Black shirt Bangkok Riots 2010
Pendant les affrontements entre l’armée thaïlandaise et les manifestants "chemises rouges" autour de Ratchadamnoen Avenue, et Democracy Monument, je suis tombée sur un «homme noir». Au fil des événements les "hommes en noir" apparaîtront comme les combattants armés du mouvement rouge, entraînés à la guérilla urbaine. 10 avril © 2010 Agnes Dherbeys

Deux ans après la répression par l’armée thaïlandaise contre les manifestants chemises rouges, l’enquête progresse lentement pour savoir qui sont les responsables de la mort d’au moins une centaine de personnes, pendant les manifestations qui ont duré plusieurs mois dans les centre de Bangkok d’avril à mai 2010.

Jusqu’à présent le gouvernement n’a arrêté ou inculpé aucun soldat ou responsable au moment des faits, a fait remarquer Human Rights Watch lors d’une conférence de presse tenue à Bangkok la semaine dernière. L’organisation a aussi demandé le retrait d’une loi d’amnistie soumise au Parlement qui permettrait de protéger ceux qui sont impliqués dans les événements de 2010.

Selon le Bangkok Post, le Département des enquêtes spéciales (DSI), l’équivalent thaïlandais du FBI, a indiqué qu’au moins 25 personnes tuées lors des manifestations anti gouvernementales d’avril-mai 2010 ont été victimes des tirs de l’armée. Jusqu’à présent, le DSI n’avait attribué que 22 morts à l’armée.

« L’armée ne doit pas être au-dessus de la loi. Le gouvernement doit poursuivre tous les responsables pour les crimes, quelle que soit leur affiliation politique ou position officielle, et ‘assurer la justice pour les victimes et mettre fin au cycle de la violence et de l’impunité »,

a déclaré le Directeur de la Division Asie de Human Rights Watch, Brad Adams. Il a critiqué le gouvernement pour avoir omis de tenir le personnel militaires responsables des incidents violents qui ont fait la une des médias thaïlandais et dans le monde, après les manifestations de mars à mai 2010.

Au moins 102 personnes ont été tuées et plus de 2000 ont été blessées, dans les affrontements entre les membres du Front uni pour la démocratie contre la dictature (UDD), plus connu sous le nom des « chemises rouges », et l’armée, selon l’organisation.

Les deux parties ont commis des actes de violence, selon un rapport de Human Rights Watch publié en mai 2011.

L’armée a utilisé une force excessive et inutile, et les militants armés du mouvement des Chemises rouges, appelés les «Chemises noires», ont également été engagés dans les combats armés.

Pendant les affrontements entre l’armée thaïlandaise et les manifestants "chemises rouges" autour de Ratchadamnoen Avenue, et Democracy Monument, la photographe Agnes Dherbeys est tombée sur un «homme en noir». Au fil des événements les "hommes en noir" apparaîtront comme les combattants armés du mouvement rouge, entraînés à la guérilla urbaine. © 2010 Agnes Dherbeys

La décision du Pheu Thai (le parti au pouvoir et mandataire de Thaksin Shinawatra par le biais de sa sœur, Premier ministre) de proposer le 27 mars une amnistie pour tous ceux qui ont été impliqués dans les violences de 2010, y compris les dirigeants et hommes politiques, les fonctionnaires, et les membres des forces de sécurité est loin de faire l’unanimité.

Les familles des victimes penchent plutôt pour la justice et la recherche des responsables

L’ infirmière Katekamol Akhard, connue sous le nom de « Infirmière Kate », soignait un partisan des chemises rouges blessé lors de la dispersion dans Ratchaprasong, lorsqu’elle a été tuée par un tir de sniper. Sa famille n’est pas favorable à la réconciliation proposée, car cela signifierait l’impunité pour les auteurs d’actes criminels des deux côtés.

«La vérité est la première chose avant la réconciliation. Pas d’amnistie « , a déclaré son frère. « Ceux qui commettent des assassinats doivent être tenus responsables. »

Toutefois, jusqu’à présent, seuls les dirigeants de l’UDD et les manifestants ont été inculpés d’infractions pénales. Selon le ministère de la Justice, 600 personnes ont été inculpées, 290 arrêtés, et 53 sont toujours en prison.

La Commission pour la  vérité et la réconciliation, établie par le gouvernement précédent du Premier ministre Abhisit Vejjajiva, a cependant changé son orientation et évolué depuis le la mise en place du gouvernement de Yingluck Shinawatra, en concentrant ses investigations sur les cas impliquant des soldats.

Selon HRW, l’armée ne veut pas que les enquêtes aillent plus loin

Pendant ce temps, les compensations financières offertes par le gouvernement Yingluck ont été bien accueillies par la plupart des familles de victimes, même si beaucoup sont fermes en disant qu’elles ne veulent pas être «achetées».

«Les compensations sont nécessaires, mais pas suffisante», a déclaré le frère de l’infirmière Kate.

Beaucoup d’interrogations subsistent sur le rôle des militants chemises rouges armés, connu comme « les chemises noires ». Des images vidéo de ces militants, certaines publiées par Human Rights Watch, suggèrent qu’il pourraient avoir subi une formation militaire.

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