et Directeur exécutif du PNUE, a déclaré

« Ces nouveaux résultats arrivent neuf mois avant la conférence « Rio+20 » où le monde va se remettre au travail pour mettre en oeuvre un programme de véritable transformation en matière de durabilité. Les changements remarquables qui ont eu lieu ces dernières décennies sont particulièrement visibles en Asie-Pacifique, où des progrès économiques époustouflants ont sorti plus d’un demi-milliard de personnes de la pauvreté. Mais cela a eu des conséquences sociales et environnementales considérables»

«Ce nouveau rapport met en lumière les défis mais aussi les opportunités pour effectuer une transition vers une économie verte, sobre en émission de carbone et en ressources naturelles, non pas en tant qu’alternative à un développement durable, mais en tant que moyen de le mettre en oeuvre»,

a-t-il ajouté.

« L’analyse, le modèle d’innovation et les scénarios présentés dans le rapport ouvrent une nouvelle voie que l’Asie-pacifique peut suivre dans la perspective de « Rio +20 » (l’année prochaine). Il s’agit d’un chemin qui maintient le dynamisme de la région tout en accélérant les investissements et les transformations dans les domaines de l’énergie renouvelable et de l’exploitation forestière responsable, » a expliqué Mr. Steiner.

Dans les décennies à venir, à moins que la tendance soit renversée, la région risque de devenir le plus grand consommateur de ressources au monde et d’être responsable des impacts environnementaux les plus importants; parmi lesquels on compte la raréfaction des ressources naturelles, la pollution et les changements climatiques. La vitesse et l’ampleur du développement des nouvelles infrastructures et de la capacité de production dans la région sont à la fois un défi et une opportunité pour l’innovation technologiques, conclut le rapport du PNUE.

Ce rapport sur la région Asie-pacifique fait partie d’une série intitulée «Efficacité énergétique, économie et perspectives pour l’Amérique latine », lancée dans la région en juillet (voir dans la section « Notes aux rédacteurs »). Ce travail a été possible grâce au soutien du gouvernement norvégien.

Pour en savoir plus:

Le rapport « Efficacité énergétique, économie et perspectives pour l’Asie et le Pacifique », est disponible à l’adresse suivante:  http://www.unep.org/ROAP

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