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La Thaïlande, plaque tournante du trafic d’ivoire

La Thaïlande constitue le plus gros marché d’ivoire dans le monde selon le World Wildlife Fund (WWF) qui vient de lancer une pétition pour interdire complètement le commerce de l’ivoire dans le royaume.

La Thaïlande constitue le plus gros marché d’ivoire dans le monde selon le World Wildlife Fund (WWF) qui vient de lancer une pétition pour interdire complètement le commerce de l’ivoire dans le royaume. 

Même si la loi thaïlandaise interdit de vendre de l’ivoire d’Afrique ou en provenance d’autres pays dans le royaume, il est cependant légal de vendre de l’ivoire prélevé sur des éléphants thaïlandais. Concrètement, il est souvent difficile d’établir avec certitude la provenance des saisies d’ivoire, et les trafiquants exploitent cette faille pour utiliser la Thaïlande comme plaque tournante de leur trafic dans la région.

Le World Wildlife Fund (WWF) vient de lancer une pétition pour interdire complètement le commerce de l’ivoire en Thaïlande

En juillet 2012, les douaniers thaïlandais  avaient saisi près d’une demi-tonne d’ivoire, en provenance du Kenya, lors d’un contrôle de routine à l’aéroport de Bangkok. La Chine et le Japon, figurent parmi les principaux marchés de la planète pour les ventes illégales d’ivoire et la Thaïlande est fréquemment utilisée comme un pays de transit par les trafiquants.

Une pétition pour mettre fin au commerce d’ivoire en Thaïlande

Le WWF a donc lancé une pétition mondiale pour appeler la Thaïlande à interdire le commerce d’ivoire dans le pays.

“La réglementation actuelle ne suffit pas, la provenance exacte de l’ivoire est difficile à connaître. Le commerce d’ivoire doit être interdit dans le pays. Madame Yingluck Shinawatra, la Premier ministre thaïlandaise, a le pouvoir de changer la loi”, a affirmé Geert Lejeune, Directeur de la Conservation au WWF-Belgique.

“Je suis sûr que de nombreux touristes étrangers seraient choqués d’apprendre que des bibelots en ivoire vendus dans les magasins thaïlandais peuvent provenir d’éléphants massacrés en Afrique”, a déclaré Sybille Klenzendorf, directrice de la conservation des espèces au WWF, dans un communiqué publié lundi.

Janpai Ongsiriwittaya, chef de campagne du WWF-Thaïlande insiste sur le fait qu'”aujourd’hui, les principales victimes sont les éléphants d’Afrique, mais les éléphants de Thaïlande pourraient bien être les prochaines … Je pense que les citoyens thaïlandais vont apporter un plus grand soutient à la protection de ces animaux emblématiques.”

Mardi les responsables thaïlandais ont annoncé qu’il n’y aurait pas d’interdiction du commerce d’ivoire récolté dans le pays dans un avenir proche en raison des mesures qui ont déjà été prises pour enrayer le problème.

“Ce n’est pas possible d’interdire tout commerce d’ivoire en ce moment,” a déclaré l’environnementaliste Theerapat Prayurasiddhi. “Car dans le cas des éléphants domestiqués, il est dans les droits du propriétaire de faire ce qu’il veut avec les restes d’un éléphant après sa mort.”

Grosse saisie d’ivoire à Hong Kong et tuerie d’éléphants au Kenya

Dans la ville portuaire de Mombasa au Kenya, une cargaison de 600 pièces en ivoire pesant deux tonnes a été saisie la semaine dernière. D’après la déclaration de la police, c’est le record de la plus grande saisie dans ce pays d’Afrique. Selon l’AFP, une source policière basée sur le port aurait affirmé sous couvert d’anonymat que ces pièces étaient “présentées comme des pierres de décoration et destinées à l’Indonésie en provenance de Tanzanie”.

Le braconnage est un problème croissant pour les pays africains sub-sahariens qui dépendent de leur riche faune pour attirer les touristes étrangers. Pourtant depuis quelques temps il atteint des records. Le 5 janvier, une famille de 11 éléphants a ainsi été tuée au Kenya, a annoncé la semaine dernière le Service de la Faune Kenyane (KWS), parlant du plus gros massacre de pachydermes dans le pays au cours de ces trois dernières décennies.

Il y a deux semaines, les douanes de Hong Kong avaient elles aussi intercepté plus d’une tonne d’ivoire en provenance du Kenya d’une valeur d’environs 1,4 million de dollars. En octobre, elles avaient saisi un record de 3,81 tonnes d’ivoire en provenance de Tanzanie et du Kenya.

Un commerce illégal en forte progression en Asie

Ce commerce illégal de l’ivoire est principalement alimenté par une forte demande en Asie, notamment en Chine et au Japon, ainsi qu’au Moyen-Orient où les défenses d’éléphants et de cornes de rhinocéros sont utilisées pour les médecines traditionnelles et pour faire des ornements.

L’Afrique abrite environs 472 000 éléphants dont la survie est menacée par le braconnage mais aussi par l’accroissement de la population qui entraîne une perte d’habitat pour ces bêtes. Ce continent a en effet le pourcentage le plus élevé de croissance démographique depuis le début du 20ème siècle avec 2,8% en 2008.

La Thaïlande figure en rouge pour sa mauvaise note concernant le lutte contre le commerce illégal des défenses d’éléphants.

La Belgique, plaque tournante du trafic d’ivoire en Europe

Ce week-end se déroulait le salon des antiquaires et brocanteurs à Namur Expo en Belgique. Une demi-douzaine de représentants du service de l’unité anti-braconnage de la région Wallone a saisi plusieurs pièces en ivoire.

La loi sur la vente et l’achat d’ivoire en Belgique est très stricte. L’ivoire travaillé entre 1947 et 1984 ne peut être vendu qu’accompagné d’un certificat CITES. Pour les pièces plus anciennes, il faut avoir en sa possession un document d’expert qui confirme que l’ivoire date d’avant 1947. Enfin, l’ivoire commercialisé après 1989 est complètement interdit dans le pays. L’ivoire d’éléphant fait partie des premières saisies d’espèces protégées en Belgique ces vingts dernières années.

L’ivoire peut également être utilisé pour créer un certain nombre d’articles de luxe, y compris des bijoux et des statues. Certains sont prêts à payer le prix fort : jusqu’à 60 000 dollars le kilo pour une corne de rhinocéros!