Au cours d’une conférence de presse qui s’est déroulée à Bangkok, MSF a appelé la Thaïlande à cesser le rapatriement forcé des réfugiés hmongs au Laos

Médecins Sans Frontières (MSF) appelle le gouvernement thaïlandais à cesser le processus de rapatriement forcé des 7500 réfugiés Hmongs originaires du Laos, confinés dans un camp de la province de Petchabun, au nord de la Thaïlande. Ces réfugiés, qui affirment avoir fui les violences et les persécutions sont terrorisés à l’idée de devoir retourner de force dans leur pays.

Au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue à Bangkok, les responsables du camp de réfugiés de Petchabun ont demandé

« que les autorités thaïlandaises cessent de demander le rapatriement des Hmongs, considérés comme des immigrants illégaux. Même si il est impossible pour nous d’indiquer une proportion de « vrais » réfugiés (par opposition aux immigrants pour des raisons économiques) nous avons pu constater des blessures pas balle et par éclats d’obus sur de nombreux réfugiés qui témoignent de la réalité de l’oppression au Laos »

a notamment déclaré Gilles Isard.

MSF tente d'alerter les medias sur la situation des Hmongs en Thaïlande
MSF tente d'alerter les medias sur la situation des Hmongs en Thaïlande

Alors qu’elle est la seule organisation présente dans le camp, MSF demande au gouvernement thaïlandais d’engager un processus d’examen des cas individuels, sous le contrôle d’un organisme tiers indépendant et reconnu tel que le Haut Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés (HCR). Cet organisme devrait évaluer la légitimité de leurs craintes, prendre en compte leur demande de statut de réfugié et de protection, et enfin, garantir le caractère volontaire de tout rapatriement au Laos.

Les responsables du camp de Petchabun comme Daniela Abadi ont aussi insisté sur la détresse psychologique des réfugiés hmongs, confrontés à la perspective d’un rapatriement au Laos.

« Nous sommes confrontés en plus des pathologies habituelles a beaucoup de symptômes liés au stress psychologique et à la peur. La plupart des gens que nous rencontrons dans les consultations ont été traumatisés par ce qui s’est passé au Laos et ont très peur de retourner au Laos. Lorsqu’on organise des groupes d’enfants pour les laisser s’exprimer par le dessin, ils dessinent des hélicoptères et des soldats. Il y a eu plusieurs tentatives de suicide dans le camp lorsque les autorités thaïlandaises ont voulu rapatrier de force des réfugiés »

En mai 2007, les gouvernements thaïlandais et laotien ont signé un accord qui autorise la Thaïlande à refouler les demandeurs d’asile hmongs-laotiens à leur arrivée. En septembre, ils ont annoncé leur intention de rapatrier de force les réfugiés hmongs avant fin 2008 et ce, sans aucun contrôle indépendant. Selon le droit international, les individus craignant pour leur vie et leur sécurité ne peuvent être rapatriés de force. En outre, tout rapatrié doit pouvoir bénéficier de garanties quant à sa sécurité. Aucune de ces deux conditions n’est remplie pour les réfugiés du camp de Huai Nam Khao.

MSF a pu recueillir les témoignages de jeunes filles hmongs qui avait été renvoyées au Laos, avant de revenir clandestinement en Thaïlande. Ces témoignages font état de mauvais traitements comme des interrogatoires violents, envoi dans un camp de rééducation et de travail forcé.

Bien qu’ayant jusqu’à présent toujours privilégié l’approche diplomatique avec la Thaïlande, MSF tente aujourdhui d’alerter les medias pour sortir d’une situation face à laquelle l’ONG française s’est déclarée impuissante. Le but étant de pousser les autorités thaïlandaises à accepter la présence d’une organisation tiers comme le HCR qui puisse juger du bien-fondé des demandes des Hmongs de Petchabun et s’assurer du respect de leurs droits.

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