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Nouvelles mesures de soutien aux PME thaïlandaises

Plus de 2500 personnes ont été licenciées depuis le début du mois de janvier en raison de l’entrée en vigueur de la hausse de 40% du salaire minimum à 300 bahts par jour décrétée par le gouvernement.

Plus de 2500 personnes ont été licenciées depuis le début du mois de janvier en raison de l’entrée en vigueur de la hausse de 40% du salaire minimum à 300 bahts par jour décrétée par le gouvernement.

Cette hausse était pourtant déjà en place dans 7 provinces « pilotes » depuis le mois d’avril et avait alors provoqué la mise à pied de 243 141 travailleurs, du mois d’avril au mois de décembre 2012.

L’augmentation de salaire à 300 bahts par jour (7,54 €) est entrée en vigueur depuis le 1er janvier, équivaut à environs 35 % de plus que l’année précédente et fixe le salaire minimum thaïlandais à un niveau nettement supérieur aux pays voisins de la Thaïlande. Dans le nord-est pauvre du pays, cette augmentation du salaire signifie presque le double du salaire de l’année passée.

Les entreprises critiquent la politique du gouvernement en la qualifiant de populiste, alors que pour les analystes, cette hausse du salaire a un vrai sens économique

 

Exonération d’impôt pour les PME réalisant moins de 300.000 baht de bénéfice

L’assistant du Premier Ministre et Ministre des Finances Kittiratt Na-Ranong, a donc annoncé la mise en place de mesures d’allègement pour aider les entreprises touchées par la hausse du salaire national. Les petites et moyennes entreprises ayant un profit de moins de 300 000 bahts par an seront exonérées d’impôt sur le revenu des sociétés, tandis que celles qui ont un bénéfice entre 300 001 et 1 million de bahts seront soumises à une taxe de 15 %.

Une taxe de 20 % sera prélevée sur les entreprises ayant un profit de plus de 1 million de bahts. Le taux normal de l’impôt sur les bénéfices des sociétés est normalement de 23% en Thaïlande depuis février 2012.

Populisme ou rattrapage nécessaire ?

Les entreprises critiquent la politique du gouvernement en la qualifiant de populiste, alors que pour les analystes, cette hausse du salaire a un vrai sens économique. En effet, la productivité en Thaïlande a considérablement augmenté ces dernières années et le chômage est à un niveau historiquement bas (0,6 %).

Selon le ministre, environs 210 000 patrons de PME pourront bénéficier de ce programme et le coût pour le gouvernement sera de 2,8 milliards de bahts par an. Une autre mesure d’allègement vise à réduire la business tax de moitié (normalement de 3% sur les bénéfices) pour les petits hôtels, sous la supervision de l’Organisation de l’Administration Locale pendant 3 ans. Cette mesure coûtera au gouvernement 100 millions de bahts par an.

Selon les économistes, une aide et un accompagnement aux dépenses de consommation en plus d’une réduction de l’impôt sur le revenu des sociétés aidera à compenser les pertes liées aux salaires. Le Premier Ministre Kittiratt Na-Ranong a déclaré que la mesure du gouvernement allait stimuler l’économie du pays et le pouvoir d’achat des thaïlandais et donc en conséquence, apporter plus de revenus aux PME.

Hausse des salaires et pénurie de main d’oeuvre

Bien qu’il soit trop tôt pour évaluer l’impact global de cette mesure, les médias thaïlandais ont présenté des rapports de petites entreprises qui prévoient de réduire leurs effectifs. Veerapong Lourvanij, fabriquant de la sauce de poisson thaï Preeda, a déclaré que la hausse des salaires augmenterait ses coûts de production de 15 à 20 % alors qu’il payait ses travailleurs 260 bahts par jour.

Pourtant, certains secteurs comme la construction et la production automobile, qui ont connu une forte croissance l’année dernière, connaissent aujourd’hui une pénurie de main-d’œuvre et se sont tournés vers les travailleurs en provenance du Myanmar, du Cambodge et du Laos, pour combler une partie du déficit.

L’augmentation des salaires fait partie d’une série de politiques populistes instaurées par la Premier Ministre Yingluck Shinawatra, qui en a fait une promesse électorale en 2011.

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