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Sécurité en Thaïlande : les revers de la «maï pen rai» attitude

La fatalité a souvent bon dos quand il s’agit de trouver les causes d’un accident en Thaïlande. C’est en général plutôt la « maï pen rai » attitude qui domine: à quoi bon se compliquer la vie avec des précautions et des réglementations qui risquent de ne jamais servir à quelque chose.

La fatalité a souvent bon dos quand il s’agit de trouver les causes d’un accident en Thaïlande. C’est en général plutôt la « maï pen rai » attitude qui domine: à  quoi bon se compliquer la vie avec des précautions et des réglementations qui risquent de ne jamais servir à quelque chose.

Mais cette attitude qui rend la vie parfois si agréable et si facile en Thaïlande peut parfois coûter cher à ceux qui en font les frais parce qu’il se trouvent au mauvais endroit au mauvais moment.

Hier un Français est décédé après avoir été percuté par un bateau dans la baie de Tonsai en Thaïlande dans région de Krabi. L’homme originaire de Rennes nageait à une trentaine de mètres du rivage quand un canot à moteur l’a violemment heurté. Le conducteur de l’embarcation ne s’est pas arrêté après le choc.

Quatre morts à Phuket la semaine dernière

L’incendie du club Santika à Bangkok avait fait 66 morts, révélant la faible application des règles de sécurité dans les discothèques en Thaïlande

L’incendie qui a ravagé une discothèque de Phuket la semaine dernière a montré une fois encore une incompétence choquante des exploitants, et un manque flagrant d’application des règles en matière de sécurité et d’évacuation d’urgence.

Quatre personnes sont mortes et 11 ont subi des brûlures graves dans l’incendie qui a détruit la discothèque Tiger dans la zone touristique de Patong.

Encore une fois, l’application des règlements de sécurité ne semble pas avoir été la principale préoccupation des propriétaires et du gestionnaire de la disco Tiger.

Cet accident n’est pas sans rappeler la dramatique catastrophe du Club Santika

En 2011, la Cour criminelle de Bangkok a condamné à trois ans de prison ferme  pour négligence, deux cadres responsables de la gestion du club Santika, dont l’incendie le 31 décembre 2008 avait provoqué la mort de 66 personnes et de nombreux blessés. Lire aussi Trois ans de prison pour le gérant du Santika – Actu – thailande-fr.com La cour avait ensuite remis  en liberté sous caution de 500.000 bahts les deux accusés chacun en attente de l’appel.

Les autorités de Bangkok avaient  promis à la suite de cette tragédie une application plus sévères des normes de sécurité dans les autres clubs de la capitale.

La tragédie du Santika, un club réputé parmi les nombreux établissements du quartier d’Ekkamai avait révélé le fait que les règlements élémentaires de sécurité,  sont en général peu respectés en Thaïlande.

Les choses ont-elles pour autant changé depuis cet événement qui avait ému la Thaïlande à la veille du jour de l’an ?  Il semble bien que cela ne soit pas le cas. L’application des règles élémentaires de sécurité dans les lieux publics, et en particulier dans les discothèques et boîtes de nuit reste peu répandue en Thaïlande

 Même lorsque les autorités essaient de faire appliquer les lois, comme des escaliers de secours appropriés, les propriétaires essayent de modifier la configuration de l’immeuble dès que les responsables sont parti. Trop souvent, Il existe une complicité entre les patrons de boîtes de nuit et les autorités chargées de faire appliquer les réglementations de sécurité.

estime un journaliste du quotidien anglo-saxon The Nation.

En Thaïlande, la sécurité est rarement, voire jamais une préoccupation des propriétaires d’entreprises et des exploitants

La sortie de secours bloquée ou verrouillée est une configuration très répandue dans la plupart des lieux qui reçoivent du public.

Il va sans dire que, malheureusement, il n’y avait aucun équipement de lutte contre l’incendie dans la discothèque Tiger, que ce soit des détecteurs de fumée, extincteurs automatiques ou extincteurs manuels.

Toutes ces violations flagrantes de la loi sont bien connues, et ne sont pas nouvelles. Toutes ces infractions étaient déjà présentes dans l’incendie du Grand Parc Hôtel cette année, dans celui du club Santika le jour de l’an 2009, au Royal Resort Hôtel Pattaya en 1997, ou dans l’usine de jouets Kader en 1993.

Selon le blogger Andrew Drummond, le Disco Tiger fait partie d’un consortium qui gère des hôtels, clubs et un stade de boxe thaïlandaise à Phuket, appartenant à une puissante famille locale. Le groupe a aussi été accusé d’exploiter des casinos clandestins.

Par Redaction Bangkok

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.