Catégories
Médias

Un journaliste australien emprisonné en Thaïlande

La famille royale n’est pas un sujet sur lequel il est recommandé de s’étendre trop longuement ou trop précisement en Thaïlande : l’écrivain australien Harry Nicolaides vient de faire les frais d’une législation très sévère en la matière. Il a été arreté à l’aéroport de Bangkok le 31 août 2008, alors qu’il était en partance pour l’Australie. Il est accusé de crime de lèse-majesté en raison de la publication d’un livre en 2005, intitulé Verisimilitude, dans lequel il critique le gouvernement thaïlandais. Il est actuellement détenu à Bangkok.

Selon Reporters sans frontières “La législation thaïe sur le crime de lèse-majesté fait partie des plus sévères au monde. Elle empiète régulièrement sur le principe de la liberté d’expression. Harry Nicolaides connaît les limites de la critique en Thaïlande. Son livre n’a jamais eu pour but de tenir des propos menaçants ou diffamatoires envers la famille royale. Nous demandons aux autorités d’abandonner les charges à son encontre et de le libérer“

En mars, la police thaïe avait déjà émis un mandat d’arrêt à l’encontre de Harry Nicolaides pour le même motif en raison de la publication de son roman, Verisimilitude, en 2005. En juin 2005, le site Internet Phuket info, auquel il contribuait régulièrement, écrivait au sujet de son ouvrage : “Il s’agit d’une critique grinçante de la vie politique et sociale dans la Thaïlande actuelle.“

Le crime de lèse-majesté est défini par l’article 112 du code pénal en vertu duquel “quiconque tient des propos diffamatoires, insultants ou qui menacent le roi, la reine ou le régent est passible de trois à quinze ans de prison“.

Harry Nicolaides, 41 ans, orginaire de Melbourne, est professeur à l’université de Mae Fah Luang à Chiang Rai (nord du pays). Il a vécu en Thaïlande de 2003 à 2005. Durant cette période, il publiait une tribune hebdomadaire sur le site Phuketinfo.com. Reporters sans frontières a pu rencontrer l’auteur australien Harry Nicolaides, détenu à la prison centrale de Bangkok. Lors de l’entretien, l’auteur a confié que son ouvrage n’avait été tiré qu’à 50 exemplaires. Seuls sept exemplaires ont été vendus. “Sur 300 pages, seules trois lignes concernent le prince, qui n’est pas cité par son nom. Je dis qu’il avait déjà été marié et que son ex-femme a dû quitter la Thaïlande. Je croyais qu’il n’y avait aucun problème, car j’avais communiqué mon texte à la Bibliothèque nationale et j’ai obtenu un ISBN (International standard book number – numéro international de publication qui permet d’être commercialisé dans le monde entier) “, a-t-il déclaré.

Un renforcement de la censure sur Internet

De plus, un tribunal thaïlandais a ordonné la fermeture de quelque 400 sites web, dont 344 pour “insulte envers la Couronne” – et a ordonné aux fournisseurs d’accès à Internet du pays de bloquer plus de 1200 sites en vertu de l’article 20 du Computer Crime Act, selon lequel “si des infractions ont lieu en raison de la diffusion de données électroniques suceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale, une personne compétente, mandatée par le ministère, peut demander à restreindre ces données devant un tribunal”.

Selon le ministère, 1 896 sites Internet sont officiellement bloqués dans le royaume, dont 26 pour “lèse-majesté”. Par ailleurs, depuis le 24 août, les fournisseurs d’accès à Internet et les propriétaires de cybercafés doivent conserver les données de leurs clients pendant 90 jours. Chaque client de cybercafé doit également présenter sa carte d’identité pour utiliser un ordinateur.

Par Redaction Bangkok

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.