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La Thaïlande épinglée par les ONG

Mauvais timing pour le royaume: deux ONG ont rendu public coup sur coup des rapports critiquant sévèrement l’action du gouvernement et de l’armée dans le domaine des droits de l’homme et de la liberté d’expression. L’ONG américaine Human Rights Watch dans un nouveau rapport intitulé « La Thaïlande plongée dans le chaos : Manifestations des Chemises rouges et répression gouvernementale en 2010 »

Mauvais timing pour le royaume: deux ONG ont rendu public coup sur coup des rapports critiquant sévèrement l’action du gouvernement et de l’armée dans le domaine des droits de l’homme et de la liberté d’expression.

L’ONG américaine Human Rights Watch dans un nouveau rapport publié le 2 mai estime que le gouvernement thaïlandais devrait ouvrir une enquête impartiale et transparente, et faire en sorte que les auteurs de crimes parmi les forces de sécurité gouvernementales et les manifestants répondent de leurs actes.

« Les forces gouvernementales ont tiré sur des manifestants, et des militants armés ont tiré sur des soldats au vu et au su de tous, sans qu’aucun d’eux ne soit poursuivi »,

a expliqué Brad Adams, directeur de la division Asie de Human Rights Watch.

« Ceux qui ont été tués et blessés méritent mieux que ça. Le gouvernement devrait faire en sorte que tous ceux qui ont commis des violences et des abus, des deux côtés, fassent l’objet d’enquêtes et de poursuites judiciaires. »

Le rapport de 139 pages, intitulé « Descent into Chaos: Thailand’s 2010 Red Shirt Protests and the Government Crackdown » (« La Thaïlande plongée dans le chaos : Manifestations des Chemises rouges et répression gouvernementale en 2010 ») retrace en détails les violences et abus de droits humains commis par les deux camps pendant et après les grandes manifestations qui se sont déroulées à Bangkok et dans d’autres régions de la Thaïlande en 2010.

La Thaïlande plongée dans le chaos

Descent into Chaos
Le rapport de 139 pages, intitulé « Descent into Chaos: Thailand's 2010 Red Shirt Protests and the Government Crackdown » (« La Thaïlande plongée dans le chaos : Manifestations des Chemises rouges et répression gouvernementale en 2010 ») retrace en détails les violences et abus de droits humains commis par les deux camps

Le nombre très élevé de morts et de blessés est en partie dû au recours excessif et inutile à la force létale par les forces de sécurité, a expliqué Human Rights Watch. Sur le pont Phan Fa, des soldats armés de fusils d’assaut de type M16 et Tavor ont tiré à balles réelles sur la foule. D’autres ont tiré des balles en caoutchouc, blessant gravement certains manifestants. À Ratchaprasong, pour disperser le cortège principal, des tireurs d’élite ont été envoyés avec pour ordre de tirer sur ceux qui se trouvaient dans la zone de sécurité entre les manifestants de l’UDD et les barricades de l’armée, ou sur ceux qui lançaient des pierres et autres objets sur les soldats. Des soldats ont également tiré sur la foule des manifestants.

– Olivier Sarbil, journaliste-photographe français, témoin des affrontements meurtriers du 10 avril 2010 témoigne aussi de son expérience près des hommes qui ont tiré sur l’armée

« C’étaient tous des militaires ; certains l’avaient été, d’autres l’étaient encore. Au moins l’un d’entre eux appartenait à la Marine, mais la plupart étaient des parachutistes. Ils avaient des AR-15, des Tavor, des M16, des AK-47 (…). Ils m’ont dit qu’ils étaient chargés de protéger les Chemises rouges qui manifestaient, mais leur vraie mission était de terroriser les soldats (…). Ils agissaient majoritairement pendant la nuit, mais parfois aussi en plein jour. »

Le crime de lèse-majesté utilisé comme outil de la répression

Le même jour (2 mai) l’ONG française de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières, denoncait l’arrestation de Somyot Pruksakasemsuk, rédacteur en chef du magazine Voice of Thaksin, arrêté par le Departement of Special Investigation (DSI) le 30 avril 2011, puis placé en détention provisoire par la cour criminelle de Bangkok.

Le 2 mai, Somyot Pruksakasemsuk a été inculpé de crime de “lèse majesté” et s’est vu refusé sa liberté sous caution par la cour.

“Cette arrestation confirme la vague de répression qui s’abat sur les voix de l’opposition. Une fois de plus c’est le crime de lèse-majesté qui est invoqué pour appréhender un journaliste et militant de l’opposition. Cette attaque n’est pas isolée mais vise l’ensemble des médias proches ou soutenant l’opposition. En moins d’un mois, une vingtaine de figures de l’opposition ont été accusées de lèse-majesté”,

a déclaré l’organisation.

Par Redaction Bangkok

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.

  • “Le nombre très élevé de morts et de blessés”
    C’est une façon de voir, tout mort est “de trop” …
    Mais si on veut bien être un peu objectif et comparer, ce nombre aurait pu être bien supérieur étant donné les appels au meurtre répétés sans cesse par les chefs “rouges” sur leurs estrades !
    Nombreux sont ceux qui pensent que c’est l’irrésolution, les hésitations à l’emploi d’une “force juste” qui sont la cause de nombre de victimes …
    Ne pas oublier non plus que les “Rouges” ont lancé des bombes et tué des civils et des militaires !