Des chercheurs thaïlandais de l’Université Mahidol viennent de présenter un projet de lutte contre la dengue par la stérilisation des moustiques.

Ces insectes qui se nourrissent de sang sont des vecteurs de maladies, plus ou moins graves, comme la dengue, le paludisme ou le virus Zika.

Un échantillon d’une dizaine de milliers de moustiques (essentiellement des moustique tigres) seront exposés à des radiations afin de permettre leur stérilisation. Le but étant de faire chuter la population de moustiques pour réduire le risque de piqûre.

Originaire d’Asie, le moustique tigre a été détecté en 2007 au Gabon, où son arrivée a sans doute contribué à l’émergence de la dengue, du chikungunya et de Zika.

Pour se protéger contre les piqûres de moustiques, il faut utiliser des vêtements longs à la tombée du jour ET des répulsifs cutanés sur le parties non couvertes ET sur les vêtements, car les moustiques réussissent à piquer facilement à travers des tissus légers.

Dengue, chikungunya, zika : comment se protéger du moustique tigre

Les autorités sanitaires thaïlandaises s’alarment de la situation dans le royaume. Durant l’année 2015, 140 000 cas de dengues ont été recensés, dont 14 décès dus à la maladie.

Des efforts ont été accompli dans le traitement des eaux stagnantes, des répulsifs anti-moustiques sont utilisés afin de ralentir leur prolifération.

Mais ces mesures préventives se sont révélées insuffisantes pour enrayer la prolifération : depuis les six premiers mois de l’année 2016, 18 000 cas de dengues ont été recensés, avec 17 décès déjà provoqués par la maladie.

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De manière très isolée, le virus Zika sévit aussi sur le territoire Thaïlandais. Un jeune homme aurait contracté le virus mais serait déjà sorti de l’hôpital, les autorités n’ayant pas précisé plus d’information. Il n’y a jamais eu d’épidémie de virus Zika en Thaïlande, seuls quelques cas isolés sont recensés depuis 2012.

Une équipe de recherche de l’Université Mahidol vient de présenter un projet de lutte contre la dengue par la stérilisation des moustiques.

Une autre méthode consiste à injecter chez le moustique, au niveau microscopique, une bactérie appelée wolbachia. Cela rendrait le moustique résistant à la dengue et permettrait également la stérilisation.

Ce projet est financé par l’Université de Mahidol elle-même ainsi que par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique en Autriche et par le Centre de Recherches pour le Développement International au Canada.

Ces méthodes ne sont pas nouvelles et étaient déjà utilisées auparavant dans le monde. Cependant, la campagne menée par l’Université Mahidol est la première à utiliser les deux méthodes à la fois.

Devant la recrudescence de récentes épidémies, la firme de biotechnologie britannique Oxytec avait génétiquement modifié des moustiques afin de tuer leurs progénitures avant d’avoir atteint l’âge adulte.

Ces moustiques OGM ont été utilisé au Brésil contre l’épidémie de Zika. Sur la fin de l’année 2015, la firme britannique avait annoncé une baisse de 82% de la population des larves de moustique sauvage.

D’autres pays comme l’Australie, le Vietnam, l’Indonésie utilisent également ces moustiques génétiquement modifiés.

Lors de la 6ème journée de la dengue de l’ASEAN qui avait eu lieu le 14 juin 2016, ces moustiques traités ont été relâché.

Afin de ne pas corrompre les résultats de ce projet, ces moustiques ont été relâché dans le village isolé de Baan Nong Sathit, les locaux étant également mis au courant du projet. La distance avec d’autres voisinages permettra à l’équipe de recherche de récolter des résultats plus exactes par rapport à l’échantillon de moustique.

Les résultats seront analysés pour la mi-septembre 2016, si ces résultats sont prometteurs, c’est-à-dire une baisse considérable de la population de moustique, le projet sera reconduit dans toute la province. Le docteur Suwannachai du Ministère de la Santé Publique envisage même d’exporter ce projet dans le reste monde si ces résultats sont satisfaisant.

A la tête du projet le professeur Pattamaporn Kittayapong, rassure en précisant qu’il n’y a aucune crainte à avoir par rapport à d’éventuels effets indésirables sur l’écosystème, il rappelle également qu’aucune modification génétique n’est apportée au moustique.

Ces moustiques ne vivraient que quelques semaines après avoir été relâchés, ils n’auront pas non plus l’occasion de se reproduire. Le professeur Pattamaporn insiste surtout sur le bénéfice qu’apporterait ce projet pour l’homme.

Sources :

http://www.bangkokpost.com/lifestyle/family-and-health/1015833/fight-against-the-bite

http://www.sudouest.fr/2016/02/02/virus-zika-un-cas-declare-en-thailande-2261821-4803.php

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