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« Father Joe » : une lueur d’espoir pour les parias de Bangkok

« Father Joe » de son vrai nom Père Joseph Maier, est un catholique américain qui a décidé de venir en aide aux habitants de Bangkok les plus démunis, les résidents de Khlong Toey, le quartier le plus pauvre de la capitale.

« Father Joe » de son vrai nom Père Joseph  Maier, est un catholique américain qui a décidé de venir en aide aux habitants de Bangkok les plus démunis, les résidents de Khlong Toey, le quartier le plus pauvre de la capitale.

Dans une Bangkok à la fièvre économique galopante, le mode de pensée occidental gagne petit à petit les esprits du royaume : course à la réussite, consumérisme et individualisme à outrance.

Mais l‘esprit d’ente-aide n’a pour autant pas disparu de la « Citée des Anges », en témoigne l’action de ce prêtre américain, venu s’installer en Thaïlande pour dédier sa vie aux plus démunis.

« Father Joe », un prêtre dans Khlong Toey

Son objectif premier est clair : offrir aux enfants un lieu d’accueil et d’apprentissage leur permettant un meilleur accès au système éducatif et  facilitant l’intégration professionnelle, afin de lutter contre la spirale du chômage et de la misère qui ronge le quartier.

Fondée en 1973 avec peu de moyen, sans le soutien de la communauté locale et avec seulement une école en activité,  The Human Development Foundation (HDR)  Mercy Center a depuis beaucoup grandi.

Reconnue à l’échelle locale ainsi qu’au niveau national, l’association gère maintenant 33 établissements dans toute la capitale et accueille ainsi plus de 2 500 enfants de tous âges.

Avec pas moins de 40 000 enfants qui sont passés par ses écoles ou orphelinats, l’association est maintenant profondément ancrée dans le paysage des ONG thaïlandaises.

Une association aux missions variées

En parallèle de sa mission éducative première, l’association s’est au fil des années diversifié dans ses activités. Elle est devenue un véritable moteur d’emploi au sein de la communauté en créant des ateliers pour femmes afin de les rendre moins dépendantes financièrement de leurs maris.

HDR Mercy Center a également développé un vaste travail de sensibilisation contre le trafic et la prostitution infantile, qui a fait des ravages dans les années 80 et 90.

HDR Mercy Center développe également de multiples partenariat avec d’autres associations caritative de Bangkok et des environs, avant d’avoir un maillage d’aide et de suivi sur tout le territoire thaïlandais. Durant de nombreuses années HDR Mercy Center a également géré un centre de soins pour malades du sida.

Elle demeure présente sur cette question de santé publique avec le suivi médical de la poignée d’enfants séropositifs pris en charge au sein de Mercy Center.

Un impact social fort

L’importance des actions menées au sein de  HDR Mercy Center ont des répercussions importantes sur le quartier de Khlong Toey mais également à l’échelle de Bangkok. A titre d’exemple, elles ont déjà permis de créer quelques 260 emplois sur l’ensemble des sites de la capitale, synonyme d’une amélioration du niveau de vie de nombreux foyers.

Par ailleurs, l’association a favorisé une évolution des mentalités sur la question du sida : pas moins de 23% des employés du centre de Klong Toey sont atteints du VIH.

« Le centre de Klong Toey accueil de manière permanente ou quasi permanente près de 1300 enfants de tous âges »

nous explique Jariya Yamkhamang, responsable communication de l’association.

HDR Mercy Center permet aussi un accès à l’éducation à des coûts très faibles pour les plus jeunes, entre 2 et 40 baths par jour et par enfants, nourritures comprises, une véritable aubaine en comparaison du système classique beaucoup onéreux.

De manière globale, l’association a petit à petit contribué à changer l’image des habitants des quartiers pauvres, à Khlong Toey en particulier, même si les contacts entre riches et démunis restent très limités.

Une action avec certaines limites

Pour autant HDR Mercy Center n’est pas la solution à tous les maux des quartiers pauvres et de nombreux sujets restent tabous.

L’éducation sexuelle des jeunes pose le plus gros problème, avec de nombreuses grossesses d’adolescentes, venant ajouter de nouveaux enfants aux centres déjà en surcapacité.

« L’accès aux formations supérieures reste rare, seulement 2% des enfants qui sont accueillis dans nos centres vont un jour dans une université »

constate Jariya Yamkhamang.

En effet, au-delà du simple accès à l’école, les élèves des Khlong Toey partent avec de nombreux handicaps : parents n’ayant pas la possibilité de les aider, contexte familial parfois difficile quand il est présent….

A cela s’ajoute un facteur financier non négligeable dans l’accès à des aides et des soutiens scolaires.

A une efficacité parfois limité, HDR Mercy Center est aussi confronté à un important souci de financement. Avec environ 2 millions de dollars l’année dernière, l’association a juste les ressources nécessaire afin de payer les frais fixes et rémunérer ses employés.

« Seulement 3 à 4 % de notre budget provient du gouvernement et environ 2% de la royauté qui nous sponsorise. Pour le reste l’argent provient de fonds privés ou de fondation » nous confesse Jariya Yamkhamang.

Une vocation forte face à des problèmes quotidiens, voilà le crédo du HDR Mercy Center et de son créateur.Mais l’association à obtenir des résultats à la hauteur de ces espérance faute de moyens et d’un réel intérêt de l’Etat thaïlandais.

Pour plus d’informations ou soutenir The Human Development Foundation Mercy Center :

Site internet : www.mercycentre.org

E-mail : [email protected]