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La prostitution en Thaïlande: ancrage historique ou phénomène importé

Illégale depuis 1960, la prostitution est, en Thaïlande, une activité très largement répandue, même si le nombre de prostitué(e)s est l’objet d’une controverse.

Illégale depuis 1960, la prostitution est, en Thaïlande, une activité très largement répandue, même si le nombre de prostitué(e)s est l’objet d’une controverse.

Au milieu des années 1990, des ONG œuvrant pour la protection des enfants ont avancé des chiffres extrêmes: 2,5 ou même 2,8 millions de prostitué(e)s.

Le nombre exact importe finalement assez peu. Il suffit de noter que 200 000 ou 300 000 femmes prostituées, chiffres minimaux que l’on rencontre aujourd’hui, font de cette occupation un fait social de première importance.

Patpong bar Bangkok
la prostitution est, en Thaïlande, une activité très largement répandue, même si le nombre de prostitué(e)s est l’objet d’une controverse.

A titre de comparaison, la France, pays ayant à peu près le même nombre d’habitants, compterait seulement entre 15 000 et 18000 prostituées.

Certains auteurs voient d’abord dans la prostitution un phénomène culturel ( Arnaud, 1991: 160; Csaszar-Goutchkoff, 1995: 11 ).

D’autres notent que la prostitution est solidement enracinée dans la Thaïlande moderne en raison de facteurs d’ordre historiques, économiques et sociaux. Ainsi, W.P. Tuchrello explique que les femmes originaires des campagnes s’engagent dans cette forme d’entreprise et constituent un soutien financier important pour leurs familles, qui peuvent préserver leur réputation, dans la mesure où l’origine des gains n’est pas révélée ( Tuchrello, 1989:93 ).

Un phénomène ancien

La langue Thaïe n’a pas d’équivalent au mot prostitution. L’expression la plus ancienne pour désigner les prostituées est est celle de ying ( femme ) nakhon sopheni.

Elle ne semble pas particulièrement péjorative puisque nakhon a le sens de  » ville  » et sopheni est un mot sanskrit formé sur sopha,  » jolie fille « .

Certains auteurs aiment rappeler cette étymologie de  » jolie fille de la ville  » ,même si le mot sopheni, devenu le terme officiel pour désigner une prostituée, a fini par prendre un sens très négatif.

D’autres mots n’ont pas non plus – au départ – de connotation trop péjorative.

C’est le cas de ying khom khiao, les  » filles à la lanterne verte « , qui fait allusion aux lanternes que les propriétaires de maisons de prostitution devaient placer devant leurs établissements; c’est également le cas de khanikha , mot sanskrit qui désignait autrefois la femelle de l’éléphant.

Une expression très répandue encore aujourd’hui est celle de phuying ha kin, que l’on devrait traduire littéralement par  » femme cherchant à manger  » et qui semble l’équivalent de l’anglais working girl qui dans certains cas désigne aussi une prostituée.

D’autres termes renvoient seulement à une origine étrangère: yamcha serait un terme chinois emprunté par les Thaïlandais et kari serait le mot curry donné aux prostituées Thaïes par des occidentaux qui les comparaient à la cuisine indienne, jugée très  » piquante « .

D’autres expressions sont nettement plus désagréables.

La forme i Sampheng est composé d’un premier mot, aujourd’hui considéré comme une injure destinée aux femmes, et du nom du quartier chinois de Bangkok, qui semble être un mot khmer désignant la prostituée.

Composé également de ce très péjoratif i et d’un mot qui a le sens de  » corps  » et qui sert de classificateur pour des animaux et des objet, l’expression de i tua est particulièrement injurieuse.

Un des noms les plus navrants, celui de sanchon rok, qui n’est plus guère utilisé, a le sens de  » maladie ambulante « .

Ces noms montrent bien que le métier de prostituée est, en Thaïlande, au moins aussi dévalorisé que dans nos sociétés occidentales.

via Sopheni Siamoise.

Redaction Bangkok

Par Redaction Bangkok

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.

3 réponses sur « La prostitution en Thaïlande: ancrage historique ou phénomène importé »

Bonjour
Tout a fait d’accord!!
Et moi qui suis guide j’en ai assez d’entendre des gens me dire qu’ils n’ont meme pas oses dire a leurs proches qu’ils venaient en Thailande ,qui,a leurs yeux est un pays de debauche et de deprave!
Pire ,mes filles eurasiennes,en France n’osaient plus donner leur origine car « on leur sautait desuus immediatement »!!C’est scandaleux.
Des prostituees j’en vois plus dans les rues de la Cote d’Azur qu’en Thailande ( je suis Francaise par naissance et thaie par mariage)
Seulement pour les medias faire un papier salasse sur la Thailande attire beaucoup de lecteurs….

Dommage que l’article n’etudie pas l’ancrage historique, mais commente simplement les designations linguistiques???

Chargé d’une revue quotidienne des media européens,j’ai du mal à comprendre l’obsession des media français-ils sont les seuls au monde-à s’acharner sur le sujet de la prostitution en Thaïlande!
Toute activité humaine suppose un « intérêt »,qu’il soit financier,affectif,professionnel,religieux,etc!
La relation sexuelle n’échappe pas à cette loi!
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme stipule que chacun dispose de son corps librement!Donc,chers compatriotes,gardons nos refoulements et obsessions pour nous…et laissons les autres peuples du monde vivre comme ils l’entendent!La France,au bord de la faillite,devrait se concentrer sur ses propres problèmes!

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