Abhisit than Shwe
Le Premier ministre thailandais en visite en Birmanie rencontre le general Than Shwe (State Peace and Development Council de l'Union du Myanmar - SPDC). Photo : Photographer attached to the Prime Minister of the Kingdom of Thailand : Peerapat Wimolrungkarat / พีรพัฒน์ วิมลรังครัตน์

Le chef de la junte, Than Shwe, pourrait avoir du mal à tenir des troupes très affectées par le mouvement des moines bouddhistes

Certains généraux auraient été ébranlés par la rébellion des bonzes et s’efforceraient de parvenir à un compromis. La plupart des soldats étant des bouddhistes pratiquants, la violence contre les moines est une attitude difficile à accepter.

Les militaires ont été choqués par la décision des moines de refuser les aumônes des soldats ces derniers jours, assurent d’autres spécialistes. Les dons faits aux bonzes sont, pour les bouddhistes, un moyen d’acquérir des mérites.

Si les manifestants réussissent à maintenir la pression pendant au moins quelques jours, il est possible que le moral de l’armée s’effrite. Than Shwe ne prendra peut-être pas le risque de voir l’armée abandonner la junte, et il est par conséquent probable que le pouvoir frappe le plus tôt possible avec une violence dévastatrice. La question se posera alors de savoir si les dirigeants peuvent rester unis.

En termes d’échanges, c’est la Thaïlande qui reste le principal partenaire du pays, avec près de 2,65 milliards de dollars d’achats, principalement de gaz.

Il est incontestable que la junte a commis une succession de graves erreurs de calcul, depuis la multiplication par cinq du prix de l’essence jusqu’à l’envoi de gros bras pour passer à tabac tant les manifestants que les badauds après le début du mouvement le 18 août.

Mais l’erreur la plus lourde a été le recours aux armes le 5 septembre dans la ville monastique de Pakokku, près de Mandalay, incident qui a fait descendre les moines dans la rue.

Le Conseil de Sécurité des Nations unies a appelé la junte birmane à la « retenue ». Mais les intérêts économiques de la Chine, la Thaïlande et l’Inde sont tels que ces pays sont les seuls à pouvoir réellement peser sur la situation.

Beaucoup plus que de nouvelles sanctions économiques imposées par les Etats-Unis ou l’Union européenne, c’est l’inquiétude des voisins du Myanmar pour leurs énormes intérêts économiques qui peuvent d’influencer la situation dans le pays. C’est ce qu’affirment des observateurs régionaux. La Chine, l’Inde et la Thaïlande ont tous trois intérêt à tenter d’éviter l’escalade dans la répression des manifestations.

La Chine ne tient pas à ce qu’un bain de sang se produise à ses frontières. L’Inde rêve de mettre la main sur le gaz birman afin d’alimenter le développement de ses Etats du Nord. Quant à la Thaïlande, elle a besoin du gaz birman pour faire tourner ses centrales électriques.

En termes d’échanges, c’est la Thaïlande qui reste le principal partenaire du pays, avec près de 2,65 milliards de dollars d’achats, principalement de gaz. Il faut y ajouter le projet de construction d’un immense barrage hydroélectrique dans l’Etat karen, près de la frontière thaïlandaise, d’un montant de 1 milliard de dollars, projet auquel la Chine participe également.

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