Visiblement les parlementaires du Puea Thai ne sont pas très à l’aise dans le rôle de l’opposition. A aucun moment la coalition gouvernementale dirigée par le Parti Démocrate n’a été menacée par la motion de censure des partisans de l’ex premier ministre Thaksin. En Thaïlande,  et contrairement à la procédure en vigueur en France et dans beaucoup d’autres démocraties parlementaires, ce n’est pas le gouvernement dans son ensemble qui est visé par une motion de censure. Chaque membre du gouvernement (à commencer par le premier ministre en général) fait l’objet d’un vote de confiance, et  il est d’usage que les responsables visés par une motion démissionnent si celle-ci est adoptée.

L'opposition n'a pas été en mesure d'inquiéter le gouvernement thailandais
L'opposition n'a pas été en mesure d'inquiéter le gouvernement thailandais

Mais  cette perspective est apparue assez éloignée cer derniers jours, car la coalition dirigée par les démocrates dispose toujours d’une assez confortable majorité à la Chambre. Le vote de la motion de censure est intervenu après un  débat de deux jours lancé jeudi par les partis d’opposition  conduit par le Puea Thai .

L’opposition accuse le gouvernement d’avoir pris le pouvoir illégalement et d’avoir depuis mal dirigé le pays. M. Abhisit et d’autres membres du Parti Démocrate sont également accusés d’avoir dissimulé des dons illégaux au parti.

Parmi les membres du gouvernement particulièrement visé par l’opposition figure le très controversé  ministre des Affaires étrangères, Kasit Piromya, qui n’avait pas hésité à marquer son soutien aux manifestants anti-Thaksin au mois de décembre. L’occupation des aéroports de Bangkok par la PAD avait alors aboutit à la démission du gouvernement pro-Thaksin. Par la suite Kasit Piromya avait qualifié l’occupation des aéroports de « sanuk » (c’est à dire « fun » ou amusant) en ajoutant que « la nourriture était très bonne ».

Seulement 176 parlementaires ont soutenu la motion  de censure de l’opposition pro Thaksin  contre le Premier ministre alors que 246 s’y étaient  opposés.  Les cinq autres ministres visés par la motion de censure, le  ministre des finances Korn Chatikavanij, le ministre de  l’Intérieur Chaovarat Chanweerakul, le vice-ministre de  l’intérieur Boojong Wongtrairat, le vice -ministre des finances  Pradit Pataraprasit et le ministre des affaires étrangères Kasit  Piromya, ont également échappé à la destitution.

L’échec de la motion de censure au Parlement ne signifie pas pour autant la fin des problèmes pour le Premier Ministre Abhisit. Nous sommes en Thailande, et la suite du débat risque, une fois de plus, de se dérouler dans la rue. Les « chemise rouges » qui sont le véritable bras armé du Puea Thai ont en effet appelé à un rassemblement massif jeudi prochain dans le centre de Bangkok.

  • Angelo Michel

    Le « problème » pour cette opposition, c’est qu’elle n’a aucun programme politique … excepté le retour de Thaksin !