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Bienvenu en enfer: ne pas se fier aux apparences

Je m’appelle Colin Martin mais ceci n’est pas très important. Ce qui est important c’est ce qui m’est arrivé et ce que vous allez lire – parce que vous auriez très bien pu être à ma place. Je viens tout juste d’être libéré de la prison de Lard Yao à Bangkok. J’y ai été emprisonné pour meurtre mais je n’étais pas coupable.

Je m’appelle Colin Martin mais ceci n’est pas très important. Ce qui est important c’est ce qui m’est arrivé et ce que vous allez lire – parce que vous auriez très bien pu être à ma place. Je viens tout juste d’être libéré de la prison de Lard Yao à Bangkok. J’y ai été emprisonné pour meurtre mais je n’étais pas coupable.

Maintenant, je ne pourrais plus me perdre dans Bangkok, même si je le voulais, mais j’étais comme la majorité des novices quand je suis arrivé la première fois. Bien que j’aie déjà voyagé dans plusieurs pays, je n’avais jamais vu une telle chose. Je dois bien reconnaitre que j’étais dépassé par le nombre impressionnant de personnes vivant ici. L’aéroport était frénétique, c’était une marée de personnes. Il y avait des gens partout, tous criant et se bousculant les uns les autres. Mais ce qui m’a frappé le plus c’est la chaleur.

Les effets combinés de la circulation, de la chaleur, de l’humidité, du bruit, de la pollution et l’aspect peu ragoutant de la ville m’ont donné envie de partir presque dès mon arrivée. Je ne pouvais pas attendre de rejoindre le havre de mon hôtel qui je le savais possédais l’air conditionné. Mais une partie de moi admirait la cité et mon intérêt était plus fort. Tandis que je m’inscrivais dans mon hôtel cet après midi là, je me souviens d’avoir pensé que c’était une ville remplie de possibilités.

Bienvenu en Enfer, la traduction francaise de Welcome in Hell, est un témoignage brutal sur les prisons et le système judiciaire thaïlandais. Dans cette extraordinaire tranche de vie, Colin Martin raconte comment il a été arnaqué, son arrestation et la séance de torture qu’il a subie par la police, le procès injuste et les huit années de brutalité et de conditions misérables qu’il a du endurer

Quelqu’un d’OCS est venu me récupérer. Il s’est présenté comme étant Ronnie Hayes. Il était Australien dans la cinquantaine avancée, mince, environ un mètre quatre vingt (ma taille) avec une tignasse grise.

Il était habillé d’un costume de bonne facture, probablement d’un grand couturier, et il portait beaucoup de bijoux en or. Un peu trop voyant pour moi.

Hayes m’a dit qu’il était le chef du service de production. Nous avons prit un déjeuner ensemble et nous avons convenu de nous retrouver dans les bureaux d’OCS dans le centre de Bangkok le lendemain matin. C’est seulement plus tard que j’ai appris que c’était un faux nom.

Les bureaux étaient comme on peut s’y attendre – actifs et professionnels, avec une quinzaine de secrétaires et du personnel de bureau qui travaillaient sur des ordinateurs et qui vaquaient à leurs obligations.

On m’a présenté au chef du personnel, au coordinateur de l’offshore, aux comptables et à Gérald O’Connor, le président de la société.

O’Connor mesurait un mètre soixante quinze il était bâti comme un rugbyman. Il était beaucoup plus jeune que Hayes, dans la trentaine – mon âge, en fait.

Nous avons eu un rendez-vous plein de promesses et nous avons parlé des conditions de sécurité, des permis de travail, des programmes et de l’organisation.

J’avais plus de huit ans d’expérience dans le travail offshore et Spectac avait déjà des travailleurs très qualifiés dans ce domaine et donc tout ce dont nous avons parlé ne présentait aucunes difficultés majeures pour nous. Il fut convenu qu’en fait Spectac fournirait 250 personnes pour différents chantiers d’OCS avec une équipe de secours pour une rotation mensuelle.

J’ai quitté Bangkok en pensant que j’avais bouclé l’affaire…

 

Editions Bamboo Sinfonia, 245 pages. Traduit de « Welcome to Hell » par Colin Martin

Bienvenu en enfer est en vente sur Livres de Thailande